L'offre de biens immobiliers neufs toujours en recul à Toulouse
Pour la troisième année consécutive, le nombre de logements neufs commercialisés dans l’aire urbaine de Toulouse (453 communes) continue de baisser de façon « alarmante » : tel est le constat dressé par Jean-Philippe Jarno, président de l’Observer de l’immobilier toulousain, à l’occasion de la présentation du bilan du marché du logement neuf 2020.
À 4 313, le nombre de mises en vente a reculé de 38 % en un an, tandis que les ventes (5 818 au total) ont baissé de 36 %. À Toulouse intra-muros, la tendance est encore plus forte avec un recul de 40 % des mises en vente et de 48 % des ventes. Mais ce dernier indicateur inquiète moins les professionnels de l’immobilier, car selon eux, la demande est là. À tel point que le déséquilibre entre l'offre et la demande pourrait, s’il perdure, engendrer à terme une forte hausse des prix.
« Les ventes sont intimement liées à l’offre : lorsqu’il y a de l’offre, il y a des ventes », affirme Jean-Philippe Jarno. Preuve en est : la commune (hors Toulouse) qui a réalisé le plus de ventes en 2020 est Castanet-Tolosan, avec 203 ventes. Or, il s’agit aussi de la commune qui a construit le plus de logements neufs ces dernières années. L’ouest toulousain reste également un secteur attractif, notamment à Colomiers (148 ventes), Blagnac (133 ventes) ou encore Tournefeuille (109 ventes). « Contrairement à ce que craignaient certains face à la crise de la Covid-19, la demande aux alentours d’Airbus se maintient largement », affirme le président de l’Observer.
Renouveler l'habitat
Pour Stéphane Aubay, président du groupe immobilier toulousain Green City (100 salariés, CA : 300 M€) et de la fédération des promoteurs immobiliers (FPI) Occitanie Toulouse Métropole, il est essentiel que les élus locaux réagissent et relancent une politique de renouvellement de l’habitat. « Nous appelons à l’aide les élus locaux, car si l’on ne construit pas davantage, c’est toute la filière du bâtiment et de l’immobilier, avec tous les métiers qu’elle compte, qui risque d’être mise en difficulté, alors que le marché est là ! », affirme-t-il. Une situation d’autant plus ubuesque que, selon lui, le BTP et l’immobilier pourraient contribuer à relancer l’économie locale en cette période de crise. Il rappelle par ailleurs que l’effondrement de l’offre d’immobilier neuf entraîne dans sa chute celle des logements sociaux.
Conscient des enjeux de concurrence foncière, il estime cependant que l’objectif aujourd’hui dans l’aire urbaine de Toulouse n’est plus de s’étendre sur des surfaces non bâties, mais plutôt de « reconstruire la ville sur elle-même ». Il rappelle par exemple que la destruction de deux ou trois maisons anciennes peut permettre de reconstruire une cinquantaine de logements neufs. « Ce type de projet représente aujourd’hui 80 % de notre activité », conclut-il.










