Languedoc-Roussillon
Institutions
Les CCI coupent les ponts avec les services de l'Etat
Réunis en assemblée générale, ce 27 mai à Paris, les présidents du réseau des CCI de France (5 000 chefs d'entreprise élus et bénévoles) ont voté une motion de défiance contre le gouvernement, annonçant leur intention de cesser toute relation avec les services de l'Etat. « Cette motion a été prise devant le mépris du gouvernement du le rôle des CCI au service des entreprises et des territoires, indique à La Lettre M Bernard Fourcade, le président de la CCI L.-R., à son retour de Paris. Aujourd’hui, on ne sait plus où l’on va. Aussi, nous avons tous voté cette motion à l’exception d’un vote contre sur 126 voix, pour rompre toute collaboration avec l’Etat jusqu’à nouvel ordre, et ce à tous les niveaux national, régional et territorial » . Il précise que ces mesures seront maintenues « jusqu'à un retour de la confiance indispensable à la poursuite de la collaboration avec les CCI. »
Rupture des relations
Les CCI, dont celles de la région, cesseront de rendre compte au gouvernement de leurs activités, en particulier de celles d’appui aux entreprises et aux territoires, mais de « mener en responsabilité leur mission ». Dans cette motion, elles annoncent aussi leur retrait d'un certain nombre d'organismes (APCE, GIP Guichet Entreprises, du portail international) et de chantiers comme celui du fret ferroviaire ou des conventions de la politique de la ville. Elles ont également convenu de ne plus assurer la promotion du « pacte de responsabilité » - lancé par le gouvernement pour tenter de relancer la compétitivité et l'emploi - car il « risque d’être un jeu de dupes comme le pacte de confiance signé avec les CCI », précise la motion. Les CCI ne transmettront plus à l'Etat les données relatives à leur fonctionnement et leur budget exécuté en 2013.
« Hold-up »
Les chambres de commerce et d'industrie françaises s’insurgent contre le projet de réforme qui les priverait d'une partie de leurs ressources. Un élément déclencheur de cette fronde a été la divulgation du pré-rapport d'une mission d'inspection de l'administration, qui recommande de prélever 700 millions à un milliard d'euros sur le fonds de roulement des CCI et de réduire de 32 % sur la période 2015-2017 la taxe qu'elles prélèvent sur les entreprises pour financer leurs activités. Elles accusent l'Etat d'organiser un « hold-up » sur « l'argent des entreprises » qui financent les CCI et leurs activités, notamment en matière d'investissement et d'apprentissage, « fragilisant l’avenir de très nombreux jeunes à quelques mois de la rentrée scolaire ». Les chambres considèrent que le gouvernement à « foulé aux pieds » le contrat d'objectifs et de performances signé en mai 2013.










