L’UFC-Que Choisir s’attaque aux marges des distributeurs
Révélée ce mardi 1er décembre, l’enquête relative aux prix alimentaires pratiqués dans 79 points de vente régionaux de la grande distribution réalisée par l’Union fédérale des consommateurs du Languedoc-Roussillon souligne « que les industriels et les distributeurs n’ont pas répercuté la baisse des prix agricoles sur les prix des produits. » Après avoir réalisé un relevé* de prix portant sur trois produits alimentaires peu transformés (lait, escalope de poulet, échine de porc), l’association de consommateurs a comparé l’évolution des prix en rayon et l’évolution des prix agricoles. Résultat : un différentiel de plusieurs euros selon les produits. « Alors que les prix agricoles du poulet, du porc et du lait sont respectivement de 2,11 €/kg, 1,34 €/kg et 0,29 €/l, les prix moyens en rayon de l’escalope de poulet, de la côte de porc et de la brique de lait s’élèvent respectivement à 11,83 €/kg, 6,84 €/kg et 0,75 €/l. Le lien entre prix agricole et prix en rayon n’existe donc qu’à la hausse, jamais à la baisse » conclut l’étude en pointant des marges élevées et injustifiées.
Refuser les abus
« À l’heure où le budget alimentation représente en moyenne 15 % du budget des ménages, les prix alimentaires ne cessent d’augmenter. Quant aux conditions d’élaboration de ces prix rayon, elles restent d’une grande opacité » stigmatise Claude Gaubert, le président de l’UFC-Que Choisir Montpellier. Face à de telles pratiques, l’association préconise l’adoption d’une mesure très concrète, à savoir l’extension à tous les produits bruts ou peu transformés du coefficient multiplicateur tel qu’il est déjà appliqué, avec succès, aux prix des fruits et légumes. Claude Gaubert et l’association qu’il préside s’apprête également à adresser un courrier à l’ensemble des parlementaires régionaux afin de les sensibiliser sur ces pratiques et les inciter à remédier à ces dysfonctionnements. « Quant aux 57 lettres adressées aux distributeurs suite à cette enquête, courriers dans lesquels nous demandions des précisions sur la construction des prix, nous n’avons obtenu aucune réponse satisfaisante » précise encore Claude Gaubert.
* Relevé effectué du 26 septembre au 10 octobre 2009 par les associations locales d’Alès, Nîmes, Montpellier, Palavas et Sète dans 79 magasins des départements de l’Aude, du Gard et de l’Hérault.










