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Industrie
Marcoule 2012 : nouvelle année record pour Melox, historique pour le CEA
Les différents exploitants du site nucléaire de Marcoule ont présenté hier leur bilan devant les membres de la Commission locale d’information (CLI) du Gard, au Visiatome à Marcoule. L’occasion pour chacun des dirigeants de tirer un bilan pour 2012 et de dévoiler les principales perspectives 2013.
CEA : arrêt de la vitrification
Dans le cadre des opérations de démantèlement, l’un des faits marquants de 2012 a été selon son dirigeant, Christian Bonnet, la fin des opérations de vitrification de l’ADM (Atelier de décontamination des matériels) : « La dernière coulée de verre a eu lieu le 10 décembre, symboliquement nous avons arrêté l’activité de l’atelier le 12 décembre à 12h12 ! C’est une page importante qui se tourne, pour cet atelier qui avait été mis en service en 1978. » Par ailleurs, 2013 sera certainement aussi une année importante, pour Phenix cette fois : l’enquête publique devrait ainsi démarrer autour du démantèlement, mais les dirigeants du CEA aimerait la coupler avec une autre enquête publique nécessaire et en lien : la création d’une nouvelle installation Diadème pour entreposer des déchets irradiants provenant de Phénix.
2,3 M€ pour recycler les terres rares
En cette fin d’année, le CEA a également reçu un soutien de poids dans l’optique de la mise en œuvre d’un projet phare sur le recyclage des terres rares, considérés comme des métaux stratégiques : l’Europe a attribué à une équipe de recherche de l’Institut de chimie séparative de Marcoule 2,3 M€, pour ce projet, sur lequel travaillent aussi le CEA de Grenoble, et l’institut Max Planck à Postdam en Allemagne. Un premier succès pour l’équipe de recherches qui planche sur ce projet concernant les terres rares, métaux précieux mais pas si rares, puisqu’on les retrouve dans la majorité des produits high-tech, mais dont les Chinois ont quasiment le monopole de production. « Notre initiative a pour objet de relancer la production, indique Christian Bonnet. Le CEA a une véritable expertise en la matière puisqu’on retrouve des terres rares dans les produits nucléaires. » La France souhaite en promouvoir le recyclage, avec à la clé l’accès à un marché de masse et la possible installation d’une filière industrielle à Marcoule, soit plusieurs dizaine d’emplois selon M. Bonnet. « Nos équipes de recherche mettent au point des molécules capables d’isoler les terres rares avec 100 fois moins d’acides que les procédés actuels, précise Thomas Zemb, à la tête de l’équipe de chercheurs travaillant sur le sujet. Cela ouvre la voie au développement de techniques moins coûteuses et surtout moins polluantes, que nous comptons bien tester grâce à la création et à la mise à l’épreuve d’un pilote de procédé ». Mais l’étude n’en est qu’à ses débuts. « Nous espérons présenter le dossier d’opportunité au mois de mars, indique Christian Bonnet. Si tout va bien, le projet pourrait voir le jour dans deux ou trois ans. »
Nouvelle année record pour Melox
Melox a de nouveau réalisé une année record en 2012 : avec 150 t produites, l’usine qui fabrique du combustible Mox, dépasse le précédent record de 2011 qui s’établissait à 145 t. Autre seuil franchi en 2012 : le 18 janvier, l’usine a franchi la barre symbolique des 1 500 t produites et des 3 000 assemblages depuis son entrée en service. Melox a également inauguré son centre de R&D en juillet dernier. Au-delà des 15 à 20 M€ investis chaque année sur le site essentiellement pour la sûreté et la sécurité, Pascal Aubret, le directeur a rappelé que Melox avait investi 50 M€ supplémentaires sur les trois dernières années. « Nous poursuivons les investissements avec l’installation d’une nouvelle tête poudre, soit un deuxième équipement pour réaliser les mix de poudre, et ainsi gagner en flexibilité pour répondre notamment aux demandes des marchés étrangers », a-t-il ajouté. Les ventes de Mox sont en effet destinés au 2/3 à EDF, et 1/3 à l’export, notamment l’Allemagne et le Japon. « En 2013, nous devrions maintenir notre niveau de production autour de 150 t, a indiqué le directeur. L’annonce de l’arrêt du nucléaire en Allemagne a plutôt accéléré nos commandes, et nous n’avons pas d’inquiétude au niveau du Japon : tous nos contrats sont maintenus, et nous avons des sollicitations pour recommencer des productions en 2013 ».
Pour Areva Marcoule, les chantiers d’assainissement-démantèlement se poursuivent, même si les équipes sont un peu en deçà des objectifs fixés par le plan d’objectifs 2011-2015 : 47,13 % au lieu des 54 % attendus en cette fin d’année.
Contrecoup pour Centraco
L’usine Centraco de Socodei, spécialisée dans l’incinération de déchets faiblement radioactifs subit elle encore le contrecoup de l’accident survenu le 12 septembre 2011, et qui avait fait un mort et un blessé grave. Le four d’incinération a pu reprendre son activité, suite à l’autorisation délivrée par l’ASN le 29 juin 2012, tandis que la fonderie est toujours à l’arrêt. Le dossier de redémarrage a été déposé et une décision devrait intervenir l’an prochain. Patrick Faure, le DG de Socodei, n’espère toutefois pas un redémarrage avant 2014. Le CA de l’entreprise en a pâti en 2012 : 60 M€ contre 70 M€ l’année précédente. L’entreprise poursuit toutefois ses investissements : en tout, quelque 10 M€ vont être investis en 2013 entre les investissements d’entretien et le projet d’atelier de traitement des déchets métalliques de grande dimension (racks). L’entreprise espère également pouvoir augmenter le tonnage du four d’incinération, de 10 % dans les trois ans, selon une demande administrative déposée auprès de l’ASN.










