Levée de fonds : l’exigence des investisseurs grandit
La 19e rencontre Montpellier Capital Risque-Pitch and Win by Bpifrance qui s’est tenue le 9 juin a permis à 15 start-up présélectionnées par le Bic de Montpellier de pitcher face à cent investisseurs. Le business angel Arnaud Laurent qui a investi dans une cinquantaine de sociétés via deux véhicules d’investissement (Xlr Capital et Wepsrint), pointe à La Lettre M une exigence croissante des investisseurs. « Avec la chute des valeurs technologiques outre-Atlantique, il va y avoir une vigilance accrue des investisseurs en capital-risque. On sort du modèle d’hypercroissance. D’ici les deux prochaines années les investissements seront fléchés vers des modèles assez résilients à taux de marge élevés et de croissance rentable. »
Exigences internationales
Selon l’investisseur l’exercice de la levée dans les prochains mois sera « plus difficile pour les entreprises avec des projets ambitieux nécessitant des pertes pour prendre des parts de marché. » Cette année, les pitchs du MCR étaient réalisés en anglais pour la première fois, dans une volonté de donner une coloration mondiale à l’événement et d’acculturer les entrepreneurs candidats à une levée de fonds internationale. « Ce critère montre aux entrepreneurs locaux le niveau d’exigence attendus par des investisseurs internationaux », abonde Arnaud Laurent.
Autre investisseur présent, François Xavier Dedde, du fonds parisien Omnes Capital, qui a accompagné 160 entreprises avec 750 M€ sous gestion sur les 20 dernières années. À Montpellier, le fonds a déjà financé les entreprises Aquafadas ou plus récemment SeqOne. Ce dernier prédit de son côté, le maintien de financement dans les projets technologiques « Il y a toujours autant d’argent encore investi dans le capital risque. La technologie reste une valeur refuge car elle est génératrice de richesse. »
Une frilosité liée au contexte
Arnaud Chatail, responsable des projets et des opérations au sein du fonds Wiseed, déjà actionnaire chez Neocean ou Diappymed, est venu rencontrer les start-up Mycharlotte et Stella Surgical. L’investisseur évoque également une exigence accrue des investisseurs et une relative frilosité en raison du contexte macro-économique actuel. Ce dernier pointe néanmoins « une montée en qualité des dossiers sélectionnés sur les dernières années. Avec des candidats prêts à monter des projets internationaux et suffisamment matures pour lever des fonds. »
Des liquidités en France
De son côté, Benjamin Bessac, directeur d'investissements, au sein de Sofilaro, société de capital-risque du Crédit Agricole était aussi partie prenante de l’événement. Membre du jury de sélection de Montpellier Capital Risque, il estime que les investisseurs possèdent toujours des liquidités en France. « Il y a moins d’investisseurs étrangers. Les projets présentés lors du MCR visent plus les investisseurs nationaux. Ceux-ci demeurent à l’affut d’opportunités pour des tickets entre 500 k€ et 10 M€. Les problématiques macro-économiques actuelles impactent plus les levées supérieures à 100 M€. »










