Pyrénées-Orientales
Agri - Agro
Medfel : les fédérations agricoles défendent l’équité européenne

Les présidents des FDSEA des P.-O. et des deux fédérations nationales des producteurs de fruits et des légumes de France présentes sur le Medfel, salon professionnel des fruits et légumes à Perpignan, ont exposé lors d’une conférence de presse leur position sur les dossiers majeurs : règles européennes, compétitivité, bas prix. Ils défendent la notion d’équité européenne.
Importation : retour de la valeur forfaitaire
Le changement imposé par l’application règlementaire, d'ici au 1er octobre, d’une valeur forfaitaire à l’importation (VFI) a été largement débattu. « Cela fait 25 ans qu’on attend cela », lance Jacques Rouchaussé, président des producteurs des Légumes de France, maraîcher dans la Marne. « Enfin, l’Europe s’occupe de nous. C’est un début. D’ailleurs, l’Espagne et l’Italie prennent conscience, même s’il n’y a pas encore de socle commun social, que nous sommes tous dans le même bateau », enchaine Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, président de la FDSEA 54.
Lobbying tomates/céréales
« Les Marocains nous accusent d’être précurseurs dans cet acte délégué européen. J’ai été direct lors d’un comité, la France n’est pas une terre d’asile, elle n’est pas là pour faire du troc tomates contre céréales, affirme Jacques Rouchaussé. « Le lobbying des céréaliers est plus fort que celui des fruits et légumes », concède Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits, président de la FDSEA 54. Cette approche céréalière du Maroc pose des questions en France sur les outils industriels comme les minoteries, la concurrence des pays du nord dans la production céréalière ou encore l’inadaptation des zones portuaires. » Gérard Majoral, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de fruits invite « les pays tiers à se focaliser de la commercialisation de leurs propre produits. Il ne faut pas se leurrer à terme, ils n’auront plus besoin des céréales et des pommes françaises.»
Politique de prix bas
La production de fruits et légumes française est attaquée par les pays tiers mais aussi au niveau intra communautaire à travers une politique de bas prix qui depuis la crise perturbe d’autres secteurs d’activités, comme le bâtiment. « Cet acte délégué est une bonne chose pour l’Espagne par rapport à la France au regard des distorsions de charges sociales. Il faudra faire attention car nos produits ont une valeur qu’il ne faut pas perdre » souligne Jacques Rouchaussé. « Les coûts horaires français sont supérieurs à ceux de l’Espagne (8€/h), de l’Allemagne (6€/h) sans parler de la Pologne. Les coûts énergétiques sont inférieurs en Belgique et en Hollande », complète Bruno Vila, le secrétaire général de la Fdsea 66. « Les agriculteurs allemands ont trois ans pour s’aligner sur le salaire minimum de 7,5 €/h » tempère Luc Barbier. « L’ennemi commun est la grande distribution qui tire les prix vers le bas pour faire ses marges », argue Jacques Rouchaussé.
Retrouver de la compétitivité
« En France, jusqu’alors, aucune décision n’a été prise pour améliorer la compétitivité de nos produits. Au contraire, on nous impose des règles contraignantes. Il faut tendre vers une harmonisation », complète Bruno Vila, considérant que les projets portés par le monde agricole sont difficiles à réaliser alors qu’ils sont moteurs de compétitivité et d’emplois. 400 tonnes de tomates produites au Maroc génèrent un emploi à Saint-Charles International. Réalisée ici, cette production créé 10 emplois, soit 100 000 € de salaires versés. » Alors que la fédération a interpellé les élus locaux, « seul l’UDI-Modem a pris position. Mais on constate que quand on donne des moyens de se développer cela fonctionne comme la fraise en Allemagne, la tomate en Belgique et Hollande » note Yves Aris, le président de la Fdsea 66. Certains producteurs français ont pourtant choisi d’investir dans les pays tiers pour allonger leur calendrier de production et gagner en compétitivité. « Ils sont peu représentatifs mais il est important pour rendre service à l’Union Européenne d’être encore plus transparents » note Jacques Rouchaussé. Luc Barbier considère que « les nouvelles habitudes de travail vont changer les marchés qui vont se rééquilibrer, car le monde bouge. »










