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| 25/11/2009

Max Roustan contre les réformes des CCI et de la TP

Auteur d’une proposition de loi en avril dernier contre la réforme des CCI, le député-maire d’Alès Max Roustan récidive : il s’apprête à déposer une nouvelle proposition de loi sur le sujet. « On monte actuellement un groupe parlementaire composé de députés et sénateurs pour soutenir cette proposition, confie l’intéressé à La Lettre M. Côté députés, on est déjà une soixantaine pour soutenir l’option d’une répartition des pouvoirs par blocs de compétence ». Le groupe devrait accoucher de la proposition en janvier. « Fillon nous a confié que le gouvernement n’est pas prêt. Nous, on va essayer d’anticiper », savoure Max Roustan.

Invité à s’exprimer mardi 24 novembre par la CGPME d’Alès, Max Roustan a confirmé, aux chefs d’entreprise présents, son opposition à la réforme : « Cette réforme n’a qu’un seul intérêt : sauver la grande CCI de Paris. Le reste, on s’en tape ! Ce qu’il faut pour nous, c’est déterminer les blocs de compétence par niveau, national, régional et départemental. L’important, c’est de garder son autonomie financière et de décision. Il est impossible de penser que quelqu’un qui va récolter les impôts les redistribuera ensuite de façon équitable. Montpellier ayant la cagnotte va dire à Alès : "vous nous gonflez, vous fermez et on n’en parle plus !" Quant au personnel, il faut être énarque pour nommer un directeur de chambre de commerce à Alès commandé par le président de la CCI de Montpellier, avec un élu de territoire qui en sera le président. Mais au bout de 15 jours, il va lui faire un bras d’honneur, à son président ! »

La TP « ne sera pas compensée par un impôt sur les familles »

Concernant la réforme de la TP : « Tout le monde la souhaite et la demande. Ce qu’on ne souhaite pas, c’est que la réforme se transforme en une dotation de l’État, c’est-à-dire qu’on musèle définitivement les territoires et qu’il n’y ait plus aucun intérêt à avoir une agence de développement économique comme celle qu’on est en train de créer. Et qu’on n’ait une stratégie de développement économique qui ne nous rapporte rien, si ce n’est des emmerdements ! Un élu qui fait une maison de retraite, il aura son petit chocolat, son petit bal en fin d’année, et il est sûr d’être réélu après. Une entreprise, c’est des camions, de la fumée, de la poussière, et des pétitions du jour au lendemain. Si on veut que le territoire continue à vivre, il faut qu’on garde le droit de lever des impôts. Aujourd’hui, sans rien faire, la TP nous rapporte 5 à 6 % de plus par an. Si on perd cette dynamique là, on ne pourra pas aller plus loin. L’objectif, c’est d’augmenter l’assiette, pas l’impôt ».

Selon lui, la suppression de la TP « ne sera pas compensée par un impôt sur les familles. Ça n’est pas possible, sinon vous pouvez vite vendre votre maison et aller habiter dans une yourte à Saint-Jean-du-Gard. » Le seul regret du député-maire d’Alès : « qu’on ait retiré les 10 % sur les banques. Voilà des gens qui étaient à l’agonie il y a quelques jours, et qui aujourd’hui se distribuent des dividendes extraordinaires ! ».

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