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Le super-ordinateur HPC@LR veut séduire plus d'entreprises régionales

Le centre de compétences dévolu au calcul intensif du Languedoc-Roussillon, baptisé HPC@LR, a signé aujourd’hui, 6 décembre, au BIC de Montpellier, une convention de partenariat avec l'Agglo. Toutes les entreprises innovantes du BIC pourront désormais avoir accès gratuitement à 5 000 h de calcul, à mettre au service des projets qu’elles développent. Le centre, créé en 2010, fêtait par ailleurs le centième projet accompagné.
HPC@LR, c’est un super-ordinateur, mais aussi des partenaires et des équipes d’accompagnement. Sa spécificité : depuis le départ, être tourné vers les entreprises. « Nous sommes le seul centre de calcul en France (mésocentre, NDLR) à être bâti sur un partenariat public privé, indique Anne Laurent, sa directrice, qui enseigne à l’université Montpellier 2, principal financeur de la plateforme. HPC@LR est résolument tourné vers les entreprises, et nous voulons renforcer notre ouverture, vers toute thématique et tout type d’utilisateurs. Notre credo, c’est d’anticiper les besoins de calcul, y compris chez les entreprises qui ne relèvent pas directement de l’informatique. » Les services de calcul offerts par le centre de compétences HPC@LR vient compléter l’offre des centres de niveau supérieur (le CINES, également à Montpellier). L’accompagnement permet aux utilisateurs qui jusqu’à présent n’avaient pas envisagé de telles ressources, d’utiliser ces outils de calcul pour faire face à leurs nouveaux besoins.
Projets collaboratifs
Franck Berthu, conseiller technologique chez Transferts LR, voit au moins trois grands domaines où l’apport de puissance de calcul peut avoir des développements intéressants : le e-commerce, les jeux vidéos et les analyses en temps réel. HPC@LR est par exemple l’un des acteurs du projet collaboratif LittoCMS, qui rassemble des chercheurs de l’UM2 et du CNRS, le HPC donc, et des privés : IBM, BRLI et Géomatys. Ce projet de 2,5 M€ vise à mettre en place une plateforme de calcul de l’hydrodynamique littorale et des niveaux d’eau, et par là même à générer de l’information instantanée en cas d’inondation. « Ce projet, démarré il y a un an, est symptomatique de ce que peut HPC@LR, analyse Frédéric Bouchette, l’un des chercheurs de l’UM2 impliqué dans le projet. Le centre cristallise notre besoin commun de calcul pour arriver au même objectif : avoir des outils de prédiction de la montée des eaux sur le littoral. » « Dans notre région, on voit bien le potentiel d’un tel projet, avec les risques inondations, renchérit Franck Berthu. Mais c’est un outil qui demain pourra devenir indispensable au niveau planétaire avec le changement climatique que nous connaissons. »
Ouverture vers les TPE et PME
Ce type de projet collaboratif est symptomatique, même si l’ambition d’Anne Laurent et de ses équipes est de l’ouvrir au plus grand nombre d’entreprises, même les plus petites. Virdys, dont la structure juridique a été créée en début d'année, compte une dizaine de collaborateurs, et envisage un premier CA de quelques milliers d'euros. Accompagnée par le BIC, elle qui fournit en prestation de services des simulations en 3D, et entrevoit désormais le gros potentiel du HPC@LR pour son développement. « Aujourd’hui, sans la puissance de calcul, on ne peut pas progresser, indique son président, Thierry Cottenceau. Mon rêve, c’est de pouvoir offrir ma solution en mode SAAS, c’est à dire via internet, et que mes clients puissent s’en servir depuis n’importe quel terminal. Aujourd’hui, on est à la frontière de notre innovation. La montée en charge de notre entreprise passe par l’utilisation d’HPC@LR. » Mais Franck Berthu avoue que le travail d’évangélisation reste important : « Il y a une frontière culturelle, les TPE et PME ont l’impression que ce type d’infrastructure est réservé à la recherche académique, aux scientifiques. Je dois battre en brèche cette idée que le calcul intensif est hors de leur portée. » La révolution d’HPC passe par son accessibilité aussi en terme de coûts. Quoiqu’il en soit, cette évangélisation doit se poursuivre : le budget du centre des trois premières années (2,5 M€), porté essentiellement par le public (UM2, Région et Europe) arrive à son terme en mars prochain. Le but d’HPC@LR est désormais de s’autofinancer grâce à la fourniture de services aux entreprises et à la formation. Pour asseoir sa pérennité, l'ouverture aux entreprises n'est plus un leitmotiv, mais bien une nécessité.
Légende : de gauche à droite, Anne-Yvonne Le Dain, vice-président de la Région Languedoc-Roussillon, François Pierrot, vice-président de l’UM2 et Michel Aslanian, vice-président de Montpellier Agglo, signent la convention de partenariat entre HPC@LR et le BIC de Montpellier.










