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Languedoc-Roussillon
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Eau - Environnement
| 1/04/2009

Les petites entreprises concernées par le développement durable, affirme Corinne Lepage

« Les petite entreprises sont concernées par le développement durable, a déclaré mardi Corinne Lepage (MoDem, avocate spécialisée dans le droit de l’environnement), invitée des 1ères Assises de l’Industrie, organisées par la CCI de Montpellier, sous la houlette de Patrick Ceccotti, président de la FFB de l’Hérault. Les petites structures ont une grande faculté d’adaptation, peuvent se réorienter, faire des petits investissements qui permettront d’aller là où elles ont besoin d’aller. Le développement durable, c’est une source d’opportunité formidable pour les PME. »
Parmi les intervenants de ce mardi, engagés dans une démarche de développement durable à la tête de leur entreprise : Marise Dematté (Pure Impression, Mauguio), Denis Vermeloux (Innotec, fabricant de cartouches laser remanufacturés, Lunel), Philippe Chausse (Socom, production et vente de fixation, collage et étanchéité, Cardet), Dominique Toureix (Oeneo Bouchage, bouchons en liège, Céret), Dell (www.ReGeneration.org). Patrick Ceccotti a appelé les donneurs d’ordre publics à prendre davantage en compte la notion du mieux-disant. « Trop souvent, les collectivités retiennent le moins-disant. Pourtant, le code des marchés publics permet de prendre en compte les critères environnementaux. »
Anne-Yvonne Le Dain, vice-présidente de la Région L.-R., a taclé les banques : « Le système est très centralisé, tenu par d’anciens hauts fonctionnaires et ne fait preuve d’aucune anticipation. L’innovation n’est pas assez soutenue. Or, les entreprises innovantes ont besoin de capitaux pour parvenir au stade des pré-séries et des gammes, et trouver des marchés. Elles ne sont aidées que si elles sont rentables, mais elles ne peuvent pas l’être au départ ! Il y a un vice de forme dans le raisonnement en France sur l’accès au capital de gens qui ne manipulent pas des grosses sommes. »-

Le plan de relance sud-coréen exemplaire, selon Corinne Lepage
Corinne Lepage a souligné les atouts du Languedoc-Roussillon en matière de développement durable : « C’est une région ensoleillée, littorale, avec une vraie variété, qui a tous les atouts pour s’inscrire complètement dans cette nouvelle donne. Il faut miser sur les énergies renouvelables (vent, soleil, géothermie) et l’agriculture pour réussir notre pari, à savoir sortir du pétrole et réduire nos consommations énergétiques, tout en assurant le développement économique. La triple-mission de l’agriculture au 21ème siècle : nous nourrir, contribution à une chimie verte – passage de la pétrochimie à une base végétale -, et volet énergétique : biocarburants de deuxième génération, en utilisant la tige et en laissant la partie alimentaire. Deux usines ont déjà été inaugurées en Allemagne. Energies renouvelables et agriculture : le L.-R. a la chance d’avoir tout ça. Cette région a tout pour avoir un potentiel de développement économique durable. Il faut sortir de l’économie circulaire, et arrêter de considérer qu’un produit consommé est voué à devenir un déchet. »
Selon Corinne Lepage, « on a un peu le sentiment que le Grenelle est planté par la crise. Il n’y a pas de date pour le débat parlementaire sur le 2e loi Grenelle, ce qui veut dire qu’elle ne sera pas votée avant l’été, et il n’y a pas de date pour la 2e lecture de la 1ère loi Grenelle, votée à l’unanimité par les deux chambres. Par ailleurs, le plan de relance français est très light au regard des questions de développement durable, ce qui n’est pas le cas de tous les plans de relance. Le plan de relance américain a un volet considérable pour l’économie verte (175 milliards de dollars d’investissements) et le plan sud-coréen y consacre 85% de son plan de relance. Quand on sait ce que la Corée du Sud a su faire en termes d’innovations technologiques dans l’économie de la communication, si ce pays a décidé de mettre 85 % de son plan de relance sur les technologies vertes, à mon sens, ce n’est pas pour rien.- Les marchés et le travail vont se faire dans cette direction. En France, il y a un risque d’aiguillage au départ. Je suis très angoissée de constater que l’essentiel des budgets sont mis sur des industries anciennes, automobiles notamment, et même pas pour qu’elles se reconstruisent et se réorientent vers de nouveaux produits et de nouveaux marchés !
C’est simplement de la trésorerie. Ça ne règle en rien le problème. Je regrette ce prisme déformant que nous avons en France de vouloir toujours aider les très gros employeurs. Soit on change de braquet et on va vers un autre type d’économie, soit les partisans du système ancien gagnent, et on réinvestit sur les plus gros secteurs. Là, on aurait tout faux : on n’aura pas répondu à la crise écologique, on n’aura pas créé de nouveaux emplois, et on aura investi dans des secteurs qui sont condamnés à se réformer profondément ou à disparaître. C’est une vraie bagarre entre les tenants des vieux systèmes, qui y tiennent beaucoup d’argent et de pouvoir, et les tenants du nouveau système. »

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