Logement social : une concentration dans les métropoles d’Occitanie
Dans son 23e rapport annuel sur le mal logement, la Fondation Abbé Pierre dévoile les enjeux relatifs au logement et à l’hébergement à l’échelle de l’Occitanie. Selon l’enquête de l’agence régionale de l’Abbé Pierre et le cabinet d’études Fors-Recherche sociale, présentée le 19 mars à Montpellier, le parc en Occitanie atteint 280 910 logements sociaux au 1er janvier 2017, soit 10 % des résidences principales (15 % au national). 138 800 ménages sont en attentes d’un logement social, alors que la croissance du parc social est de 2,9 % entre 2014 et 2015. Ce parc reste « insuffisant et inégalement réparti », selon la fondation. En 2017, 12 327 logements sociaux ont été financés en Occitanie (hors opérations Anru), dont 67 % dans les deux métropoles. 3 330 logements très sociaux ont été financés dont 1 168 dans la métropole toulousaine et 510 dans celle de Montpellier. Enfin, sur 160 communes soumises à la loi SRU en Occitanie, 33 sont encore carencées. Ce rapport est présenté à l’Anras, le 20 mars à Toulouse (9h à 13h) et le 22 mars à la Maison des étudiants (Campus Richter) à Montpellier (9h à 13h), avec une table ronde sur les enjeux et la mise en œuvre du « logement d’abord » lancé par le gouvernement.
La fondation Abbé Pierre suit la politique du gouvernement « Le logement d’abord », qui a donné lieu à un appel à manifestation d’intérêt pour lequel 35 collectivités se sont manifestées dont Nîmes Métropole, Montpellier Méditerranée Métropole, la Ville de Toulouse et le Conseil départemental du Tarn-et-Garonne en Occitanie. Quinze territoires seront retenus sous peu.
La Fondation Abbé Pierre s’inquiète de la réforme qui impacte les bailleurs sociaux et qui risque de réduire la production de logements sociaux. « Nous avons cinquante logements en projet avec l’aide de la fondation Abbé Pierre, mais il y a des recours depuis deux ans », ajoute Daniel Constantin, président de l’association Gammes. Toutefois, certaines zones disposent de logements vacants. « Ils sont situés dans des territoires comme Saint-Pons-de-Thomières ou Bédarieux (34), qui sont éloignés de Montpellier et offrant peu ou pas de possibilité d’emploi », selon Sylvie Chamvoux, directrice de la Fondation Abbé Pierre Occitanie. Depuis 10 ans, les familles expulsées ou les personnes à la rue ont augmenté de 50 % en Occitanie. Sur 293 ménages ayant bénéficié de la plateforme ADLH à Montpellier, 75 % sont des locataires du privé qui ne parviennent plus à payer leur loyer devenu trop cher.










