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Région Occitanie
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Tourisme - Loisirs
| 14/12/2021

L'événementiel au pied du mur

Le tour de vis sanitaire opéré par le gouvernement plonge une nouvelle fois la filière événementielle dans la tourmente. Pour le traiteur toulousain Patrice Falcou, trésorier adjoint de la CCI 31, les annulations ont commencé le 25 novembre  dix jours avant les annonces gouvernementales  lorsque les moments de convivialité en entreprise ont été « déconseillés » par la ministre du Travail Élisabeth Borne. Depuis, « le principe de précaution fait loi », résume le Montpelliérain Grégory Blanvillain, président de l’association interprofessionnelle Repère Méditerranée, qui regroupe les acteurs de l'événementiel. Beaucoup d'entreprises et de collectivités, friandes à cette période de l'année de rencontres et autres vœux, font marche arrière ou sont en passe de le faire.

Perte de chiffre d'affaires

« En à peine une semaine, on a eu entre 58 % d’annulations sur l’activité traiteur et 40 % sur les restaurants pour tout décembre. Ce mois est l'un des plus importants avec janvier », déplore Thomas Fantini, président fondateur du groupe toulousain Esprit Pergo (huit établissements). Même chose à Montpellier pour Ghyslain Morvan, gérant de Valore (120 personnes) avec les enseignes Traiteur Grand Nîmes, Béziers et Montpellier, ainsi que M Services et M Gastronomie. Il estime avoir perdu 80 % des prestations programmées pour la fin de cette année. Tablant mi-octobre sur un CA annuel de 6 M€, il a revu à la baisse ses prévisions, misant désormais sur 5,2 M€.

Les congrès et les événements ne sont à ce jour pas interdits, pourvu qu'il n'y ait pas d'occasion d'enlever le masque. Cela permet à Patrice Vassal, directeur de Toulouse Événements (filiale toulousaine du groupe GL Events) de « rester optimiste après un très bon niveau d’activité ce trimestre. Il n’est pas question de réinstaurer des jauges et le pass sanitaire est toujours en vigueur. Depuis deux ans, nous prouvons que nous savons faire notre métier et nous adapter à la pandémie. »

Six mois difficiles

Reste que toutes ces annulations mettent « un grand coup au moral, aussi bien pour les dirigeants que pour leurs salariés », alerte Grégory Blanvillain. Celui-ci anticipe déjà six mois à venir difficiles. « C’est le temps qu’il va falloir aux grands groupes pour reprendre des décisions, explique-t-il. Avant mai-juin, j’ai bien peur qu’il ne se passe rien. »
Très rapidement après les annonces gouvernementales, Élisabeth Borne annonçait la remise en place pour la filière événementielle « de l’activité partielle, prise en charge à 100 %, donc sans reste à charge pour l’employeur ». Des voix s'élèvent également, à l'instar de celle du président de l'association Repère Méditerranée, pour demander « une réactivation du fonds de solidarité. » Le collectif SOS Events 31 (200 professionnels de la métropole toulousaine) a quant à lui fait passer une note à la ministre du Travail, demandant que la déclaration préalable de chômage partiel soit à nouveau simplifiée. L’Union française des métiers de l’événement réclame un report du remboursement des prêts garantis par l’État.

La rédaction
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