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Biotechs - Santé / Numérique
| 17/05/2022

[Les débats de La Lettre M] Tech : des clés pour réussir

« Très souvent, on part avec une idée de base qui s’avère mauvaise dès qu’on la confronte au marché. » Intervenant aux côtés de quatre autres experts de la Tech lors d'un débat de La Lettre M, organisé avec le cabinet de conseil Deloitte, le 17 mai, Loïc Soubeyrand, dirigeant de Swile, est revenu sur la genèse de son entreprise. Pour obtenir un produit ou une solution en adéquation avec les attentes du marché, le fondateur de la société montpelliéraine spécialisée dans la dématérialisation des avantages salariaux a délivré son premier conseil : « Dès le premier jour, on a été au contact des prospects : autant tester son idée le plus vite possible pour trouver le bon angle d’attaque. »

Les autres entrepreneurs à succès et experts témoignent. À l’instar d’Hugues Galambrun, à la tête de l’éditeur héraultais de logiciels Septeo, qui investit 35 M€/an en R&D. « L’innovation, c’est l’agilité », a-t-il affirmé. Chez Swile aussi, la R&D est une priorité comme l’a souligné son dirigeant : « Elle mobilise 30 % des 700 salariés et 40 % du budget annuel ». Pour garder une longueur d’avance sur ses concurrents, la medtech ID Solutions, qui développe des kits de diagnostic, effectue quant à elle une veille constante. « Pour les variants de la Covid-19, nous avions déjà préparé, en décembre 2020, des tests PCR dédiés, au cas où nous recevrions des demandes pour le variant anglais », a indiqué Lise Grewis, dirigeant de l’entreprise basée à Grabels qui emploie 80 salariés.

Financer l’innovation
Pour financer leur innovation, bon nombre d’entreprises optent pour la levée de fonds comme la start-up Sweep, qui développe une plateforme digitale de mesure des émissions carbone des entreprises. En moins d’un an, elle a levé plus de 90 M€. « La levée de fonds est un outil efficace pour contracter le temps », a estimé Yannick Chazeco-fondateur de la société héraultaise aux 60 salariés. Au-delà de l’aspect financier, un des points forts de la levée de fonds, est qu’elle permet de renforcer son expertise et son réseau, a expliqué le directeur technique de Sweep. Un avis partagé par Hugues Galambrun : « Le fonds anglais Hg (qui est entré au capital de Septeo en 2020, NDLR) est un spécialiste du software (…) On aurait largement pu faire monter les enchères au moment du tour de table mais on a fait le choix d’un fonds qui connaissait parfaitement l’univers du logiciel au niveau européen et mondial ».
Interrogé sur la pertinence de se lancer, ou non, dans un processus de levée de fonds, Hugues Desgranges, associé responsable Méditerranée au sein du cabinet de conseil Deloitte, a précisé que l’opération est avant tout un partenariat. « C’est une forme de Pacs, il faut des règles – donc un cadre, un contrat - et de l’envie. »

Aides à l'innovation
La levée de fonds n’est toutefois pas l’unique option pour financer sa R&D, et plus globalement, sa croissance, comme l’a rappelé Catherine Pommier, directrice opérationnelle innovation au sein de l’agence régionale de développement économique Ad'Occ. « En 2021, sur les dispositifs innovation, on a monté des dossiers pour un total de 50 M€ sur l’année, représentant 115 M€ d’investissement en R&D », a-t-elle notamment cité. D’autres types d’aides régionales existent, pour soutenir l’internationalisation ou encore l’industrialisation des entreprises.

Attirer et garder les talents
Autre défi que doivent relever toutes les entreprises, dont celles de la Tech qui est confrontée à une pénurie de talents : réussir sa stratégie RH. « Vous ne pouvez pas bâtir un projet fort si vous avez peur de vous exprimer au sein de votre entreprise », a expliqué Loïc Soubeyrand. « Une société est comme la tige d’une plante, très fine, et la culture d’entreprise en est le tuteur. Trop souvent, dans ce domaine, on agit en réaction et pas assez en pro-action », a-t-il regretté. Hugues Desgranges, du cabinet Deloitte, a pointé de son côté la montée en puissance des sujets RSE et la nécessité de donner du sens aux collaborateurs. « Les chefs d’entreprise doivent répondre aux attentes de leurs équipes, notamment les plus jeunes recrues », a estimé le consultant.

Full remote
Chez Sweep, le choix du 100 % distanciel s’est avéré payant. « C’est un vrai levier pour accrocher les talents et les faire venir chez nous », a indiqué Yannick Chaze. En matière de télétravail, comme facteur d’attractivité, Hugues Galambrun a prôné, de son côté, le cas par cas pour répondre aux besoins de chacun. « Il va falloir inventer un nouveau mode de collaborationavec un nouvel environnement qui ne soit pas forcément un lieu de travail, mais un lieu d’épanouissement au sein de l’entreprise », a -t-il prédit. Pour veiller à la cohésion des effectifs, Loïc Soubeyrand a préconisé un positionnement hybride : « Nous avons une politique par équipe. Soit vous êtes une équipe 100 % télétravail, soit vous avez vocation à venir au bureau ». L’objectif étant d’éviter un sentiment d’exclusion au sein d’une même équipe avec certains collaborateurs en distanciel permanent et d’autres en présentiel. En matière de recrutements, Catherine Pommier a rappelé quelques-unes des actions déployées par la Région Occitanie, tels que le Pacte pour l’embauche, en cours d’élaboration, ou encore le soutien financier de la collectivité à la formation continue.

Retrouvez le débat de La Lettre M « Paroles de patrons : les défis des entreprises de la Tech », en replay : https://www.youtube.com/watch?v=OXf-QRD_itM

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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