LNMP : RFF vise un projet à 6 Md€
Edouard Parant, chef du projet LNMP (ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) à RFF (Réseau Ferré de France) L.-R., a déclaré viser un projet dont le coût s’élèverait à environ 6 Md€, « à savoir la fourchette basse de nos estimations (entre 5,5 et 7 Md€) », lors du comité partenarial d’information* qui a réuni environ 200 décideurs (élus, acteurs économiques, responsables associatifs), lundi 19 novembre au Mas de Saporta à Lattes.
La mixité (fret et passagers) totale (sur les 160 km de la future ligne) ne fait pas l’unanimité. RFF a ainsi étudié plusieurs scenarii - de Montpellier à Narbonne, de Montpellier à Nissan, de Montpellier à Béziers pour le scénario minimaliste. « Deux points font l’unanimité : la mixité dans la plaine du Roussillon et la mixité a minima entre Montpellier à Béziers », a résumé Edouard Parant. RFF a rappelé que le principe de la création de deux gares nouvelles (Béziers Est et Narbonne Ouest) a été acté début octobre.
La décision ministérielle est attendue « d’ici quelques mois ».
Bourquin favorable à un abaissement de la vitesse
En ouverture de séance, Christian Bourquin s’est dit favorable à un abaissement de la vitesse des trains de voyageurs à 220 km/h pour, d’après lui, faire baisser la facture de manière « significative ». D’autant plus que « les gens ne vont pas ne vont prendre davantage le TGV parce qu’on met 10 mn de plus entre Montpellier et Perpignan ».
« L’époque du TGV est révolue, a-t-il déclaré. Il faut passer du temps du rêve au temps de l’action pragmatique. » Réponse d’Edouard Parant : « On ne va pas gagner de l’argent en roulant moins vite sur le tracé actuel du projet. Nous n’avons pas d’élément chiffré qui prouve que rouler moins vite coûterait moins cher. Si on veut rouler moins vite et gagner de l’argent, il faut établir un nouveau tracé. Ce qui pose des questions en termes d’insertion dans le territoire et de processus d’études. »
Un projet en compétition
RFF et la Région L.-R. appellent ensemble à l’union sacrée, la LNMP étant en concurrence avec d’autres projets de lignes nouvelles. « Aujourd’hui, il s’agit de sauver la ligne. Il faut accepter de revoir son calibrage, son évolutivité. Je ne veux pas donner le sentiment aux décideurs nationaux que nos discussions soient des désaccords, mais une richesse. Ayons une approche réaliste, portons un projet finançable, a souligné Christian Bourquin. Autre indécision à lever : le niveau de participation de l’Europe. » Edouard Parant a conclu : « Il faut avoir un projet crédible au vu de la situation économique actuelle. Un projet à 6 Md€ dans la conjoncture actuelle, ça fait quand même deux porte-avions ! On ne peut pas dire que c’est un projet au rabais. Attention de ne pas rater la première marche, sinon on risque de repartir à zéro, comme en 1995. »
* Coprésidé par le président de la Région L.-R. et le préfet de région.










