« Les Salins du Midi ne sont pas à vendre », selon la direction
La direction des Salins dément l'intention qui lui est prêtée par ses détracteurs de vendre la totalité des Salins du Midi. La veille, Jean-Paul Boré, vice-président (PC) à la Région avait affirmé le contraire, lors d'une conférence de presse. « La direction des Salins dément totalement toute intention de vendre la totalité des 25 000 ha exploités par les Salins du Midi, affirme un communicant extérieur chargé de la communication du groupe. Le directeur général de la Compagnie des Salins du Midi et de l’Est (CSME) Pierre Levi est un industriel. Il vend les terrains dont il n’a pas besoin. La vocation de l’entreprise n’est pas de payer dix personnes pour entretenir la Camargue, mais bien de retrouver une situation de compétitivité. Les terrains proposés à la vente dans le Gard et les Bouches-du-Rhône pourraient constituer un bol d’oxygène pour la compagnie, alors que la période est économiquement difficile. Néanmoins, le plan de restructuration peut se faire sans vendre de terrains. »
Boré et Bonton empêchent les ventes de terrains gardois
Vendredi 12, dans le cadre du Conseil des rivages de la Méditerranée, qui regroupent des élus de L.-R. et de PACA, Jean-Paul Boré, pour la Région L.-R., et Patrick Bonton, pour le conseil général du Gard, se sont opposés à l’achat par le Conservatoire du littoral de 3 200 ha pour 29 M€ à Saint-Laurent-d’Aigouze, terres proposées à la vente par la direction des Salins. Le conseil a, en revanche, approuvé l’achat de plus de 6 000 ha à Salins-de-Giraud (Bouches-du-Rhône) pour 55 M€. Alors que la CSME envisage la suppression de 128 emplois, dont 60 à Aigues-Mortes, les deux élus ont pointé du doigt la LBO mise en œuvre en 1999. Selon eux, ce système qui consiste à racheter une société en ayant recours à l’endettement bancaire, pousse la holding à la tête de l’entreprise à se défaire d’une partie du patrimoine de l’entreprise. « La rentabilité de l’entreprise n’est pas assez importante pour rembourser la dette contractée en 1999 (LBO de 200 M€), soit encore 150 M€. Nous refusons que les banques, majoritaires dans la holding qui dirige les Salins, se paient sur l’argent public. » Jean-Paul Boré assure que le conseil régional se prononcera le 25 juin contre les ventes de terrains. Il compte également alerter Christine Lagarde, ministre de l’Economie, dont les services se chargent de suivre le plan social annoncé début mai.
Rapport de l’expert attendu le 24 juin
De leurs côtés les syndicats de salariés attendent le rapport de l’expert qu’ils ont mandaté pour auditer le plan de restructuration. Lors du CCE, le 9 juin, il a obtenu quinze jours de délai et doit rendre son avis le 24 juin lors d’un nouveau CCE. Ce plan prévoit outre les suppressions d’emploi, 70 M€ d’investissement sur cinq ans pour retrouver une situation de rentabilité. « L’hiver a été rigoureux, et on a bien travaillé, alors les gars attendent de recevoir les lettres de licenciement pour bouger vraiment, assure Bruno Trouillé, représentant du personnel. Mais je peux vous dire qu’il y aura des actions. Les terres qu’ils veulent vendre, c’est la mort assurée pour les Salins : la production sera réduite, on ne sera plus rentable. À chaque fois qu’on s’est défendu, on a gagné, il n’y a pas de raison de se laisser faire aujourd’hui. »
Céline Dupin










