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Pyrénées-Orientales
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Biotechs - Santé
| 17/04/2013

L’hôpital de Perpignan n’a plus les moyens pour sa restructuration

Dans son rapport d’observations définitives, qui vient d'être rendu public, la Chambre régionale des comptes confirme que la situation financière de l’Hôpital Saint-Jean de Perpignan, qui s’est dégradée depuis 2010, ne lui permet pas de poursuivre sans partenaires extérieurs ses projets de restructuration engagés depuis 2003 (260 M€ TTC).

Une opération plus coûteuse que prévu
« Cette opération s’avère nettement plus couteuse que prévu initialement (97 M€ NDLR) » confirme aussi Vincent Rouvet, le directeur de l’hôpital, dans sa réponse à la CRC, en précisant toutefois que « le coût final de cette opération reste dans la moyenne des coûts des constructions hospitalières et n’a rien d’anormalement élevé. » Les surcoûts de l’opération sont aussi dus à des indemnisations portant sur plus de 4,7 M€. Selon la CRC, ce surcoût incombe à « la mauvaise évaluation des besoins » qui abouti aujourd’huià un bâtiment « peu fonctionnel sur le plan logistique » et « coûteux en fonctionnement. » C’est pourquoi, parmi les recommandations de la CRC, on retrouve l’organisation (établissement, activité, plateau technique), le contrôle de gestion et le recouvrement des recettes, et la maîtrise des effectifs (médical ou non).
Les tranches 3 et 4 n’ont pas de financement assuré
Les tranches 1 et 2, qui ont été livrées en 2009 et 2012, représentent 649 lits sur 1 063 lits et 88 places. Le projet de restructuration concerne aussi le regroupement de 100 lits de médecine situés dans des bâtiments anciens (tranche3) et la relocalisation des services aux personnes âgées actuellement répartis entre l’hôpital et en centre Ville à la Miséricorde (tranche 4). Le transfert des lits de médecine pourrait s’effectuer grâce à une coopération entre le centre hospitalier et l’USSAPO (3 établissements de SSR, 200 lits). La construction d’un nouveau bâtiment permettrait d’accueillir les 200 lits de SSR et les 100 lits de médecine. Le financement et la maîtrise d’ouvrage seraient portés par l’USSAPO, le centre hospitalier paierait un loyer correspondant à la partie occupée par les lits de médecine. En parallèle l’hôpital a acquis des terrains à la pointe nord du site, dont une partie est réservée au regroupement des services pour personnes âgées. La finalisation de ce projet dépend des éventuelles aides accordées par le Conseil général des P.-O et du CNSA. Pour l’heure le projet englobe les 200 lits de longs séjour, pour les 80 lits de l’Ehpad La Miséricorde, rien n’est arrêté mais faute de capacité financière, la cession de ces lits est envisagée. L’autre partie des terrains est destinée à la construction par le CHS de Thuir d’un bâtiment pour les urgences psychiatriques et des lits d’hospitalisation adultes et adolescents.
Dette : + 116 M€ entre 2009 et 2016
Le centre hospitalier de Perpignan doit aujourd’hui faire face « au financement de ses investissements réalisés depuis 2009 et à venir, alors que son cycle d’exploitation ne dégage pas suffisamment de marge, avec des recettes d’activité qui ont stagné en 2011. » L’établissement ne doit son équilibre financier en 2011 qu’ « aux aides importantes de fin d’année octroyées par l’agence régionale de santé ainsi qu’à un rattrapage de recettes sur les exercices 2009 et 2010 » précise la CRC qui estime le déficit structurel 2011 à plus de 2,5 M€. Pour financer sa trésorerie négative, l’établissement a bénéficié de lignes de trésoreries auprès de la Société Générale en 2010 (10 M€ ) et en 2011 (10 M€ ). « La CAF sera insuffisante pour couvrir le remboursement en capital des emprunts en 2013/2014 et la dette progressera de 116 M€ entre 2009 et 2016. »
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