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Région Occitanie
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Numérique
| 8/02/2019

Les éditeurs régionaux de logiciels sont en pleine croissance

Syntec Numérique, EY et le cluster Digital 113 dévoilent, le 8 février, le 1er Panorama des éditeurs de logiciels en Occitanie. Selon cette étude, basée sur un échantillon de 31 entreprises, la filière a enregistré une croissance de 22 % en deux ans (2016-2017) dans la région. « Ce dynamisme concerne aussi bien les éditeurs sectoriels que les éditeurs horizontaux, qui ciblent les infrastructures », indique Pierre-Alexandre Feuillet (EY), qui précise que 88 % des entreprises interrogées réalisent un résultat opérationnel positif. « La problématique principale d’un éditeur, c’est son capital, commente Alain Rabary, PDG de Val Software (logiciels dédiés au secteur de la formation, 67 salariés, CA 2017 : 5,1 M€, siège à Blagnac - 31). Nous sommes de vrais industriels, avec une problématique de haut de bilan. Nous finançons tout, de la R&D au marketing. La levée de fonds est par conséquent souvent le seul moyen de nous financer. » Résultat : les entreprises du secteur sont régulièrement sollicitées par des fonds d’investissement, y compris américains. C'est notamment le cas d’Eurecia (70 salariés, CA prév. mars 2019 : 5 M€), qui a pourtant fait le choix de rester 100 % indépendante. « Des sollicitations, provenant de New York, de Boston ou d’ailleurs, j’en reçois au moins une par semaine », sourit Pascal Grémiaux, président de cet éditeur de logiciel RH, basé à Castanet-Tolosan (31).

Croissance externe et international
Autre enseignement de l’étude : 43 % des entreprises régionales du secteur envisagent des opérations de croissance externe à court terme, y compris à l’étranger. L’occasion pour elles de muscler leurs positions à l’international, un marché qui ne représente que 8 % de leur activité gobale. « Val Software, qui existe depuis 33 ans, est présente à l’export depuis seulement trois ans, témoigne Alain Rabary. Pour nous lancer, nous avons été amenés à changer tous nos progiciels et à structurer une équipe dédiée. Nous avons déployé des effectifs en Belgique et en Angleterre. C’est une démarche coûteuse, en cash comme en énergie, mais notre croissance passera clairement, demain, par l’international. »

Des problèmes de recrutement
Reste, dans ce panorama globalement positif, un point noir : les difficultés de recrutement rencontrées par les éditeurs de logiciels du territoire. Alors que l’effectif du secteur a bondi de 14 % en deux ans, les talents disponibles se font de plus en plus rares. « 80 % des éditeurs de la région sont recruteurs, mais 85 % d’entre eux éprouvent des difficultés à embaucher », résume Pierre-Alexandre Feuillet. « Nous avons planifié 38 recrutements cette année, et c’est très compliqué, confirme Alain Rabary. Sur certaines offres, nous recevons exclusivement des candidatures émanant de l’étranger. » Les raisons invoquées ? La force de frappe des grands acteurs du numériques (et des autres industries), qui siphonnent le vivier de talents disponibles, le manque de personnel formé et un déficit d’attractivité de la filière auprès des jeunes.

Mode Saas et intelligence artificielle
Côté modèle économique, l’étude Syntec Numérique/EY/Digital 113 constate le développement de plus en plus important de la commercialisation des logiciels en mode Saas (9 % du CA actuellement contre 6 % en 2015). Quant à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les solutions logicielles, elle suscite toujours beaucoup de débats. « Nous étudions cela avec attention, c’est un vrai sujet, mais il reste à trouver les modèles économiques adaptés, estime Alain Rabary. La technologie est très coûteuse. Il convient donc de l’utiliser avec intelligence et parcimonie. » Pascal Grémiaux est encore plus prudent : « Il y a beaucoup de com’ autour de l’intelligence artificielle. Mais il faut voir comment cela peut se traduire concrètement pour une PME comme la nôtre. Pour le moment, le bénéfice semble moins important que l’investissement. » Alain Lacour, président du groupe Lyra (250 salariés, CA 2018 : 60 M€, siège à Labège - 31), spécialisé dans la sécurisation des paiements de proximité et en ligne, utilise déjà, lui, l’intelligence artificielle, notamment « pour détecter des scénarios de fraude ». « Notre région dispose à la fois de bons chercheurs en IA et d’industriels qui ont besoin d’intégrer ces technologies, analyse-t-il. Ces deux types d’acteurs doivent travailler ensemble. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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