LGV Montpellier/Perpignan et Bordeaux/Toulouse : la mobilisation ne faiblit pas
Après Toulouse le 4/10 dernier, la Région Occitanie et Eurosud Team poursuivent la mobilisation à Perpignan le 29/11 pour la réalisation des LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan. Plus de 500 participants citoyens, entreprises, élus se sont mobilisés au Palais des congrès de Perpignan. « Nous voulons que notre région soit reliée à Paris et à l’Europe. D’où la mobilisation des élus et des forces vives des territoires pour que la région ne soit pas exclue de la grande vitesse, souligne Carole Delga, présidente de la Région. Le plan de financement que nous avons proposé s’appuie sur le modèle de Grand Paris Express, qui coûte 25 Md € pour 11 M d’habitants. Nous demandons 11 Md€ pour 6 M d’habitants ! » La présidente de Région, ancienne ministre (sous Valls) d'Emmanuel Macron à Bercy, connaît bien les rouages du gouvernement. Elle s’est rendue à Bercy pour présenter ses solutions de financement. « Nous aurons une réponse en janvier », assure-t-elle. Ces sources de financements tiennent compte des contraintes budgétaires nationales : « Nous ne sommes pas de doux rêveurs ! », poursuit-elle. Ces financements viendraient de la taxe poids lourds en transit à l’international, une nouvelle répartition de la TIPP et la taxe sur les bureaux. Entourée de Jean-Louis Chauzy, président du Ceser et de Eurosud Team, d’Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales et de Jean-Marc Pujol, maire et président de Perpignan Méditerranée Métropole, Carole Delga affiche « un pack », comme au rugby, pour avancer des arguments censés faire mouche à Paris : croissance du PIB, pas de développement sans infrastructure, financement de la Banque Européenne d'Investissement (plan Juncker), attractivité touristique, croissance démographique… « Madrid est plus rapidement accessible que Paris depuis Perpignan ! », s’indigne Jean-Marc Pujol.
Témoignanges :
Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie
« Avec ce chaînon manquant, on peut dire qu’il y a un trou dans la raquette. Les entreprises ont besoin de mobilité pour aller voir leurs clients, leurs fournisseurs mais aussi que le territoire devienne suffisamment attractif pour attirer de nouveaux talents conditionnés à cette mobilité. »
Denis Bouad, président du Département du Gard
« Cette ligne LGV est souhaitable car la ligne conventionnelle est saturée. Elle permettra de libérer des sillons en gare de Nîmes, ce qui permettra de répondre à la saturation de la partie sud du Gard. Je suis convaincu que les usagers viendront plus facilement à Nîmes ! »
Jean-Pierre Rico, vice-président de Montpellier Métropole Méditerranée
« Il n’est pas question que la LGV s’arrête à Montpellier. Nous sommes mobilisés pour que ce chaînon manquant entre Montpellier et Perpignan se réalise au profit des territoires. »
Frédéric Lacas, président de Béziers Méditerranée
« Avec la LGV, c’est plus que la gare de Béziers qui va être transformée. Il faut un pôle d’échange multimodal pour être en capacité d’accueillir le TGV. Ces changements vont entraîner la requalification de la gare et transformer le quartier alentour. »
Agnès Jullian, présidente de Technilum à Béziers
« La LGV est une nécessité. Toutes les villes qui ont été reliées à la LGV en ont tiré un bénéfice notamment en terme d’attractivité. Les entreprises ont besoin de liaison avec le monde depuis Barcelone pour se développer. Concernant la gare de Béziers datant du XIXe siècle, l’arrivée de la LGV va la transporter au XXIe siècle. »
Jacques Bascou, président du Grand Narbonne
« Narbonne est un carrefour pour le transport. La LGV est un élément d’aménagement du territoire. Elle est inscrite au Scot, ce serait vécu comme une injustice si elle ne se faisait pas. Nous avons déjà investi près de 73 M€ autour du projet de gare nouvelle de Montredon, notamment dans une zone d’activités suite aux engagements pris par l’État. Il est important que les engagements pris soient réciproques, nous avons aussi investi dans les études sur le tronçon Montpellier/Barcelone en espérant qu’il y aurait une suite dans la réalisation de ce tronçon. »
Gérard Bertrand, président du groupe viticole éponyme
« L’Occitanie est la 1re région viticole du monde, la 1re région exportatrice… La LGV ne peut pas être un projet mais une réalité dans un monde connecté. La mobilité et les mises en réseau sont synonymes de performance. Actuellement, toutes les grandes régions viticoles de France - le bordelais, la Champagne, la Bourgogne,…- sont reliées à la LGV donc à Paris et au reste du monde. On ne joue pas à armes égales. »
Bernard Fourcade, président de la CCI des Pyrénées-Orientales
« Aujourd’hui, les chambres se battent pour l’économie avec des chaussures de plomb. Quand nous parvenons à intéresser une entreprise, il y a toujours le moment crucial où se pose la question des communications avec les grandes capitales. Il est impossible de faire des allers/retours dans la journée. Perpignan est aujourd’hui à 4h de Madrid et à 5h30 de Paris. »
Fabrice Lorente, président de l’Université de Perpignan Via Domitia
« L’Occitanie est la 2e région en France pour la recherche et l’innovation. L’UPVD bénéficie du plus fort taux d’attractivité à l’international avec 30 % d’étudiants issus de 120 nationalités différentes. Aujourd’hui, l’absence de LGV est un handicap pour les étudiants que ce soit pour l’accès aux stages ou encore pour aller voir leurs familles. Ce frein à la mobilité est au frein pour l’accueil d’entreprises exogènes, notamment dans le secteur des EnR où nous avons des atouts, faute de moyens de transports adaptés. »
Jose-Maria Ojea, membre du conseil consultatif FERRMED
« La LGV est essentielle au développement des territoires respectifs. Les LGV régionales rapprochent les citoyens des villes d’avenir et libèrent la ligne conventionnelle. »
Christine Rey, dirigeante de l’Idem (Le Soler)
« La LGV est une nécessité pour nos étudiants qui naviguent aujourd’hui en bus entre nos deux établissements de Perpignan et de Barcelone, les horaires des trains n’étant pas adaptés. Pour les Barcelonais, Perpignan est encore considéré comme éloigné de la capitale catalane. »
Eric Andrieu, député européen
« Par sa situation géographique, l’Occitanie ne doit pas être au fond de l’Europe du Sud Ouest ! L’Europe ne peut pas entendre que ces lignes ne soient pas réactivées ! »
Franck Proust, député européen
« Nous sommes à un tournant historique pour la LGV, qui est inscrite par l’Europe sur le corridor ferroviaire euro-méditerranéen. L’Europe a été présente pour amener la LGV jusqu’à Montpellier et sur le contournement Nîmes-Montpellier. L’Europe ne peut pas entendre que ces lignes ne soient pas réactivées et que les engagements de l’État ne soient pas encore précisés. »
Jean-Claude Gayssot, président de l’EPR Port de Sète Sud de France
« Il n’y a pas une minute à perdre ! Ces LGV sont indispensables pour que l’Occitanie et l’Aquitaine, soit 15 M d’habitants, puissent gagner en mobilité (voyageurs et fret NDLR) et évoluer dans l’Eurorégion et en Europe ! Au port de Sète, sans l’intermodalité avec le fer, je ne peux pas mettre de camion sur les trains. Entre Montpellier et Perpignan, il y a un goulet d’étranglement que l’Europe a créé. L’Union européenne est prête à financer 30 % des travaux. Si le gouvernement ne prend pas sa décision, ce chèque nous échappera ! »
François Rivière, président de l’USAP et chef d’entreprise
« Quand j’ai développé le projet du Viaduc de Millau, c’est tous les Aveyronnais qui étaient derrière le projet. La mobilisation autour de la LGV est nécessaire pour les territoires et en particulier ici ! Alors que les JO Paris 2024 et que la coupe du monde de rugby en 2023 se profilent, il faut avoir les infrastructures et les équipements, sinon il sera trop tard pour aussi en tirer profit ! »










