ITK veut créer "l'Airbus de l'agriculture connectée"
ITK (96 salariés, 9 M€ de CA, Clapiers), spécialisée dans le développement d'outils d'aide à la décision pour l'agriculture, ambitionne de passer du statut de PME à celui d’ETI d’ici 2021, annonce son président, Eric Jallas, ce 9/1 lors d’une visite de Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault. Le dirigeant prévoit de boucler avant la fin de l’été 2018 une levée de fonds « de plusieurs dizaines de millions d’euros » auprès d’investisseurs étrangers (94 % du CA est réalisé à l'export) et français. Eric Jallas entend créer « l’Airbus de l’agriculture connectée en rachetant des acteurs européens spécialisés dans la collecte d’informations ». Cette stratégie implique également une croissance interne afin d’atteindre un effectif de 100 chercheurs (37 docteurs actuellement) et être près de 250 salariés au total.
Installé à Cap Alpha, ITK cherche aussi à déménager. « Nous sommes actuellement sur près de 1.000 m2, il nous faudrait 2.000 à 3.000 m2 avec la possibilité d’intégrer nos perspectives de croissance », explique Eric Jallas. Lors de cette visite, le préfet de l’Hérault évoque avec le dirigeant l’opportunité offerte par le musée d’Agropolis, actuellement désaffecté.
La société ITK, qui fête en 2018 ses 15 ans d'existence, est une société de R&D issue du Cirad. « notre objectif est d'améliorer la durabilité de l'agriculture en aidant les agriculteurs à mieux vivre », indique Eric Jallas. En 2017, l'impôt crédit recherche (CIR) représente plus de 1,5 M€ de budget chez ITK. « 1€ du CIR permet 6€ de R&D chez ITK quand la moyenne nationale est de 1 pour 1, insiste le dirigeant. 36 % de notre R&D est financée sur nos fonds propres. »
ITK a effectué une première levée de fonds de 500 k€ en 2015 auprès du fonds Starquest capital. « Si nous souhaitons lever des fonds aujourd'hui, il va falloir se tourner vers l'étranger, explique Eric Jallas. Les possibilités aux Etats-Unis sont dix fois supérieures à celles de la France avec une approche du risque très différente. » A propos de la volonté de créer un consortium européen de l'agriculture connectée, Eric Jallas estime « qu'il faut un acteur indépendant de la chaîne de valeur. Les agriculteurs ne veulent pas fournir leurs données à leurs fournisseurs ou à leurs acheteurs. »










