Les nouveaux modèles de livraison débarquent en Occitanie
En pleine ébullition à Paris et dans les grandes capitales, les services de livraison à domicile (LAD) se déploient en Occitanie, boostés par les nouvelles habitudes de consommation prises avec la pandémie. Dernier en date : l'italien Everli, présent à Toulouse depuis mi-septembre et annoncé à Montpellier pour la mi-octobre. Après un premier test à Lyon en février, l'entreprise transalpine accélère, forte d’une levée de 85 M€ réalisée en avril 2021. La société dispose d'un assortiment de 15 000 références en moyenne disponibles dans des grandes surfaces ciblées. Les courses sont réalisées par des « shoppers » qui livrent le jour même suivant des créneaux préétablis. La société duplique le modèle du géant américain Instacart, valorisé 34 Md€ dont la nouvelle PDG n'est autre que la Sétoise Fidji Simo (ex-Facebook). L'absence d'entrepôt dans son organisation veut résoudre l’équation du dernier kilomètre, point d’engorgement de la livraison alimentaire et poste de coût onéreux pour les enseignes.
Présent en région depuis avril, un autre acteur d'envergure, Cajoo, pense avoir lui aussi la bonne formule : « Nous avons deux darkstores à Toulouse et un à Montpellier. Les volumes de commandes sont similaires à ceux que nous rencontrons à Paris (une centaine par site, NDLR) », avance à La Lettre M Henri Capoul, Toulousain de 29 ans et cofondateur de la start-up. Par magasins « sombres », comprendre des mini-entrepôts de préparation fermés au public, d'une surface moyenne de 100 m2, s’appuyant sur une gamme courte (2 000 références) pour une zone de chalandise de 200 000 habitants. La commande se prépare en quatre minutes, la livraison s’effectue en dix. La start-up emploie une dizaine de préparateurs et mobilise une trentaine de livreurs sur chacun de ses darkstores, CDI ou travailleurs indépendants. Après avoir levé 6 M€ lors de son amorçage, Cajoo (150 000 utilisateurs) vient de voir Carrefour entrer dans son capital pour 34 M€ en septembre dernier. Parmi les acteurs historiques de la distribution, Monoprix gonfle lui aussi son offre de LAD en renforçant son alliance avec Amazon pour réaliser sa livraison en deux heures. Le service a été lancé à Montpellier en mars dernier. Interrogé par La Lettre M sur un éventuel déploiement à Toulouse, le porte-parole d’Amazon ne dément pas : « l’ambition reste toujours de se développer dans les plus grandes villes françaises. »
Le paysage de la LAD est complété par des initiatives locales qui investissent la logistique urbaine. Née à Montpellier, présente à Toulouse et dernièrement Béziers, la plateforme de livraison de produits locaux Fraichy (six salariés, 400 k€ de CA) internalise sa supply chain avec l’ouverture d’un mini-entrepôt de 80 m2 situé à Boujan-sur-Libron (34) depuis septembre. De son côté, le toulousain Applicolis (21 employés, 406 k€ de CA) teste depuis cette année une unité de stockage dans la Ville rose (surface de 50 m2). Depuis le 17 septembre, la Métropole de Montpellier expérimente, avec le soutien de l'État, les robots autonomes de livraison lotois Twinswheel. À peine lancés, ces nouveaux services de LAD seraient-ils déjà challengés ?










