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Région Occitanie
| | 7/05/2019

L'Occitanie face aux défis de l'intelligence artificielle

C’est officiel depuis le 24 avril : comme à Paris, Nice et Grenoble, un Institut interdisciplinaire en intelligence artificielle va voir le jour dans la capitale régionale. L’initiative toulousaine fédère déjà près de 200 acteurs du territoire, issus des mondes de la recherche, de la formation et de l’entreprise. Doté de 100 M€ de financements publics pour quatre ans, le nouvel institut toulousain – prénommé Aniti (Artificial and natural intelligence Toulouse Institute) – voit le jour dans un climat particulier, teinté de crainte et de fascination pour cette nouvelle discipline, visant à comprendre comment fonctionne la cognition humaine et à la reproduire. Un sondage, réalisé en mars par l’institut d’études Odoxa, montre en effet que 60 % des Français ont toujours peur de l’IA, mais qu’ils en perçoivent aussi le potentiel dans le milieu professionnel. « On entend dire que l’IA, c’est dangereux. Mais le danger, c’est de ne rien faire », estime Cédric Villani, député (LREM) de l’Essonne et auteur d’un rapport sur l’IA l’an dernier, en déplacement à Toulouse le 25 avril. Le mathématicien se dit convaincu que la France et l’Europe n’ont pas encore perdu la course face aux États-Unis et à la Chine, à la pointe de ces technologies grâce à des investissements massifs. « Plus que de moyens financiers, nous avons besoin de ressources humaines sur le terrain. C’est à dire davantage de professeurs, pour former deux fois plus de jeunes à l’intelligence artificielle qu’on ne le fait aujourd’hui », martèle-t-il.

De nouvelles formations à créer

Sur cette question, l’Occitanie a une vraie carte à jouer : en octobre dernier, à Castelnau-le-Lez (34), a été inaugurée une école IA Microsoft, qui dispense une formation « développeur / développeuse data IA » à 24 personnes éloignées de l’emploi. Autre initiative : l’Académie Numérique du 21e siècle, située à Balma (31). La première promotion complète (50 étudiants) fera sa rentrée en septembre dans cette nouvelle école qui formera, en alternance, des profils très recherchés par les entreprises du numérique : développeur et expert en machine learning, en data science, en cybersécurité…

Des données à protéger

La cybersécurité, un enjeu clé pour la France et l’Occitanie en particulier, qui se positionne fortement sur la problématique des données : naissance, le mois dernier, de l’association Occitanie Data, visant à développer l’économie de la donnée dans la région ; présence à Montpellier, toujours le mois dernier, du X Force Command C-Toc, un semi-remorque noir construit par IBM pour sensibiliser les entreprises à la cybersécurité. L’enjeu est de taille quand on sait que la criminalité en ligne a coûté 6,1 Md€ à la France en 2017 et que 50 000 PME de l’Hexagone ont subi une attaque réussie en 2018 (lire notre enquête en p2-3). À Toulouse, des chercheurs du laboratoire informatique Irit participent d’ailleurs à l’élaboration de la stratégie européenne dans le domaine de la cybersécurité (lire page 7).
Toutes ces mutations technologiques seront au cœur des Rencontres économiques et sociétales d’Occitanie (Reso), co-organisées le 14 mai prochain au Corum de Montpellier par le journal Le Monde et la Région Occitanie.

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