Le président de l’Agence du service civique, ancien Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, est venu apporter, lundi 15 novembre, à Nîmes, à l’invitation du président du conseil général Damien Alary, son regard sur « la précarité et l’avenir d’un travail social qui souffre d’une reconnaissance ». Au cours d’un point presse, ce midi, en marge d’une réunion avec près de 800 agents du secteur social, Martin Hirsh a souligné que « le travailleur social n’est pas qu’un coût, il est un soulagement ».
De son côté, Damien Alary a affirmé que dans le département du Gard, où « il y a une dégradation des bassins d’emplois et une montée de la précarité, (il avait) des compétences obligatoires comme le volet social à mener malgré le poids financier, les contraintes budgétaires et le désengagement de l’état ». Selon lui, l’action sociale représente 51,3% du budget global du conseil général, soit 443 M€, dont 121 M€ alloués au versement de l’allocation RSA. « On est au taquet, il faut que les départements soient reconsidérés par l’État. Depuis cinq ans, ce sont 409 M€, 50 M€ pour cette année, que l’Etat ne nous a pas versés. Il doit rembourser sa dette ».
Créations d'emplois
Damien Alary a ajouté qu’il était nécessaire « d’envisager une politique différente, y compris pour le social. Cela doit passer par de la création d’emplois. Ce département a des richesses comme le tourisme. Il faut aussi soutenir ou revitaliser le bassin viganais, l’aéroport de Nîmes, le réseau de transports de cars, on doit pouvoir être transporté, mais aussi bien être logé pour trouver du travail, il faut aussi aider à la création de zones d’activités… ». Pour le président du CG30, « les travailleurs sociaux doivent sortir de leur isolement. On ne doit pas tomber dans l’assistanat avec un guichet social unique… Notre politique sociale a besoin d’un schéma global de fonctionnement ».
« Il y a des méthodes à réinventer ou à expérimenter comme pour un médicament » a pointé Martin Hirsch. « Le retard d’apprentissage du langage doit ainsi être pris en compte dès la petite enfance (…). Par ailleurs, il faut déjà utiliser les outils existants comme le RSA. Dans le Gard, certains y ont droit et ne viennent pourtant pas chercher ces aides. Or, ce peut être un complément de salaire pour les précaires ».
Par ailleurs, interrogé par La Lettre M, Martin Hirsch n’a souhaité apporter aucun commentaire au remaniement ministériel d’hier soir.