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Région Occitanie
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Viticulture
| 17/08/2020

Les vendanges démarrent dans un climat économique tendu

Les vendanges ont démarré en Occitanie, parfois dès fin juillet, soit avec près d’une dizaine de jours d’avance. « Les raisins qui rentrent en ce moment – sauvignon, chardonnay, muscat…- sont jolis. L’état sanitaire est parfait et si tout se poursuit normalement, nous devrions partir sur une belle récolte », résume Jean-Philippe Granier, directeur technique du syndicat de l'AOC Languedoc. Selon le professionnel, la récolte côté Languedoc devrait avoisiner les 13 Mhl (11,8 Mhl en 2019 en ex-LR). En 2019, la récolte ex-MP s’est établie à 2,47 Mhl. Au niveau national, les prévisions de récolte de l'Agreste font état d’une production située entre 44,7 et 45,7 Mhl au 1er août. Les volumes 2020 seraient alors en hausse de 6 à 8 % par rapport à 2019.
Cette année, « la pression du mildiou a été importante depuis le printemps et les pertes se concentrent essentiellement en Roussillon », indique l’Agreste. Ce que confirme le Catalan Jean-Philippe Mari, également président de la Fédération Sud des AOC (20 appellations) : « nous partons en Roussillon sur une petite récolte. On aurait espéré au moins atteindre les rendements des décrets des appellations mais cela ne sera pas le cas », regrette le vigneron qui, en vendangeant hier deux hectares de muscat, en obtiendra 1,3 tonne de raisin « contre dix tonnes en temps normal ».

Trop de vin
Pour le Gardois Jean-Philippe Granier, si qualité et quantité devraient être tout de même au rendez-vous, « notre problème n’est pas dans la production mais dans la vente de nos vins, déplore-t-il. Il y a trop de vin. L’export est très difficile en ce moment et le Covid a ralenti la consommation. Bordeaux s’est pris une gifle, Champagne accuse le coup avec le manque de touristes, l’annulation des mariages… Certes les ventes au caveau ont progressé de 20 à 30 %, les ventes de Bib en grande distribution ont aussi progressé et nos soirées oenotouristiques « Les Estivales » au mas de Saporta ont bien marché, mais n’oublions pas que 70 % de nos vins sont vendus dans le réseau CHR (café-hôtel-restaurant, NDLR) qui tourne au ralenti. » L'heure est selon lui à une profonde remise en question de la filière. « Nous avons des terres, nous avons de l'eau : il faut faire autre chose et quitter la monoculture », martèle-t-il.

Soutien insuffisant à la filière
Réagissant à la rallonge de 76 M€ accordée par le Gouvernement dans le cadre du plan de soutien à la filière viticole suite à la pandémie, Jean-Philippe Mari estime que si « c’est un mieux, cela ne sera pas suffisant comparé aux autres filières, aéronautique en tête. Il nous faudrait 250 à 300 M€ de plus. » Fort désormais de 250 M€, ce soutien de l’État doit notamment permettre une distillation de crise. « Le volume qui a été contractualisé pour de la distillation sur les bassins Languedoc et Roussillon s’élève à 1,2 Mhl environ, AOC et IGP confondues, indique Jean-Philippe Mari. À ce jour, avec cette rallonge financière, près de 70 % de ce volume vont pouvoir être distillés. En ce qui concerne les AOC uniquement, il aurait fallu pouvoir distiller entre 300 et 500 000 hl. Entre 150 et 200 000 hl le seront. » Une première livraison a d’ores et déjà été effectuée auprès des distilleries en juillet, une seconde aura lieu après les vendanges.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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