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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 6/07/2017

Les destins liés de Port-La-Nouvelle et de la filière céréale

En ce début de mois de juillet, sur les quais du port de Port-La-Nouvelle (11), l’activité céréales bat son plein. Le port audois est le 1er port français de Méditerranée pour l'exportation des céréales représentant 35 % de son activité. En ce moment, le blé dur capte toutes les attentions : les moissons sur le versant méditerranéen de la région sont terminées avec 15 jours d’avance, tandis que, plus à l’ouest, les agriculteurs s’activent encore. La récolte 2016 s'annonce bonne. Avec 692.000 t, l’Occitanie est la 1re région française productrice de blé dur. Sur les autres cultures, 4,8 M tonnes au total, ce sont 1,6 Mt de maïs, 1,6 Mt de blé tendre, 488.000 t d’orge, 129.100 t de sorgho (1re région française) et 1.350 t de riz. « La compétitivité du blé dur est majeure pour l’agriculteur, car ce blé est plus rémunérateur que le blé tendre (218 € contre 160 € la tonne, NDLR) », explique Jean-François Gleizes, président du comité régional des céréales et président de Passion céréales, bras armé de la communication de la filière. Les pays du bassin méditerranéen, Italie et Maghreb en tête, sont de gros consommateurs de pâtes et de semoule, et donc des clients de choix. 250.000 tonnes de blé dur partent depuis Port-La-Nouvelle. Le blé tendre s'exporte aussi. Il représente 50 % des exportations de la coopérative gersoise Caspap (180 adhérents, 17 M€ de CA) vers l'Espagne.
Enjeux portuaires. En moyenne, 450.000 t de céréales sont exportées depuis Port-la-Nouvelle par an, et 80.000 tonnes d’engrais importées. L'autre activité leader du port est le trafic pétrolier (50 %). « On a été jusqu'à 1 M, se souvient Hervé Cifaï, directeur des Silos du Sud (groupe Axéréal), mais on a perdu des volumes en provenance du Centre et plusieurs années de récolte médiocre se sont enchaînées. » Si la concurrence avec les autres ports français, La Rochelle en tête, est rude, elle est aussi féroce au niveau international, depuis le Canada, le Mexique ou le Venezuela. « Avec La Rochelle, le différentiel de prix est de 8 €/t, en raison d’un fret maritime aussi bas que l’est le prix du pétrole, explique Hervé Cifaï. Le prix de revient est de 10€/t côté Canada quand il atteint les 12 à 14€ côté audois. En raison du faible tirant d’eau, Port-la-Nouvelle ne peut exporter que sur des bateaux de 10.000 t contre 65.000 t outre-atlantique, poursuit-il. Si demain, le port n’est pas agrandi, nous sommes morts ». D’où la nécessité, pour l'ensemble des acteurs d’investir sur le port, comme la Région l’a annoncé. 280 M€ devraient être injectés dans la construction d’un avant-port, qui permettrait aux plus gros bateaux d’accoster. Doté d’une digue supplémentaire de 2 km et d’une autre de 600 m, Port-La-Nouvelle s’agrandirait de 40 ha, avec 80 autres ha aménageables. « En deux ans, cela peut être fait, estime le directeur des Silos du Sud. Carole Delga, présidente de la Région, a annoncé le premier coup de pioche en 2018. »

Nelly Barbé
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