Mercadis (MIN) se dote d’un pôle de transformation alimentaire
« On ne peut pas manger local, sans production ni outils de transformation local », déclare Jean-Pierre Landes, gérant d’Agriviva l’une des 6 sociétés – Clarelia, Il était un fruit, Label d’Oc, le Détour, Le goût du bœuf - implantées au sein du nouveau pôle de transformation du marché d’intérêt national Mercadis Montpellier, inauguré le 28/2. 1,47 M€ ont été investis par la Sem Somimon (gestionnaire du MIN, 34 %), les entreprises en direct (46 %) et des subventions (20 % : Europe-Feader, Région) pour créer cet outil (1.500 m2 de surfaces d’atelier de transformation, 8.000 m3 de stockage, tunnel de congélation). Ce pôle veut promouvoir une alimentation saine et durable issue des productions régionales, contribuant au développement économique et à l’emploi local. « Ce site valorise une agriculture locale et s’appuie sur des entreprises innovantes qui ont créé une quarantaine d’emplois (30 % en contrat d’insertion professionnelle, NDLR). 20 autres sont à venir d’ici fin 2017 », illustre Jackie Galabrun-Boulbes, vice-présidente de la Métropole et présidente de Somimon. Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, voit dans ce pôle « le développement de la valeur ajoutée ». « Il faut re-stimuler les circuits de proximité et l’installation de jeunes agriculteurs. La métropole travaille avec Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture, indique Philippe Saurel, maire et président DVG de la Métropole de Montpellier. Il faudra que les voies ferrées soient déviées pour être utilisées par le MIN, comme c’est le cas ailleurs… » Projet qui n'est à ce jour pas à l'étude du côté de SNCF Réseau.
« Le pôle de transformation s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire au service de la compétitivité des entreprises qui le composent, précise Philippe Saurel. Il offre notamment une mutualisation des équipements et des services, des échanges et collaborations entre entreprises, une gestion efficiente des flux logistiques et une réduction de leurs impacts sur l’environnement ».
Il était un fruit (13 salariés, 60 t/mois) occupe un atelier de 400 m2 et propose une gamme de fruits déshydratés (R&D avec le Cirad) pour les goûters des enfants et la restauration hors foyer. Il s’agit de fruits déclassés en provenance du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales. « Nous avons levé 1,2 M€ pour renforcer notre outil industriel et développer nos ventes au national. Nous visons une progression de la production de 1 t à 5 t par jour d’ici l’été prochain », indique Laure Vidal, dirigeante fondatrice. Les perspectives de croissance de la société tiennent avec la création d’une 3e gamme « out door » pour les magasins Gamm Vert. En parallèlle, la société s’implique dans la gestion des RH, en travaillant avec un Esat (préparation à la VAE) et envisage d’autres recrutements.
Agriviva (150 t / mois, 12 salariés) est une légumerie qui répond aux besoins de la restauration collective et de la grande distribution en produits de 4e gamme. « Nous sommes une interface entre les producteurs locaux et la restauration publique et privée, explique Jean-Pierre Landes qui entend doubler ses effectifs rapidement. Nous avons développé une marque « Mon marché local » pour aider les producteurs à commercialiser leur production ».
Label d’Oc (2 t de viandes et poissons, 6 t de légumes, 6 t de fruits / mois, 8 salariés) propose des services de transformation à façon ou sous la marque 7 E aux producteurs locaux. « Nous sommes au service des producteurs pour écouler leur produits, assurer leur traçabilité et lutter contre le gaspillage. Cela nous oblige à adapter notre production et d’avoir une flexibilité qui va à l’encontre de la rentabilité. Notre business model est toujours en quête d’équilibre », explique Arturo Del Rio, l’un des trois associés de cette société engagée dans la RSE qui vise la certification Entreprise Solidaire. Les produits (30 références dont 10 bio) sont commercialisés dans des boutiques comme celles de La Melba, coopérative des les Pyrénées-Orientales, au Marché du Carroux,… « On s’interdit de travailler avec la grande distribution. On veut continuer à acheter des produits au bon prix pour que les agricultuers puissent continuer à vivre de leur activité », complète-t-il. « Notre objectif est de passer en 2 x 8 avec un effectif de 20 salariés. A terme, nous avons la volonté de travailler avec Agriviva pour le parage des légumes et nous on sous-traitera des préparations de soupes », annonce Sylvain Goineau, dirigeant associé et producteur qui voit déjà une évolution organisationnelle du site avec un doublement de la salle de cuisson.










