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Languedoc-Roussillon
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Aménagement - Urbanisme
| 4/02/2014

L’EPF L.-R. veut lutter contre l’allongement des trajets domicile-travail

Thierry Lemoine, nouveau DG de l’Etablissement public foncier régional L.-R., a fait de la réduction des trajets domicile-travail d’une de ses priorités d’action, mardi matin à l’Insee, après la présentation de l’étude « perspectives démographiques et de résidences principales en L.-R. à l’horizon 2030 ».
Du fait des revenus faibles, de la pression démographique, et de la hausse continue des prix de l’immobilier depuis 2000, « les gens habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. Un tiers des déplacements domicile-travail sont supérieurs à 10 km et se font généralement en voiture, ce qui impacte le budget des ménages. »
Si les trajets à moins de 10 km restent majoritaires dans les principales aires urbaines régionales (Montpellier, Nîmes, Perpignan), les trajets de plus de 10 km augmentent : + 40 % à Béziers, + 38 % à Montpellier, + 36 % à Perpignan, a constaté Bernard Canonéro, responsable des études à l’Insee L.-R.
Pour Thierry Lemoine, il s’agit de porter l’effort de production de logements dans le tissu existant, pour lutter contre l’étalement urbain et la consommation excessive de terres agricoles, et le long des axes de transports en commun, pour réduire l’usage de l’automobile (cf. La Lettre M papier de ce jour, p.3).
16 000 résidences principales de plus seront construites chaque année dans la région entre 2010 et 2030, selon l'Insee, du fait de la croissance de la population et de l’évolution des modes de cohabitation. Dans les aires urbaines de Montpellier, Perpignan et Nîmes, le nombre de résidences supplémentaires s'élèverait chaque année à respectivement 3 100, 1 800 et 1 300 logements entre 2010 et 2030.

Paupérisation et inégalité

Thierry Lemoine a pointé une « paupérisation » de la population régionale, avec « des inégalités qui augmentent, un taux d’effort plus important pour accéder au logement, et un clivage patent entre l’Est (plus riche) et l’Ouest de la région. C’est préoccupant. Comment peut-on réparer ceci ? L’EPF doit avoir cet enjeu en tête. »
D’après lui, le devenir des zones inter aires urbaines (Sète, Frontignan, Lunel…) est un « enjeu stratégique. Avant, les prix y étaient moins élevés. Aujourd’hui, les différences de prix se gomment. On est partis d’une urbanisation autour des villes. Désormais, l’urbanisation est continue. Les prix s’alignent les uns sur les autres. La notion de coupure a tendance à disparaître. Or, il faut produire des logements adaptés aux évolutions du territoire dans les années à venir, en favorisant la restructuration urbaine. Ça coûte plus cher, mais c’est là que ça se passe (sic). On doit s’efforcer d’endiguer au maximum l’étalement urbain, qui a particulièrement sévi dans cette région. Cette étude de l’Insee va structurer notre action pour les 20 ans à venir. »

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