Pyrénées-Orientales
Agri - Agro
Medfel : une inauguration sur fonds de circulaire européenne

Du 13 au 15 mai, Perpignan accueille la 6e édition du salon international d'affaires de la filière fruits et légumes de l'EuroMéditerranée Medfel, inaugurée ce matin par Christian Bourquin, président de la Région L.-R., des élus locaux et les représentants des chambres consulaires et des syndicats professionnels. Une présence d’exposants en hausse, signe d’une notoriété acquise au fil des éditions. « Le salon se porte bien avec près de 300 exposants, 5 000 visiteurs attendus, et 4 000 rendez-vous d’affaires, indique Christian Bourquin, lors de l’inauguration. C’est un tiers du marché des fruits et légumes de la Méditerranée qui va s’opérer durant trois jours, c’est le monde des affaires auquel sont associés les acteurs de la logistique, un plus pour ce salon, car ces acteurs amènent une qualité supplémentaire non négligeable aux produits. »
Retrouver de la compétitivité
Au détour des stands, le président de la Région L.-R. a été interpellé à propos d’une récente circulaire européenne. Un représentant du stand du Maroc indique au président que « si cette loi européenne passe, je perds 50 % de personnel.» « Cet argument salarial du représentant marocain montre bien qu’il est dans une politique de bas prix. Il faut faire respecter les frontières de l’Europe face à un marché qui est mondial », souligne Yves Aris, président de la FDSEA 66. Selon lui, « cette circulaire n’est qu’une carte dans le jeu. Il est clair que tout ce qui est importé n’est plus à produire ici, mais notre objectif consiste à retrouver de la compétitivité dans nos entreprises locales. »
Il considère qu’« en 4 à 5 ans, l’agriculture locale peut être en capacité de reprendre tous les volumes perdus par l’importation et de passer par Saint-Charles pour assurer leur écoulement. » Quid du foncier et de l’eau ? « Le foncier à potentiel agronomique doit rester dans la sphère agricole et non pas servir l’urbanisation. Quant à l’eau, la FDSEA porte un projet qu’elle va présenter prochainement aux acteurs économiques et aux entreprises, poursuit Yves Aris. Nous avons besoin de retrouver de la rémunération, promouvoir nos produits et porter des projets d’investissement comme la rénovation des vergers, les serres,… »
Interrogé par La Lettre M, Jean-Pierre Bourquin, président de Saint Charles Export, précise que « cette circulaire n’impose pas une taxe supplémentaire, mais une façon de dédouaner qui serait différente. Il est clair que la situation doit être clarifiée car il n’existe pas ou peu de structures dans les P.-O. qui ne fait pas d’export et de l’import pour s’assurer une présence en continue sur le marché pour répondre à ses clients. La pérennité de nos structures repose aussi sur une stratégie client comme dans les autres secteurs d’activité. »
600 M€ de Feader à dépenser
Dans son allocution, le président de la Région a rappelé que « la Région va gérer 600 M€ de Feader sur un montant global de 1,2 Md€ de fonds européens. Il faut travailler dès maintenant sur les dossiers et les objectifs que l’on veut atteindre. » Conscient de l’enjeu, Yves Aris répond : « à nous d’avoir des projets. Il faut aussi que les administratifs sachent répondre aux appels à projets, car de l’argent, il y en a mais on ne l’obtient plus de la même manière. » Présente lors de cette inauguration, la présidente du conseil général des P.-O., Hermeline Malherbe, qui est aussi à la tête de l’ADT 66 (ex-CDT) a replacé ce salon dans le contexte de l’économie du territoire. Ce salon qui se tient au moment du lancement de la campagne des fruits d’été (abricots, pêches/nectarines,…) offre une vitrine aux productions locales, conventionnelles et bio, « c’est aussi un atout pour les professionnels du tourisme qui accueillent dans leurs établissements les visiteurs de ce salon », précise-t-elle, en y voyant une opportunité de développer le tourisme d’affaires et de séduire une potentielle clientèle touristique.










