« Les chefs d’entreprise s’essoufflent », alerte Freddy Nicolas (Ordre des experts-comptables d’Occitanie)
Premier président du conseil régional de l’Ordre des experts-comptables d’Occitanie, créé en décembre dernier, Freddy Nicolas (56 ans) revient sur les débuts de sa mandature et les challenges qu’il entend relever.
Que pèse le nouvel Ordre des experts-comptables d’Occitanie ?
Nous sommes devenus la quatrième région ordinale de France par ses effectifs – 1 850 professionnels – et la deuxième par le nombre de départements couverts (treize, NDLR) en réunissant les ordres régionaux de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. J’insiste au passage sur ce terme de « réunion » et non de « fusion », qui traduit bien le travail que nous sommes en train de mener en ce début de mandature. L’objectif étant de garder le meilleur de ce qui se faisait avant dans nos deux régions, qui se ressemblaient beaucoup et fonctionnaient très bien. Même si un nouvel ordre régional a été créé, nous devons maintenir une proximité avec l’ensemble des experts-comptables et des acteurs économiques et institutionnels d’Occitanie. D’où la mise en place d’un conseil régional composé de 36 élus issus de toute la région dont dix sont également présents au bureau (deux trésoriers et quatre vice-présidents dans chaque ancienne région, le 1er vice-président étant le Montpelliérain Pascal Castanet, qui devrait succéder à Freddy Nicolas à mi-mandat, selon un principe d’alternance, NDLR), d’une représentation territoriale à Montpellier et de treize circonscriptions territoriales dans lesquelles les chambres départementales vont regagner du pouvoir.
Outre cette réunion des deux régions à opérer, quels sont vos priorités pour ce mandat ?
Le soutien de nos consœurs et confrères dans leur transition digitale est un enjeu fort pour ces prochaines années. La crise sanitaire a accéléré des mutations déjà bien engagées dans les entreprises, qu’il va falloir accompagner. Certaines échéances se rapprochent, telles que la mise en œuvre progressive, entre 2023 et 2025, de la facturation électronique obligatoire dans laquelle nous aurons un rôle important à jouer. Il nous faut aussi continuer à défendre notre diplôme et la marque expert-comptable en luttant contre l’exercice illégal de notre profession. Nous devons enfin travailler notre image, notre communication, nos actions de formation pour renforcer l’attractivité de notre métier, en particulier auprès des jeunes. De fait, beaucoup de cabinets ont du mal à recruter et fidéliser des collaborateurs alors que les offres d’emploi sont là et les perspectives d’évolution aussi.
Votre parcours est d’ailleurs un bon exemple de ces perspectives d’évolution qu’offre la profession.
En effet, j’ai été diplômé sur le tard, après plusieurs expériences en entreprise, dans le milieu bancaire puis comme employé dans un cabinet d’expertise comptable, où je me suis pris de passion pour ce métier. Titulaire d’un DUT GEA (gestion des entreprises et des administrations), j’ai alors décidé de reprendre des études et de passer le diplôme d’expertise comptable. Mon patron de l’époque m’a rapidement proposé de prendre la responsabilité d’un cabinet secondaire de quatre personnes, basé à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), que j’ai racheté en 2004. Aujourd’hui, Experts-Comptables du Lauragais se positionne comme un cabinet de proximité, avec 14 salariés, deux associés indépendants et trois bureaux : Villefranche-de-Lauragais, Nailloux et Ayguesvives, ouvert l’an dernier.
Comme président de l’Ordre régional et dirigeant d’un groupe d’expertise comptable local, quel diagnostic faites-vous de l’état de santé actuel des entreprises d’Occitanie ?
Les aides publiques et les allégements de charges ont permis de limiter la casse au niveau des bilans 2020. Maintenant, reste à savoir quand la situation sanitaire permettra à l’économie de redémarrer. Cette question préoccupe tous les chefs d’entreprise que nous accompagnons, avec un rôle de conseil plus important que jamais. La créativité dont certains font preuve pour repenser leur activité malgré la fermeture administrative est admirable. Mais beaucoup commencent à s’essouffler et à baisser les bras faute de perspectives. Il y a maintenant urgence à ce que l’économie reparte.










