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Hérault / Région Occitanie
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Industrie
| 7/10/2020

L'enjeu de la réindustrialisation pour les entreprises d'Occitanie

« La réindustrialisation et la relocalisation sont des enjeux majeurs et stratégiques pour l’Occitanie car il s’agit d’emplois et de filières ! », lance Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale lors de table ronde organisée par Ad’Occ et l’UIMM Occitanie Méditerranée à la Cité de l’économie et des métiers de demain à Montpellier. Selon elle, déjà 250 projets de relocalisation ont été identifiés et la Région va lancer dans quelques semaines un appel à projets pour accompagner les porteurs de projets sur les territoires. « Cela ne signifie pas que demain il y aura des usines qui vont s’implanter dans la région, ajoute-t-elle. Il faut peut-être davantage travailler sur les chaînes de valeur ou relocaliser des parties d’activité. » Elle en veut pour preuve, alors même que la région, comme le pays, subit la désindustrialisation depuis des années, ces entreprises qui se réinventent.

Évolution de l'activité
« Au départ, nous ne sommes pas industriels mais producteurs d’énergie renouvelable en France et à l’international, indique Jean-Marc Bouchet, président du groupe Qair (Montpellier) dont la diversification fait évoluer son modèle de production. Nous avons été mobilisé par la Région, pour développer l’éolien offshore flottant comme moyen de produire de l’électricité en mer Méditerranée. Puis arrive l’hydrogène avec le projet Hyd’Occ, une usine de production d’hydrogène par électrolyse à partir d’électricité verte (éolien et photovoltaïque, NDLR) à Port-la-Nouvelle. Cela nous amène à travailler sur la constitution d’une filière vers les transporteurs et les industriels ».
Du côté de Béziers, l’usine Cameron (groupe Schlumberger), qui fabrique du matériel pour le secteur pétrolier, « est en mode survie depuis des années, indique le DG Luc Mas. Nous avons toujours su nous adapter et rebondir avec de la R&D sur des segments de marchés qui nous ont permis de sortir de notre périmètre ». Aujourd'hui, la démarche agile se poursuit avec « la création d’une joint-venture, avant la fin de l’année, entre Schlumberger et le CEA afin de créer une ligne pilote de fabrication d’électrolyseurs en 2021. Elle devrait déboucher sur une gigafactory d’ici 2030. Il faudra peut-être y associer des solution IA pour avoir du service associé à ce produit ».

L'assemblage
Le spécialiste de la vente en ligne de robots domestiques (tondeuses, aspirateurs), Amixyx (Fabrègues, 40 salariés) passe quant à lui à la fabrication par le biais de l’assemblage. « Nos robots domestiques jusqu’alors 100 % importés d’Asie vont être fabriqués en France. L’assemblage se fera en intégrant des pièces fabriquées en France et/ou en Europe à hauteur de 25 % pour débuter, avec le bois qui va remplacer le plexis... importé d’Asie. La valeur est désormais dans le produit et la tuyauterie commerciale. De simple revendeur, nous sommes aujourd’hui la marque Amibot (70 000 ventes en 2019, NDLR), explique Sébastien Roedens, le fondateur. Le blocage pour l’industriel est lié à la volumétrie et au coût de la production de masse alors qu’on a les meilleurs ingénieurs du monde ! Finalement, aujourd’hui, nous faisons ce que les Chinois ont fait il y a 20 ans, il faut réapprendre à produire en masse. »

Les circuits courts pour relocaliser
La scop gersoise Ethiquable, qui distribuait des produits équitables en provenance des pays du sud notamment du chocolat, a construit une usine de fabrication de tablettes de chocolat (15 M€) afin de pas être dépendant d’un fournisseur italien. La scop agit aussi sur la relocalisation à travers les circuits courts et le label « Paysans d’ici ». « On a aussi créé le label Bio Equitable en France avec le réseau Biocoop », indique Rémi Roux, le dirigeant. Ce label réunit 27 groupements agricoles représentant 4 000 producteurs, 26 entreprises de la bio.

Les enjeux
« L’industrie ne produira que s’il y a une demande des donneurs d’ordre qui sont : les consommateurs, la commande publique et les relations BtoB, confirme Olivier Lluansi, consultant et associé PWC, ex-délégué aux Territoires d'industrie auprès du Ministre de l'Économie et de la Ministre pour la cohésion territoriale. Selon lui, « la digitalisation fait bouger l’industrie et favorise la productivité de 20 à 30 %. L’environnement s’est aussi invité dans l’industrie. Le réchauffement climatique et l’économie circulaire ne pourront pas se résoudre sans industrie. Enfin, on assiste à un phénomène d’hybridation produit/service, où l’industrie va mettre du service digital autour du produit. » 
La relocalisation passera aussi par « les circuits courts, ajoute Cédrine Joly, enseignante à Montpellier Business School​​. La valeur du produit devient aussi une valeur de confiance par la relation directe entre le consommateur et le producteur.»  Pour faciliter la relocalisation et la réindustrialisation, « il faut mettre en correspondance les calendriers politiques, des acteurs institutionnels et des chefs d’entreprises », concède Thierry Ravot, directeur régional Occitanie de la Banque des Territoires.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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