Les grands dossiers économiques de 2018 (décryptage)
De quoi sera faite l'actualité économique de la région l'an prochain ? La Lettre M décrypte les dossiers phares.
Projets logistiques
Nexity réalise 57.000 m2 logistiques pour Auchan sur la zone de la Mitra à Garons (30) dont les travaux ont débuté mi-novembre (livraison : juillet 2018). Le promoteur pilote aussi le futur pôle logistique Europe du Sud d’Asics (siège France : Lattes- 34) qui sera livré fin 2019 (38.000 m2, 30 M€ pour le seul bâtiment) dans l’aéropôle de l’aéroport de Montpellier, à Mauguio (34). Le Gardois Bastide (santé à domicile) reprend les 26.000 m2 qu’Asics occupe actuellement à Gallargues (30). La filiale logistique de Denjean (Mazères - 09) ouvre trois nouveaux entrepôts, totalisant 27.000 m² à Toulouse. Airbus, qui rationalise ses bases logistiques, se dote d’une plateforme pour les cabines de 36.000 m² (20 M€).
Transports du quotidien : la multimodalité en marche sur l’arc littoral
Le futur pôle d’échange multimodal (PEM, maitrise d’ouvrage : Pays de Lunel) de la gare de Lunel (34) s’étendra sur 33.500 m2 (9,3 M€) d’ici 2020. Les travaux démarrent en avril 2018 : 145 places de parking, zone dépose minute... L'objectif est d'atteindre les 2 millions de voyageurs par an, contre environ un million aujourd'hui. Suite à la suppression du passage à niveau (9,5 M€), le PEM de Baillargues (34), qui reçoit 290.000 voyageurs, va être doté d’une halte routière (4 quais de bus) et de parkings (2 M€). Sète Agglopôle lance en 2018 les travaux du PEM de la gare de Sète, qui reçoit 1,3 M voyageurs (16,4 M€ HT, livraison 2021). Sont prévus des aménagements piétonniers et végétalisés, un 2e parvis, une passerelle piétonne, 2 gares routières et 250 places de parkings. À l’échelle régionale, la Région et la SNCF doivent signer en avril la convention pluriannuelle TER. Après des négociations difficiles, les deux parties sont tombées d’accord sur une redevance annuelle de 288 M€. Une nouvelle tarification unique régionale, ciblant notamment les jeunes, sera appliquée en septembre.
Sites commerciaux : des mètres carrés controversés
Alors que le Polygone (45.400 m2, gestionnaire : Socri), au centre de Montpellier, va être rénové en 2018-2019 (50 M€), le promoteur Frey développe son concept « Shopping Promenade » sur la zone Ode à la Mer à Montpellier (110.000 m2, 300 M€), inscrit dans l’aménagement urbain conduit par SA3M. Le permis de construire serait déjà attaqué, par une association soutenue par la Socri, alors que les travaux sont prévus pour mi-2018 et l’ouverture en 2021. À Saint-Clément-de-Rivière (34), le Village Oxylane (35.000 m2) de Decathlon cumule les recours (permis d’aménager annulé le 14/12). Toulouse a aussi son serpent de mer, avec le projet Val Tolosa (61.000 m2, 350 M€) à Plaisance-du-Touch, porté par Unibail-Rodamco mais miné par une forte opposition. Sur des zones moins denses commercialement, les projets aboutissent plus rapidement. C’est le cas du village des marques à La Cavalerie (12), porté par Idec Invest (6.000 m2, 18 M€), dont l’ouverture est prévue en juin.
Turbulences à l’Aéroport Toulouse-Blagnac
Le 1er aéroport d’Occitanie (9,2 M de passagers prévus en 2017 contre 8,08 M en 2016) va-t-il être totalement privatisé ? L’État a la possibilité de céder ses parts restantes (10,01 %) à partir du 18/4, pendant un an, au consortium chinois Casil Europe, 1er actionnaire (à 49,99 %) depuis 2 ans. Un scénario rejeté en bloc par les actionnaires minoritaires d’ATB (Région Occitanie à 25 %, CD 31, Toulouse Métropole et CCI de Toulouse à 5 % chacun), sur fond de tensions au niveau de la gouvernance. Deux nominations sont attendues au 1er semestre : celle du successeur de Jean-Michel Vernhes, président du directoire, et celle du remplaçant d’Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance.
L’aéroport de Montpellier progresse
L’Aéroport Montpellier Méditerranée (1,87 M) vise 3,6% de croissance passagers par an jusqu’en 2022. Pour atteindre cet objectif, un plan d’investissements de 70 M€ est lancé. L’aérogare va être agrandie (2.500 m2) et mise aux normes pour le confort des passagers. Les travaux débutent en janvier pour une livraison avant la saison estivale 2019. 2018 marquera une évolution capitalistique de la société aéroportuaire, avec des cessions de parts de la CCI 34 et du CD 34 à la Région Occitanie. Montpellier Métropole, qui n’a que 0,5 % de parts dans la SA, ne souhaite pas monter au capital. Tarmac Avenue, le quartier tertiaire à l’entrée de l’aéroport, démarre, avec la construction de deux hôtels (151 chambres), avec des salles de séminaires, une brasserie et un complexe sportif, par Fondeville-Arrelia (Perpignan - 66).
Toulouse : finalisation du projet d'aménagement de Jolimont
Après avoir retenu, mi-décembre, le groupement Altarea – Cogedim/Crédit Agricole Immobilier pour aménager le site de l'ancien centre d'essais aéronautiques de Toulouse (CEAT - superficie : 13,2 ha), dans le quartier Jolimont, Toulouse Métropole précise le calendrier de l'opération. L'aménageur et le plan directeur du projet seront présentés en réunion publique le 23/1. Et pour « permettre l'enrichissement du projet », une seconde phase de concertation sera organisée au premier trimestre 2018, après celle engagée en 2016. Le projet finalisé sera présenté à l'issue de cette concertation et les premières livraisons auront lieu fin 2019. Sur plus de 10 ha, l'opération prévoit la réalisation de 1.200 logements totalisant 100.000 m² de surface de plancher.
Une agence économique unique
À partir du 1er janvier, l’agence régionale de développement économique (budget : 30 M€, 170 salariés), dirigée par Thomas Bascaules (débauché d’Altran), regroupera les activités de Madeeli, Sud de France Développement, Transferts LR, Invest Sud de France, Synersud et LRSet. Cet opérateur unique doit faciliter l’accès aux dispositifs régionaux pour les entreprises. Le siège est à Toulouse (halle Latécoère), et l’agence sera aussi implanté au Millénaire à Montpellier (immeuble Le Triade). Pour booster la transition énergétique, une agence climat énergie va par ailleurs être créée. Elle intègrera notamment l’opérateur financier des EnR, MPEI. Suffisant pour endiguer la vague de recours contentieux, notamment contre les projets éoliens ?
DUP pour l'autoroute Toulouse-Castres
La déclaration d'utilité publique (DUP) du projet de liaison autoroutière entre Toulouse et Castres est attendue avant le 23/1 pour la partie correspondante au doublement de l'A 680 incluant la réalisation de l'échangeur de Verfeil (31). Travaux portés par ASF. L'État se déterminera sur l'utilité publique de la seconde partie de l'opération d'ici au 23/7: création d'une liaison autoroutière (15 km) entre Verfeil (31) et Castres (81) sous maîtrise d'ouvrage de l'État. La mise en chantier est programmée en 2021 et la mise en service de ce tronçon de 60 km en 2024. Coût estimé : 420 M€ HT. L'opération avait été soumise à enquête publique en 2016. Le 10/11, Les élus du Département du Tan ont validé une autorisation d'engament de 31 M€.
Le futur PLUi-H de Toulouse Métropole soumis à enquête publique
L'enquête publique relative au futur PLUi-H (Plan local d'urbanisme intercommunal habitat) de Toulouse Métropole devrait être lancée mi-2018, avant son entrée en vigueur en 2019. Ce dernier prévoit la production de 7.000 logements/an à compter de 2019. La moitié de ces lots seront réalisés dans Toulouse, 30 % dans les 10 communes de la 1re couronne toulousaine, 10 % dans celles de la 2e ceinture, appelées à être desservies à terme par le réseau métropolitain de transport urbain, et 10 % dans les 19 communes les plus éloignées de la ville centre. Les 37 communes adossées à Toulouse Métropole s'engagent par ailleurs à faire réaliser 35 % de logements sociaux locatifs dans leur territoire.
Livraison de la Clinique Croix du Sud
Lancé en novembre 2015, le chantier de construction de la clinique Croix du Sud (groupe Capio) à Quint-Fonsegrives devrait s'achever en mai prochain. Et la mise en service de ce nouvel établissement privé devrait intervenir au dernier trimestre, une fois les aménagements intérieurs terminés. La clinique s’étendra alors sur une superficie de 33.500 m², pour une capacité de 404 lits. Le montant total du projet s’élève à 103 M€ HT. Le projet vise à regrouper les deux établissements toulousains du groupe Capio - polyclinique du Parc et clinique Saint-Jean Languedoc-, au sein d’un seul bâtiment. Près de 800 collaborateurs travailleront au sein du nouvel ensemble.
La 3e ligne de métro à Toulouse se dessine
C'est le plus gros chantier prévu en Occitanie d'ici à 2025, avec 20 stations, 27 km, 200.000 passagers/jour et un investissement estimé à 2,33 Md€. Baptisée Toulouse Aerospace Express (TAE), la 3e ligne de métro de Toulouse, dont le tracé a été approuvé le 5/7 par le comité syndical de Tisséo-Collectivités, en charge des transports en commun de la métropole, doit desservir, à partir de 2024, une aire urbaine de 1,3 M d'habitants. Ce qui représente presque la moitié des emplois de l’agglomération. Le lancement des travaux est prévu pour 2019-2020, après la phase d'enquête publique. L’aéroport Toulouse-Blagnac ne devrait quant à lui pas être desservi par le métro, mais par une navette express.
Ouverture du musée de la Romanité à Nîmes
Le 2/6. Rendez-vous est pris pour l’ouverture du musée de la Romanité à Nîmes, situé face aux Arènes. 10.000 m2 de surface, 3.400 m2 de jardin, 1 restaurant avec le chef Franck Putelat aux fourneaux…telles sont les caractéristiques de ce projet ambitieux. Coût : 59,5 M€, financés par la Ville de Nîmes, avec la Région, Nîmes Métropole et le Ministère de la Culture. Architectes : Elizabeth de Portzamparc. Maîtrise d’ouvrage : Ville de Nîmes. Gestion du musée : SPL Culture et patrimoine, dirigée par Bernard Reilhac.
Toulouse EuroSudOuest : un phare pour la capitale régionale
Le projet d’aménagement Teso, pour Toulouse EuroSudOuest, va métamorphoser le cœur de la capitale régionale, autour de la gare Matabiau. Sur 135 ha doivent en effet se déployer d’ici à 2030 quelque 300.000 m2 de bureaux (Toulouse souffre d’un manque d’offres de bureaux neufs en centre-ville), entre 40.000 et 50.000 m2 de surfaces commerciales, ainsi que 2.500 logements. Un projet indissociable de la réalisation – hypothétique - de la LGV Bordeaux-Toulouse ? Par pour Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole. « Depuis toujours, notre ligne de conduite est très claire : nous créons un poumon économique en centre-ville, indépendamment de l’arrivée de la LGV, tout en la prévoyant », assure l’élu.
La transition énergétique entre ciel et mer
Le plan solaire d’EDF (30 GWc d’ici 2035) n’échappera pas à l’Occitanie : la direction Sud d’EDF Énergies Nouvelles espère entre 60 et 100 MWc en 2018. Par ailleurs, deux consortiums choisis par l’Ademe pour réaliser deux fermes pilotes d’éolien flottant (24 MW) au large de Gruissan (11) et du Barcarès (66) d’ici 2021 : EolMed (Quadran Energies Marines, 215 M€) pour Gruissan et EFGL (Engie Green, EDPR Renewables Europe, Caisse des Dépôts, 180 M€) pour Le Barcarès. Les phases de concertation s’achèvent. Les constructions d’EolMed se feront à 100 % sur le port de Port-La Nouvelle. Celles d’EFGL se feront en Paca et le montage à Port-la-Nouvelle. Enfin, bloqué par un recours, le parc coopératif des énergies de Narbonne (11), porté par Soleil participatif du Narbonnais (Valorem, Alenis, MPEI, Syaden, EPN, Ella Énergies, pour 51 ha, 12 MWc et 14 M€), attend le jugement du tribunal administratif de Montpellier au 1er semestre.
Dans le Gard, Magna Porta sur les rails
Magna Porta : « la grande porte », en latin. C’est le nom du projet de zone d’activité économique d’environ 150 ha qui doit entourer la future gare TGV Nîmes, dont l’ouverture est prévue fin 2019 (maîtrise d’ouvrage : SNCF Réseau). Magna Porta, dont l’ambition est de générer environ 3.000 emplois sur les 20 ans à venir, abritera notamment des activités agricoles, une pépinière d’entreprises, un hôtel, un complexe sportif…Le budget 2018 de la ZAE, portée par Nîmes Métropole, sera consacré en priorité au lancement des 1ers équipements dédiés au développement de la gare. Les travaux de l’avenue de desserte débuteront en septembre. Coût global : près de 100 M€. Quant au contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, réalisé par Oc’Via (Bouygues), son inauguration, prévue le 18/12, est repoussée courant 2018, suite au drame survenue, juste avant, au passage à niveau à Millas (66) – au moins six victimes.
Ces biotech à surveiller
Quelles biotech feront l’actualité en 2018, en Occitanie ? 2017 s’est révélée assez riche pour plusieurs d’entre elles. Bastide (Caissargues – 30) tout d’abord. Le spécialiste du matériel médical a réalisé pas moins de 11 acquisitions sur l’année et confie à La Lettre M qu’il va reprendre la plateforme logistique d’Asics à Gallargues (30). Advicenne (Nîmes - 30), dans les traitements pour maladies néphrologiques et neurologiques, vient de lever 27 M€ en bourse (6/12). MedinCell (Jacou – 34), spécialiste des traitements à durée longue, qui emploie 110 salariés, vise une introduction en bourse cette année. Sensorion (Montpellier, traitements contre les troubles de l’oreille interne), vient de s’associer avec le géant australien Cochlear (implants auditifs) ou encore Intrasense (imagerie médicale, Montpellier), qui se développe en Chine. Vexim (implant réparateur de vertèbre fracturée, Balma – 31) a été racheté (le 12/12) par l’Américain Stryker, au terme d’une transaction record en Occitanie de 183 M€.
Toulouse Aerospace sort de terre
C’est un nouveau quartier qui sort de terre à Montaudran, sur 56 ha. Toulouse Aerospace accueillera à terme 190.000 m2 de bureaux et d’espaces tertiaires, mais aussi 80.000 m2 de logements, 20.000 m2 de commerces et services, et 50.000 m2 dédiés à la recherche et à l’enseignement supérieur. Sans oublier 15.000 m2 d’équipements publics. Parmi les grands chantiers en cours : le bâtiment B 612, totem de l’Innovation Campus, pôle d’activités et de recherche dédié à l’aéronautique, au spatial et aux systèmes embarqués. Ce bâtiment de 24.500 m2 - dont la construction nécessite un investissement de 65,3 M€ - accueillera notamment, dès début 2018, les sièges du pôle de compétitivité Aerospace Valley et de l’IRT Saint-Exupéry.
Port de Sète : fruits et conteneurs
Le port héraultais (Région Occitanie), présidé par Jean-Claude Gayssot, relance son terminal frigorifique, désormais exploité par Conhexa, avec un premier trafic de litchis en provenance de Madagascar. Le port a également signé en 2017 un contrat de trois ans pour la gestion et le développement du terminal à conteneurs. Des chargeurs régionaux sont démarchés, parmi lesquels Pierre Fabre, Orchestra ou Nestlé Waters (Perrier). Côté équipements, le futur terminal passagers (50 M€), dessiné par Jacques Ferrier, est prévu pour 2021.
Toulouse veut reconquérir l’Idex
La candidature de l’Université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées (UFTMP) au label Idex (Initiative d’excellence) doit être examinée d’ici à mars. Un projet qui porte une volonté d’intégrer quatre établissements : l’Université Toulouse II Jean-Jaurès, l’Université Toulouse III Paul Sabatier, l’Insa, et l’INP. « Ce label (que Toulouse avait perdu en 2016, NDLR) est avant tout une reconnaissance, une distinction qui ferait de Toulouse une université de premier rang au niveau mondial, explique Philippe Raimbault, président de l’UFTMP. L’aspect financier est lui aussi très important, avec une dotation de 750 M€, qui génèrerait environ 25 M€ d’intérêts par an, sans compter les effets leviers. »
Le THD se déploie en Occitanie
Orange décroche, le 4/12, la DSP (délégation de service public) portant sur le déploiement du THD (très haut débit) en Ariège et le 7/12 dans le Lot, la Lozère et l'Aveyron. 446.064 prises vont être raccordées au réseau pour un investissement total de 728,3 M€. Dans l'Aude, Altitude Infrastructure décroche la DSP. 130 M€ seront investis par les pouvoirs publics. En Haute-Garonne, 180 M€ vont être investis d'ici à 2020. Dans les Hautes-Pyrénées, le Département prévoit d'investir 270 M€ d'ici à 2032. Dans le Tarn, 55 M€ permettront de raccorder 28.000 foyers d'ici à 2021. Dans le Gard, le Département annonce 250 M€ d'investissement. Dans le Gers, 92 M€ seront investis d’ici à 2022.
Vers un renouvellement des concessions hydroélectriques
Propriétés de l'État, les centrales hydroélectriques et les retenues qui les alimentent sont gérées par divers opérateurs dans le cadre de concessions. En Occitanie, les 132 concessions sont majoritairement exploitées par EDF (89) et la Shem (12). Depuis 2010, les contrats arrivant à échéance doivent être remis en concurrence, mais une dizaine de concessions échues n'ont pas été remises en jeu. Bien que la Commission européenne s'en alarme, le gouvernement - qui veut préserver la situation existante - s'oppose en effet à la remise en concurrence des concessions. La situation devrait pourtant se débloquer en début d'année, selon un énergéticien contacté par La Lettre M. Selon le site Reporterre, le cabinet du Premier ministre aurait d'ailleurs fait savoir le 25/10 « que le gouvernement ne reviendrait pas sur le principe de la mise en concurrence des concessions de barrages ».
LGV or not LGV ?
Quel sort sera réservé aux deux projets de lignes à grande vitesse (LGV) en Occitanie, l’une entre Bordeaux et Toulouse et l’autre entre Montpellier et Perpignan ? Les deux projets coûtent 11 Md€ en cumulé, alors que le président Emmanuel Macron s'est fixé comme priorité la modernisation du réseau existant et les trains du quotidien. Ardente partisane du projet, Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, s’est rendue fin 2017 à Bercy pour présenter ses solutions de financement, issus d'une taxe poids lourds en transit à l’international, d'une nouvelle répartition de la TIPP et de la taxe sur les bureaux. Le Conseil d’orientation des infrastructures devrait rendre son avis sur la question le 18/1. Les deux projets ne sont pas au même niveau d’avancement : Bordeaux-Toulouse est déclaré d’utilité publique depuis juin 2016, alors que l’enquête publique pour Montpellier-Béziers (1ère phrase du projet allant jusqu’à Perpignan) ne s’est toujours pas déroulée.
Immobilier neuf : l’effet métropoles
En matière de production de logements neufs, la nouvelle loi Logement met la priorité sur les zones tendues. En d’autres termes, les métropoles. Le phénomène de concentration de production de logements neufs à Toulouse et Montpellier va s’accentuer, au détriment des villes moyennes, qui ne seront plus classées en zone B2. Béziers (34) fait partie des marchés qui devraient lourdement chuter. Conséquence de cette métropolisation de l’immobilier neuf : une surchauffe sur les prix du foncier, qui risque de renchérir les prix de sortie et de déconnecter les produits du marché local. Le phénomène est particulièrement marqué à Montpellier, où la Serm/SA3M a tiré la sonnette d’alarme devant les promoteurs, lors des vœux de la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers) Occitanie Méditerranée, le 12/12. Les territoires doivent conjuguer croissance démographique, dynamisme économique et préservation des espaces naturels et des terres agricoles. Les communes du littoral ne disposent plus, en moyenne, que de neuf ans de réserve foncière disponible, selon le Conservatoire du Littoral.
Les Medef de Béziers et de Montpellier vont-ils fusionner ?
Pourquoi l’Occitanie compte-t-elle 14 Medef territoriaux, pour 13 départements ? Parce que l’Hérault fait de la résistance, avec deux Medef, l’un à Béziers (président : Marc Aufort), l’autre à Montpellier (président : Samuel Hervé). Samuel Hervé pousse à une unification. « Nous sommes inaudibles pour nos adhérents, pour les services déconcentrés de l’État et les collectivités », tacle-t-il. Uni, le Medef Hérault serait l’un des plus importants de la région (présidente du Medef Occitanie : Sophie Garcia). Mais Marc Aufort ne serait pas très chaud : tout juste élu, il entend défendre le Biterrois.
Unesco : Toulouse et Nîmes sur les rangs
Engagée depuis deux ans dans la préparation du dossier de candidature en vue de son classement au patrimoine mondial de l'Unesco, la Ville de Toulouse entend poursuivre sa démarche dans les prochains mois. « Il faut que notre dossier soit excellentissime. Je ne veux donc pas que l’on se presse, car on compromettrait les chances du dossier », prévient Jean-Luc Moudenc, maire de la ville, en octobre dernier. « L’Unesco doit voir une dynamique de réalisation déjà existante... Le dossier ne doit pas être qu’une ambition pour demain », assure l'élu. La Ville de Nîmes pousse aussi pour une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. La Rome française a trouvé son thème : « l’Antiquité au présent » - ou comment les monuments antiques ont influencé l’urbanisme actuel de la ville. Dont le nouveau… Musée de la Romanité, inauguré le 2 juin.
Nouvelles têtes
À Toulouse, qui succèdera à Jean-Michel Vernhes et Anne-Marie Idrac à la tête de l’aéroport ? En ex-LR, Xavier Bringer, président de la FPI (promoteurs immobiliers) Occitanie Méditerranée, n’est pas candidat à sa réélection, en juin. Trois candidats briguent la présidence : Hervé Van Twembeke (California Promotion), Laurent Villaret (Helenis) et Jean-Christophe Rivière (Angelotti Promotion). Dans le Gard, changement de présidence en vue à l’UPE 30, l’actuel président, Éric Giraudier, ayant été (définitivement) élu président de la CCI 30. Dans l’Hérault, le directeur général d’ACM Habitat (logement social) va être désigné sous peu. À l’échelle régionale, le directeur du comité régional du tourisme sera connu fin janvier. Le préfet de région et de Haute-Garonne Pascal Mailhos est annoncé sur le départ, sans confirmation de la part de la préfecture. Par ailleurs, les fédérations de l'hospitalisation privées ex-LR (président : Pascal Delubac) et ex-MP (président : Dr Frédéric Sanguignol, qui est aussi président au niveau national de la FHP-SSR depuis le 30/11), vont fusionner, pour devenir FHP Occitanie. L'assemblée générale de création de la FHP Occitanie est en cours de programmation. D'ici fin janvier, les candidats à la présidence seront connus.
Tourisme : une offre à réinventer
2018 sera le témoin des premières concrétisations du plan Littoral 21. Lancé par le conseil régional, l’État et la Caisse des Dépôts, pour donner un nouveau souffle au littoral, ce plan est doté d’un budget de 900 M€. 19 projets (plus de 5 M€ de budget) ont déjà été retenus : Vias (2,6 M€), Cap-d’Agde, Agde (projet de récifs artificiels), Sète, La Grande-Motte (réaménagements et extension du port, 56 M€ de budget) dans l’Hérault, Banyuls-sur-Mer (aménagement du front de mer, 66), Barberousse (11), Port-Camargue (30). Avec des pratiques à renouveler, alors que bon nombre d’établissements présentent leurs menus sur des cartes écornées, avec des serveurs ne parlant pas anglais… Apprentissage des langues, formation du personnel, personnalisation des séjours, digitalisation de l’offre et des services (le wifi est devenu indispensable) : ne pas rater le virage !
Languedoc : scission entre l’est et l’ouest
Le 14/12 dernier, l’association Cœur de Languedoc, qui regroupe cinq intercommunalités de l’ouest héraultais et de l’Aude (Grand Narbonne, région lézignanaise, La Domitienne, Hérault Méditerranée et Béziers Méditerranée) a donné rendez-vous au monde économique toulousain, à travers la 1ère édition de « Business d’Oc ». L’initiative, en apparence anodine, traduit une scission politique entre l’est du Languedoc et l’ouest du Languedoc. Cœur de Languedoc (partie ouest) ne prend en effet pas part au Parlement des territoires (partie est), créé par Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier. Ce dernier échange avec Robert Ménard (LGV, visite de Ménard au Fise 2017…), maire (app FN) de Béziers, dont les relations avec Frédéric Lacas (Béziers Méditerranée) sont exécrables. Le 25/9 dernier, les deux « camps » ont tenu chacun une conférence de presse, sur le même sujet (défense du projet de ligne nouvelle Montpellier-Perpignan). Le 30/5 prochain à Béziers, la 2ème édition du salon industriel Intersud (CCI 34 et CCI Occitanie) sera tourné vers les donneurs d’ordre… toulousains.
Montpellier : l’heure des grands projets
Plusieurs grands projets structurants seront lancés ou inaugurés en 2018. De manière certaine, les halles Laissac (en cours de travaux), le futur conservatoire (démarrage des travaux imminent) et la nouvelle gare TGV Montpellier Sud de France, réalisée par Icade et Fondeville pour le compte de SNCF Réseau, et qui accueillera les premiers trains de voyageurs le 7/7. À Pérols, les travaux du projet commercial de Frey, « Shopping Promenade » (110.000 m2), devraient démarrer au cours de second semestre. Deux grands projets, sous maîtrise d’ouvrage métropolitaine, restent en suspens : la ligne 5 de tramway (les travaux du seul tronçon nord devraient être lancés avant 2020) et l’éventuel futur stade de football, pour lequel les études de faisabilité technique et financière sont en cours.
Les French Tech accélèrent
La planète French Tech ne s’arrête pas de tourner en 2018 en Occitanie. Le 17/1, à la nouvelle faculté de médecine de Montpellier, présentation du grand cluster numérique régional, issu de la fusion des deux clusters est (FrenchSouth.Digital) et ouest (DigitalPlace). La première pierre de la Halle FrenchTech dans le futur quartier Cambacérès à Montpellier devrait être posée avant la fin de l’année. « 40 % du chiffre d’affaires des entreprises labellisées French Tech se réalise à l’international », rappelle Philippe Herbert, fondateur du Pass FrenchTech. Un Pass attribué récemment à la start-up Naïo Technologies (robotique agricole, 25 salariés, CA : 584 k€, siège à Escalquens - 31), qui vient de lever 2 M€ afin, justement, de se déployer au grand export. Sur le terrain, grands groupes et start-up doivent poursuivre leur rapprochement sans que le premier phagocyte le second. Après celui de Toulouse, l’accélérateur Village by CA de Montpellier est opérationnel en début d’année. Dans la Ville rose, la Région devrait livrer fin 2019 la 1re tranche de la Cité des start-up, aménagée dans les anciennes halles Latécoère.
Viticulture : une année sur le fil
Avec des vendanges 2017 en baisse de 20 % (10,35 Mhl à l’ouest et 2,2 Mhl à l’est de l’Occitanie), l’année 2018 s’annonce compliquée pour la filière viticole. Comment satisfaire l’ensemble des clients ? « Nous sommes pourvus pour répondre au marché », assure Florence Barthès, directrice du syndicat des producteurs de vin IGP Pays d’Oc (la moitié de la production régionale). Il va falloir puiser dans les stocks, tout en surveillant de près la concurrence étrangère, Espagne en tête. « Il ne faudrait pas que la récolte 2018 soit aussi faible que 2017 car cela serait très problématique », confie ce professionnel. « Avec un volume en baisse de 31 % sur la cave, il ne sera pas possible de répondre à toutes les demandes, confirme Boris Calmette, président de la cave coopérative Terroirs de la voie domitienne (34) et de Coop de France LR. Nous allons privilégier les engagements sur la durée. »










