L’Europe dit ne pas vouloir financer le GPSO
Présidente de la commission transports au parlement européen, Karima Delli annonce – le 29 juin - que l’Union Européenne ne financerait pas le GPSO (Grand projet ferroviaire du sud-ouest). « Ce projet est extrêmement coûteux, impopulaire et présente peu d'avantages. Privilégions la modernisation des lignes existantes ! », précise l’eurodéputée écologiste pour justifier cette décision. Le coût total de l’opération est estimé à 14 Md€. L'UE devait intervenir à hauteur de 20 % de cet investissement financé à hauteur de 5,6 Md€ par les collectivités. Le GPSO comprend la création des lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne ainsi que l’amélioration des dessertes au nord de Toulouse et au sud de Bordeaux.
Bémol du côté de l'État
Suite à cette annonce, la préfecture d'Occitanie et de Haute-Garonne précise - le 30 juin - qu'un dossier avait était déposé auprès de l'UE pour les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB) pour solliciter 17,3 M€ de financement européen en vue de réaliser les études environnementales et une partie des travaux préparatoires estimés à 900 M€. Un dossier présenté dans le cadre de l'appel à projets 2021 du Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE). Or, sur les 399 projets présentés, seuls 135 ont pu être retenus par l'UE. « Le contexte budgétaire a conduit la commission à ne retenir que les projets avancés en phase travaux. Compte-tenu de ces critères, le dossier n'a pas pu être retenu, précise la préfecture avant d'indiquer que « le résultat de l'appel à projet 2021 ne préjuge en rien de la suite qui sera réservée par la commission aux demandes de subvention européenne à venir pour le GPSO ». Sur l’intérêt de ce projet, l'État rappelle que le professeur Carlo Secchi, coordinateur pour l'UE du corridor Atlantique a déclaré le 29 juin à Lyon lors des journées européennes des "Connecting Europe" que le GPSO était jugé « particulièrement indispensable ». « Le projet se poursuit et franchira une étape majeure ce lundi 4 juillet avec la réunion d'installation de la société du GPSO, qui sera suivie de la réunion du comité de pilotage. L’État reste pleinement mobilisé aux côtés des collectivités signataires du plan de financement afin de faire aboutir ce projet majeur pour les mobilités du quotidien et le développement du territoire », indique également Étienne Guyot, préfet de la région Occitanie. La LGV Toulouse-Bordeaux devrait permettre de faire gagner une heure sur le trajet Toulouse-Paris, mettant la capitale à seulement 3h10 de Toulouse. Le GPSO devrait desservir 17 M d’habitants et pas moins de 800 000 entreprises.
La Région monte au créneau
Présidente de la Région Occitanie, Carole Delga dit regretter une « énième tentative de déstabilisation de la part d’opposants historiques qui, par ces manœuvres, balaient d’un revers de main l’intérêt de millions d’habitants qui attendent depuis plus de 30 ans que ce projet aboutisse (...) Sur un tel sujet, qui revêt des enjeux économiques et environnementaux majeurs, on ne peut pas se permettre de faire de l’à-peu-près et de s’engouffrer dans la moindre brèche par simple opportunisme politique. » L'élue rappelle également qu'à ce stade, « les fonds propres de l’État et de nos deux Régions (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, NDLR) sont suffisants pour faire avancer le GPSO, actuellement en phase d’études et d’acquisitions foncières. » Et de préciser que l’Agence de financement des infrastructures de transport ferroviaire vient d’affecter 25,6 M€ aux aménagements ferroviaires au nord de Toulouse. « Le dossier de demande de financement du GPSO n’a donc pas encore été déposé par l’État auprès de l’Europe. Cette demande interviendra dans les prochains mois. Par ailleurs, je tiens à rappeler que ce projet qui n'est nullement remis en cause figure bien dans le réseau structurant de transport européen identifié par la commission. Nous poursuivons le travail avec Etienne Guyot, préfet coordonnateur, Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, SNCF Réseau ainsi que tous les partenaires financeurs. Ce lundi, nous installerons la société de projet qui marquera un nouveau tournant vers l’aboutissement de cette ligne à grande vitesse », souligne encore Carole Delga.
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