Languedoc-Roussillon
Institutions
Les six régions du Massif central vont gérer en direct leurs fonds européens

Rassemblées pour la première fois depuis 2006, les six régions du groupement d’intérêt public pour le développement du Massif central ont entériné ce matin, vendredi 5 juillet, à l’hôtel de région du Languedoc-Roussillon, la création d’une autorité de gestion pour les fonds européens Feder de la période 2014-2020. Membres du GIP depuis 2009, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Auvergne, Limousin, Rhône-Alpes et Bourgogne s’émancipent ainsi de la tutelle de l’Etat par rapport à la période 2007-2013, comme le prévoit la loi de modernisation de l’action publique. Unique en France, ce groupement nécessite d’ailleurs l’insertion d’un amendement spécifique, que devrait déposer le président de l’association des régions de France, Alain Rousset. Les six régions avaient réussi à mobiliser entre 2007 et 2013 quelque 163 M€. Parmi les réalisations ayant concerné le L.-R., on trouve la rénovation-extension du musée de Lodève (2,596 M€, 20 % de Feder Massif soit 512 K€), la liaison à très haut débit des préfectures du Massif Central, grâce à la pose de fibres le long de l’A75 (835 K€, 50 % de Feder Massif soit 417 K€) ou encore l’aménagement de l’espace économique de l’Ecosite Forest, pour la structuration de l’amont de la filière bois énergie (Hérault, 534K€).
25 M€ par an pour les six ans à venir
Les six régions qui composent ce grand Massif central espèrent bien poursuivre dans cette voie, et que le changement de gouvernance ne les pénalisera pas. « Nous devrions sans difficulté réussir à mobiliser la même somme, soit plus de 25 M€ par an sur les six prochaines années », a assuré, confiant, Christian Bourquin, président de la Région L.-R. Si le fonds Feder devrait continuer d’abonder à hauteur de 40 M€, et les régions mobiliser les même montants, soit plus de 60 M€, l’incertitude concerne l’apport de l’Etat. En effet, il n’est plus impliqué directement, et le GIP devra signer une convention avec le gouvernement afin de s’assurer le même budget. « Nous avons écrit une lettre au Premier ministre, que nous avons cosignés, afin de lui rappeler ses engagements récents pour accompagner les politiques de montagne », a indiqué René Souchon, président de la région Auvergne, et président jusqu’en novembre du groupement. Les six présidents ont par ailleurs arrêté quatre grandes priorités du prochain programme opérationnel : la filière bois, le tourisme durable, le service numérique aux populations et l’environnement. Tous ont tenu à rappeler que leur territoire ne perd plus d’habitants et possèdent des atouts naturels en phase avec les attentes sociétales. « C’est toujours difficile le Massif central, mais du coup les choses se mobilisent plus vite, a constaté François Patriat, président de Bourgogne. Nous sommes obligés de mettre de l’injustice pour rétablir l’égalité avec des territoires moins isolés. » Cette politique de massif est une dotation spécifique du fonds Feder, et ne fait que s’ajouter aux programmes opérationnels de région, qui eux aussi sont en discussion pour la période 2014-2020.
Légende : de gauche à droite, Jean-Paul Denanot, président du Limousin, Martin Malvy, président de Midi-Pyrénées, René Souchon, président de l'Auvergne, Christian Bourquin, président de Languedoc-Roussillon, Jean-Jacques Queyranne, président de Rhône-Alpes, François Patriat, président de Bourgogne.










