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Pyrénées-Orientales
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Tourisme - Loisirs
| 7/10/2020

Les nuitées touristiques en recul de 25,3 % dans les Pyrénées-Orientales

L’année touristique 2020 sera indéniablement très difficile notamment en raison de la crise sanitaire. Lors de la présentation du bilan de janvier à août 2020, l’agence de développement touristique des Pyrénées-Orientales (ADT 66) annonce un recul de 25,3 % des nuitées (19,13 millions de nuitées enregistrées) et de 34,8 % des excursions à la journée. Toutefois, l’action conjuguée des acteurs publics et privés du secteur semble avoir permis de « limiter la casse », déclare Hermeline Malherbe, présidente de l’ADT 66 et du Département. Une campagne de promotion de 120 k€ a été engagée par l’ADT (social média, presse, capsule video…) et en partenariat avec l’aéroport de Perpignan. « L’activité ne pourra pas être rattrapée. Les chiffres sont négatifs par rapport à 2019 au vu d’une fin de saison d’hiver compliquée par la fermeture de la RN 116 après la tempête Gloria suivie du confinement qui a ralenti la saison estivale. »

Infra-tourisme
Bien qu’impactés par le recul de la clientèle étrangère en juillet et août (- 28 % des nuitées), les acteurs sont unanimes pour dire que, post confinement, la diversité des espaces (campagne, ville, mer et montagne) a séduit une clientèle touristique de proximité et a favorisé l’infra-tourisme, autrement dit la consommation touristique des habitants du département. « La clientèle de proximité a compensé en partie la baisse de la clientèle étrangère, note Pierre Anglade, responsable de l’observatoire du tourisme à l’ADT 66. En juillet et août, seule la zone de montagne Pyrénées Catalanes a bénéficié d’une hausse de fréquentation de 14 % des nuitées avec un fréquentation de clients étrangers notamment de Catalogne du sud. Tandis que la ville de Perpignan et la côte enregistrent respectivement des baisses de 13 % et 12 %. »

Autre point notable, sur les mois de juillet et d’août un nombre beaucoup moins important d’excursionnistes dans le département prouvant ainsi une moindre mobilité à la journée entre les territoires. Concernant le mois de septembre, une période pourtant favorable au territoire en terme d’activité touristique, il semble que la reprise de la pandémie laisse « entrevoir une baisse de fréquentation estimée entre 10 et 15 % ».

Aéroport : une baisse de 60 %
Présent pour l’occasion, Denis Leluc, directeur de l’aéroport de Perpignan, confirme aussi que « la saison estivale est très compliquée avec une baisse de chiffre d’affaires de 60 % par rapport à 2019. Mais on s’en sort mieux que d’autres aéroports, grâce aux vols vers Paris, Nantes, Lille et la Belgique. Les vols vers Lille enregistrent le meilleur succès de l’année, + 85 % de taux de remplissage en juillet et août, suivi par Nantes qui atteint 80 % et bénéficie d’une prolongation des vols jusqu’à fin octobre pour les vacances de Toussaint. »

Les acteurs du tourisme, hôtellerie de plein, hôtellerie traditionnelle et restaurateurs témoignent tous d’une baisse de chiffres d’affaires liée au contexte sanitaire et saluent l’action des collectivités. « Effet inattendu, les campings 3 et 4 étoiles n’ont pas plus souffert que les 5 étoiles, souligne Jean-François Bey, représentant la fédération de l’hôtellerie de plein air. Autre point à noter : les acteurs du tourisme ont bien su s’adapter à l’état sanitaire dégradé grâce à des protocoles et un accompagnement de la clientèle, preuve du professionnalisme dans l’offre. »

Du côté de l’UMIH 66, le président Jean-François Montoyo est convaincu que « les professionnels du tourisme ont marqué des essais cet été. Tous les acteurs ont travaillé ensemble. Des murs sont tombés. Il faut déjà imaginer le tourisme pour les prochaines années. Toutefois, je ne comprends pas que le ministre stigmatise nos métiers alors qu’aucun cluster ne s’est fait jour dans nos établissements ! ». « On a passé l’été plus facilement, il faut travailler pour la fin de l’année », ajoute Jean Plouzennec, président des Toques Blanches du Roussillon.

Concernant les Gîtes de France (800 gîtes dans Pyrénées-Orientales), « la Covid-19 a accéléré un processus de développement d'une clientèle d’hyper proximité et de court séjour. À nous d’accompagner les propriétaires de gîtes pour répondre aux attentes des nouveaux consommateurs d’hébergement touristiques et de services vers les activités de plein air, de vélo qui ont très bien fonctionné », explique Bernard Foltran, directeur des Gîtes de France. Le maire de la station littorale du Barcarès, Alain Ferrand, rappelle toutefois « l’intérêt du plan de relance pour essayer de développer un parc d’attraction sur le territoire afin de gagner dans la compétition des territoires touristiques ».

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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