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Gers
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Agri - Agro
| 11/02/2021

Les polos Jean Fil issus de la seule exploitation française de coton

« Nous en avions assez de voir écrit ”made in France” sur des vêtements alors qu’aucune exploitation de coton n’existait dans l’Hexagone », affirme Yohan de Wit, cofondateur de Jean Fil, la marque de polos en coton 100 % français. Née en 2018, la marque est l’aboutissement de plusieurs années de recherche menées par trois jeunes agriculteurs amis d’enfance - Yohan de Wit, Samuel et Médéric Cardeillac - qui ont eu l’idée folle de cultiver du coton dans le Gers. Depuis, les trois associés ont fait du chemin. Ils ont récolté 2,5 tonnes de coton gersois à l’automne dernier, et commercialisent leurs polos en France et en Europe.

Cultivé dans le Gers et fabriqué en France

« Nous avons menés nos premiers essais en 2016, en plantant six graines de coton. Au début, l’expérience n’a pas été très concluante, mais nous sommes passés en champs dès 2017, sur 2 ha. En 2020, nous avons récolté 2,5 tonnes de coton et nous espérons produire davantage en 2021, en implantant 12 ha de coton sur nos exploitations basées à Montréal du Gers ». Car contrairement aux idées reçues, le coton est une culture qui peut s’adapter au climat gersois. « Il faut beaucoup de chaleur et peu d’eau, car sur nos terres argilo-calcaire, le coton réussit à trouver de l’eau. Jusqu’à présent, nous n’avons jamais eu besoin d’irriguer », affirme Yohan de Wit.
Une fois qu’il est récolté, entre fin octobre et début novembre, le coton est nettoyé et trié sur place. Il est ensuite envoyé dans les Vosges, pour la phase de filature, puis à Troyes pour être tricoté et teinté, et enfin à Mont-de-Marsan, pour la confection de polos.
En 2018, Jean Fil commercialise ses 100 premiers polos. En 2021, avec la récolte 2020, la marque pourrait en produire 8 000, « mais cette année nous avons décidé de nous diversifier. Nous allons également produire des t-shirts et des tabliers, en partenariat avec le domaine viticole gersois Uby ».

Maitriser les coûts de production

L’objectif des trois associés est d’atteindre une vitesse de croisière de production d’environ 10 000 polos par an. Ils se disent déjà satisfaits des résultats de leur jeune marque. « Sur novembre, décembre et janvier, nous avons réalisé un chiffre d’affaire de 60 000 €, soit plus que toute l’année précédente », témoigne Yohan de Wit. Les résultats sont d’autant plus convaincants que la production de coton est pour les trois agriculteurs une activité de diversification. « Elle nous permet de maîtriser l’intégralité des coûts. Nous ne sommes pas soumis aux cours mondiaux comme c’est le cas pour le blé, qui est actuellement payé aux agriculteurs au même prix qu’il y a 25 ans ! », témoigne le jeune entrepreneur.
Commercialisés uniquement sur le site internet de la marque, les vêtements ne sont pas destinés à être distribués via un autre canal. « Notre objectif est de vendre notre production d’une année sur l’autre, sans faire de stocks, et pour le moment nous remplissons notre objectif. Avec le relais des médias, nous arrivons à faire connaître notre marque. Cette année, nous avons vendu aux quatre coins de la France, mais également aux Pays-Bas, en Belgique, en Suisse et en Allemagne », se félicite l’entrepreneur.

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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