Fil infos

Région Occitanie / Languedoc-Roussillon
| | 8/06/2017

L’Occitanie : un territoire porteur de développement mais freiné

« L’Occitanie, territoire moteur de réussite », la conférence organisée dans le cadre de Connec’Sud à Montpellier le 7/6 met en avant des réussites d’entreprises de l’ex LR issues de secteurs variés : Atelier Tuffery (fabrication de jeans, Florac, 48), Hurricane (agence de communication et d’événementiel dans les sports extrêmes, Baillargues, 34) et Aquafadas (digital content, Montpellier, 34). Leur point commun à toutes est d’avoir été créées et s’être développées en Occitanie. Toutefois, ces entreprises pointent des freins à leur développement : la faiblesse de l’aéroport de Montpellier, l’accès limité aux connexions aéroport/gare TGV selon les territoires d’Occitanie ou encore le manque d’emploi pour les conjoints des collaborateurs recrutés hors région, l’absence d’école internationale,... Chacune de ces entreprises a su néanmoins puiser dans le terreau régional les atouts leur permettant de développer leur activité. L’Atelier Tuffery met en avant son savoir-faire local et son positionnement géographique à travers la sphère digitale pour se développer notamment à l’international en 2017-2018. Hurricane a pu bénéficier de l’appui des collectivités (Région et Métropole) pour faire du sport extrême une vitrine du territoire à l’international avec le Fise (600.000 visiteurs pour la 20e édition en mai 2017) dans l’optique que créer une filière source de développement économique (vidéo, jeux vidéo, équipements, textiles, tourisme sportif…). Enfin, Aquafadas a misé sur la qualité de vie montpelliéraine et son écosystème d’appui à l’innovation (Cap Omega) et à l’export (Sud de France développement) ainsi qu’à la formation supérieure (Polytech).

Les leviers d’attractivité de l’Occitanie

Pour Julien Tuffery, dirigeant le l’entreprise familiale éponyme : « il faut faire valoir à côté de la French tech et des start-up, la typicité des territoires Cévennes, Camargue, Roussillon, Lauragais qui ont des valeurs et une histoire. Où qu’on soit on peut être bien ! » Claudia Zimmer, co-fondatrice d’Aquafadas (vendue en 2017 au groupe japonais Rakuten) salue « l’appétence des institutions à l’accompagnement des entreprises. S’implanter à Londres ou Paris nous aurait permis de rejoindre des groupes. Ici, il y a cette capacité à créer, à amener une nouvelle vision ainsi qu'une proximité avec d'autres capitales d'Europe ». Enfin, Eric André-Benoît, executive manager Hurricane, est convaincu de « la volonté du territoire à accompagner des événements sportifs. En 2017, un pas a été franchi. Philippe Saurel, président de la Métropole, a annoncé vouloir développer les infrastructures pour favoriser le tourisme sportif. On n’utilise pas assez cette dynamique tout au long de l’année. Il faut accentuer la découverte. Il manque des liens ou des connexions pour rebondir en proposant après un match de foot des dégustations de vins et produits locaux,… ».

L’Atelier Tuffery a vendu en 2016, 6.000 jeans dans 26 pays, dont 82% sur le net. Julien Tuffery, le dirigeant va réceptionner courant 2017 un nouvel atelier avec 25 emplois à la clé et un outil web. « L’atelier sera visitable, nous sommes labellisés Sud de France. C’est fini le gros hangar opaque où on ne sait pas ce qui se passe derrière la porte. Avec le web, on est visible partout. Les réseaux sociaux montrent qui on est et ce que l’on fait, on touche des agents malaisiens et japonais, la vraie stratégie export commence avec les ateliers », explique le dirigeant tout en expliquant que la relance de l’activité de fabrication en circuit court de jeans en Lozère s’appuie sur les filières toile dans le Tarn et cuir en Aveyron. Pour lui, bien que l’écosystème régional soit favorable au développement des entreprises, « avoir le 1er aéroport et une gare TGV à 2h de route reste un frein. Nous allons souvent à Paris, Marseille, Montpellier… Nous avons pas mal de perspectives sur le Japon, nous allons devoir trouver des moyens de faire venir nos clients japonais », explique-t-il. La desserte de l’aéroport de Montpellier est aussi un vrai problème pour la co-fondatrice d’Aquafadas (digital content), Claudia Zimmer : « Le retour à Montpellier est très compliqué en fin de semaine quand on revient de voyages d’affaires en Corée ou autre. On a des heures d’attentes très longue à l’aéroport Charles de Gaulle à Paris pour rejoindre Montpellier. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie