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Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 26/06/2014

Martin Malvy : « j’ai entendu en Languedoc-Roussillon des propos choquants »

En ouverture d’un débat devant son assemblée sur la réforme territoriale, et la fusion des régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, le président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, s’est défendu de vouloir « absorber le Languedoc-Roussillon ». « J’ai entendu en Languedoc-Roussillon des propos qui sont choquants. Je n’ai jamais entendu dire ici à Toulouse que nous avions l’intention d’absorber le Languedoc-Roussillon. Nous sommes bien dans l’esprit de construire une nouvelle région ». Selon l’élu, « nos territoires ne nous appartiennent pas. Il ne s’agit pas de savoir qui exercera les responsabilités qui nous sont aujourd’hui confiées ».

Martin Malvy, qui n’a pas fait voter, par son assemblée, de motion approuvant ou désapprouvant la réunion des deux régions, a annoncé qu’il réunirait à l’automne une commission, pour plancher sur une position commune aux élus de la région Midi-Pyrénées. L’assemblée se basera sur l’avis de cette commission pour « faire remonter » l’avis de la collectivité au gouvernement, « avant que le second débat ne s’engage à l’Assemblée ». Celui-ci portera, en octobre, sur les compétences des futures grandes régions, qui devraient récupérer une grande partie de celles des Départements, concernant notamment les routes et les collèges, et devenir l’interlocuteur unique en matière de développement économique.
8e région européenne
Selon Martin Malvy, « la réforme est une exigence. Pour la première fois depuis 30 ans, nous avons un vrai projet d’ensemble qui vise à recomposer le paysage territorial. Saisissons cette chance et faisons-le avec optimisme ». Pour l’élu, « le périmètre des régions françaises doit être celui qui leur permettra de peser en fonction des responsabilités qui leur seront confiées ». Il assure que « celles qui n’atteindront pas cette dimension d’infrastructure, de richesse, de potentiel, seront marginalisées par les autres, non pas dans six mois ou dans un an, mais dans 10, 20 ans ou 30 ans. Il y aura des petites régions, et celles qui auront réussi à rentrer dans la compétition avec les plus fortes. »
Il rappelle que Midi-Pyrénées était « au 14e ou 15e rang des régions françaises », et 42e au niveau européen, tandis que le Languedoc-Roussillon « n’est pas classé dans les 50 premières ». « Nous n’avons pas la dimension, et le Languedoc-Roussillon non plus, d’affronter la compétition », alors que, réunie, les deux régions deviendraient « la 3e région française et la 8e région européenne », avec un PIB de 144 Md€, soit 7,5 % du PIB national », et un territoire de 72 000 km2.
Deux métropoles
Le président de Midi-Pyrénées se dit favorable à la création de deux métropoles, l’une à Toulouse, l’autre à Montpellier, « qui ont, comme Georges Frêche le rappelait, cinq siècles d’histoire commune, qui partagent les mêmes ambitions, qui sont complémentaires et non concurrentes ». Et se réjouit, au passage, des prises de position favorables, en faveur de la grande région, des maires de Perpignan (Jean-Marc Pujol) et Montpellier (Philippe Saurel).
Complémentarités
Pour le président de Midi-Pyrénées, les complémentarités entre les deux régions sont nombreuses : le travail commun des universités de Midi-Pyrénées « avec Toulouse et Perpignan ». « Notre région, estime-t-il, possède de très fortes compétences en observation de la terre grâce à l’observatoire Midi-Pyrénées. Les compétences du Languedoc-Roussillon sont largement complémentaires, tournées vers l’utilisation des données spatiales, essentiellement pour la gestion de l’environnement, de l’agriculture, de l’eau et de l’écologie. AgroParisTech est installée en Languedoc-Roussillon, ainsi que la maison de la télédétection ». Autres liens : les pôles de compétitivité Derbi et Eau, présents dans les deux régions. « De nombreuses coopérations existent au niveau des entreprises et des associations », rappelle-t-il. « Blé dur Méditerranée travaille sur nos deux régions dans la filière des pâtes sèches. Catalys, notre incubateur de l’économie sociale et solidaire, échange ses expériences avec l’incubateur de Languedoc-Roussillon, Alter Incub. La direction de Microsoft Sud Ouest, à Toulouse, est aussi celle de Languedoc-Roussillon. Soltsice, un laboratoire d’excellence sur le solaire partagé entre l’Ecole des mines, d’Albi, les universités de Montpellier et Perpignan, et des entreprises des deux régions. »
Dans le domaine de la santé, le président de Midi-Pyrénées assure que les deux régions sont « remarquablement complémentaires sur la thématique du cancer. Nos deux régions sont membres du cancéropole, au même titre qu’Aquitaine et Limousin. Montpellier est à la pointe de la recherche fondamentale et clinique sur le cancer. » Martin Malvy évoque d’autres points communs, dans les domaine du tourisme, des grands sites, des parcs régionaux, ou de la chaîne des Pyrénées, « dont cette nouvelle région aurait les 8/10e ».
Une seule CCI
Le président de Midi-Pyrénées « souhaite que le plus tôt possible nous puissions partager la réflexion avec les sphères publiques et privées, car nombre d’organismes seront appelés à ne plus faire qu’un ». Il a notamment évoqué le comité économique social et environnemental régional (Ceser), mais aussi « les CCI régionales, les chambres de métiers régionales qui deviendraient uniques sur le territoire nouveau, le rectorat qui serait celui de l’ensemble du territoire. » Ces « modifications en profondeur ne doivent pas inquiéter les fonctionnaires », assure l’élu. Les fonctionnaires ont le statut de la fonction publique. J’ai entendu qu’on allait déménager les fonctionnaires de Montpellier à Toulouse, ce n’est pas sérieux. »
Quelles compétences ?
Selon Martin Malvy, le second texte, qui sera débattu par le Parlement en octobre, et portant sur les futures compétences, donnera aux régions « la compétence exclusive pour les aides aux entreprises ». Le schéma régional de développement économique « s’imposera aux communes, intercommunalités, CCI et chambres de métiers ». Il ajoute que la grande région « récupérerait 80 000 km de routes départementales », et s’interroge sur les « modalités de financement » de ces nouvelles compétences. « Nous n’avions pas de ports, nous en aurons peut-être » ajoute-t-il. La grande région héritera également de l’entretien et de la construction des collèges, tandis que les compétences du logement et du tourisme « évolueraient dans le cadre d’une refonte des départements et de l’intercommunalité ».
L’ensemble des compétences transférées des Départements vers les Régions représenteraient « 25 Md€, alors que le budget des Régions est de 22 MD€. Demain, c’est le double de notre budget ». Les deux conseils régionaux de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon représentent un budget cumulé de 2,3 Md€.
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