LNMP : la bande de 1 000 mètres est arrêtée, les études continuent

Claude Baland, préfet du L.-R, Christian Bourquin, président de la Région L.-R., Christian Petit, directeur régional RFF L.-R. et Edouard Parant, chef de mission du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) à RFF L.-R., ont présenté vendredi 2 décembre à la préfecture de région à Montpellier la zone de passage d’une largeur moyenne de 1 000 mètres (entre 500 et 1 500 mètres) de la LNMP.
Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du développement durable, des transports et du logement et Thierry Mariani, ministre chargé des Transports, ont approuvé le 14 novembre cette « bande de 1 000 mètres » pour le projet LNMP. La décision ministérielle rappelle : « Le tracé de la ligne nouvelle devra permettre à terme une circulation à 350 km/h sur l’ensemble du parcours. »
Au terme de la phase d’études et de concertation, qui se poursuit sous l’égide de RFF, le tracé à proprement parler (100 à 120 mètres de large sur tout le linéaire) et la politique de desserte du territoire (gares nouvelles) seront arrêtés et soumis à l’enquête publique. RFF table sur une déclaration d’utilité publique en 2015 et une mise en service en 2020. Le coût estimatif de l’infrastructure (environ 150 km) oscille entre 5,5 Md€ et 7 Md€, en fonction du nombre de gares nouvelles, du nombre de raccordements, de la mixité totale ou partielle.
Edouard Parant insiste sur le fait que la question du financement doit déjà se poser aux partenaires du projet. « Il faut apporter des éléments de coûts pour définir une enveloppe, et savoir combien on met pour le projet. Il faudra être crédible au moment de l’enquête publique. »
Presque aussi cher que SEA, pour une distance deux fois moindre
Pour Claude Baland, la LNMP a deux atouts : « L’Espagne sera un élément de pression. Et le projet n’a pas de grandes oppositions, contrairement à d’autres projets en France. » Christian Petit a ajouté : « La pression espagnole est déjà là (la ligne Barcelone/Perpignan entrera en service fin 2012/début 2013, NDLR). »
Alors que la ligne SEA (Tours-Bordeaux) coûtera entre 7,8 Md€ et 8,2 Md€, pour 300 km, la LNMP coûtera entre 5,5 Md€ et 7 Md€ pour une distance deux fois moindre. Edouard Parant a expliqué le prix élevé du projet LNMP : « Ici, nous avons beaucoup de contraintes techniques. Il y a très peu de places pour installer une ligne entre les montagnes, les étangs, l’autoroute… je pense notamment à l’Aude. La traversée d’un massif montagneux (Corbières, NDLR) nécessite des tunnels bitubes, qui coûtent horriblement cher. Il y aura plusieurs kilomètres de tunnels, et plusieurs kilomètres de viaducs, probablement deux ou trois, pour la traversée de la basse plaine de l’Aude. L’Etat sera très vigilant sur la qualité du dossier pour assurer la sécurité des populations. Faire des ponts, ce n’est pas le même prix que de faire des remblais. Pour l’Aude, nous menons des études très poussées pour l’évacuation des eaux et la mise en sécurité des populations. Il faut modéliser tous les phénomènes climatiques. »
Décision sur les gares nouvelles fin 2012
Le tracé comporte deux options entre Narbonne et Perpignan : l’une, appelée « Médiane », en cas de ligne exclusivement à grande vitesse entre Narbonne et Perpignan (pour réduire le coût global, hypothèse poussée par RFF, NDLR), l’autre, appelée « Littoral », retenant la mixité (fret / grande vitesse, plus chère).
La bande de 1 000 mètres comprend cinq séquences : Plaine du Roussillon, Médiane ou Littoral, Ouest, Nord A9 et Plaine de Fabrègues.
« LNMP n’a pas de raison d’être toute seule, a déclaré Edouard Parant. On fait une ligne nouvelle pour augmenter le nombre de trains de marchandises, favoriser la grande vitesse en interconnexion vers Toulouse, faire rouler plus de TER sur la ligne existante… »
Concernant les points de desserte : « Il y a plusieurs possibilités. Sortie de ligne et desserte par les gares existantes ; gare dans le secteur de Béziers ou Narbonne ; gare à Béziers et dans le secteur de Narbonne ; une seule gare commune, dans le secteur de Nissan ; étude à long terme d'une gare nouvelle à Rivesaltes. » Une décision sur la question des gares nouvelle est attendue fin 2012. RFF présentera un schéma de gares nouvelles à l’automne 2012.
Les prochaines étapes : « La concertation va se poursuivre et s’intensifier. Informer élus, chambres consulaires, la population au sens large… Il va falloir aussi penser à la stratégie foncière. On va commencer à faire en sorte que l’urbanisation soit limitée dans la zone qui vient d’être arrêtée. Il faut éviter les coups malheureux : ça serait dommageable pour tout le monde qu’un projet urbain voit le jour alors qu’il faudra exproprier plus tard. »
RFF a mis en ligne le site www.lalignenouvelle.com. Autres outils de communication déployés : cartes dans chacune des mairies concernées, distribution de 90 000 tracts dans les boîtes aux lettres des habitants des 55 communes concernées. Des cartes postales (50 000 exemplaires) seront affichés dans les lieux publics à Montpellier, Béziers, Narbonne et Perpignan. 2 000 documents de communication seront également diffusés.
Des ateliers thématiques ont eu lieu depuis juillet 2011 : Environnement, Territoire et mobilité, transport de marchandises, foncier agroviticole, desserte du territoire. Le programme pour les six prochains mois : présentation des variantes à l’intérieur de la zone de passage (atelier environnement et commissions consultatives), décision sur la mixité (présentation des études de trafic), desserte du territoire, gouvernance (comités techniques et comité de pilotage).










