Fil infos

Gard
| | 11/05/2016

L’UPE 30 identifie les axes de progrès de l’économie gardoise

Diagnostic sans concession, mardi soir à Nîmes, de l’état de l’économie du Gard, et de l’état d’esprit de certains acteurs économiques, lors de la soirée de restitution des groupes de travail du think-tank ‘Entreprendre pour le Gard’ (UPE 30). Les rapporteurs de quatre groupes de travail (tourisme, numérique, développement économique, transition énergétique) sont intervenus, sous la houlette de l’économiste Laurent Davezies, professeur au Cnam et expert indépendant.

Jean-Louis Bastide (Ordisys Informatique) : « Les métropoles ont investi, via des DSP, dans la mise en place de solutions de fibre optique. Le problème, c’est l’adoption de la fibre optique par les structures elles-mêmes. Beaucoup d’entrepreneurs se contentent encore de l’ADSL. Cela relève du frein culturel. Des solutions de fibre optique existent, peu onéreuses, mais sont peu adoptées. On s’est beaucoup plaint, et à juste titre, du manque de fiabilité des solutions très haut débit. Aujourd’hui, elles sont en place, mais elles ne sont peu adoptées. Le numérique est trop vu comme une charge, alors qu’il est source d’économie et de compétitivité - Téléphonie IP, visioconférences. Le Gard a peu de formations dédiées au numérique, contrairement à Montpellier ou Aix-Marseille. »

Philippe Viala (ERDF Gard) regrette de son côté « la faible capacité des petites entreprises à coopérer entre elles. Dans le Gard, il y a peu de constitution de GIE ».

Philippe Roche (communication, Bagnols-sur-Cèze) rappelle l’enjeu de la transmission d’entreprise. « Il y a 7.000 entreprises dont les dirigeants vont partir à la retraite dans les cinq ans. La transmission de son entreprise dans de bonnes conditions est une vraie problématique pour un patron. Beaucoup ont des demandes d’accompagnement là-dessus, pour être mis en relation avec d’autres entrepreneurs, qu’ils soient candidats au rachat ou prêt à accompagner. »
La formation au numérique est jugée essentielle. « Pour maîtriser les outils informatiques, il faut des formations adaptées aux demandes de développement des chefs d’entreprise. L’âge moyen d’un chef d’entreprise dans le Gard, c’est 55 ans. Ils ont vécu un développement d’entreprise hors outil informatique. Ces moyens-là, le chef d’entreprise ne les appréhende souvent pas de façon conviviale. »

En matière de tourisme, Daniel Lelièvre (grotte de la Salamandre et office de tourisme d’Alès) ne comprend pas « qu’il n’y ait aucune relation, par exemple, entre le Pont du Gard et les Arènes de Nîmes. L’offre touristique est pléthorique, mais les produits sont isolés. Tout le monde s’ignore ».

Michel Cavaillès (port de plaisance de Port-Camargue) pointe l’absence de transport en commun entre Port-Camargue, « 120.000 personnes chaque été », et l’aéroport de Montpellier, « qui est à 20 minutes ». Les entreprises du littoral « doivent s’adapter aux nouveaux modes de consommation », insiste-t-il : installer du débit Internet dans les campings et sur le port, comprendre le glissement, dans la plaisance, de la propriété traditionnelle de bateaux vers l’utilisation de services.

« Dans un monde dans lequel le niveau de qualification requis s’élève, la part des cadres et professions intellectuelles dans l’emploi du Gard (12,5 % en 2012) reste inférieure à la moyenne de Province (13,8 %), relève pour sa part Laurent Davezies. Les plus gros secteurs de création d’emploi salarié privé, entre 2007 et 2014, sont ceux de l’action sociale, de la santé humaine, du sport, de la restauration ou du commerce de détail. Mais ils ne suffisent pas à compenser les pertes enregistrées dans l’industrie et le BTP (…). Les apports économiques liés au tourisme restent trop modestes, avec une couverture hôtelière plus faible que celle de la moyenne de Province (et plus encore pour les 4 et 5 étoiles), et une stagnation de l’emploi dans le secteur de l’hébergement marchand entre 2007 et 2014 (- 15 emplois). »
Enfin, plusieurs intervenants ont pointé le fait que Nîmes Métropole ne jouait pas suffisamment, d’après eux, le rôle de locomotive économique du département.

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie