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Numérique
| 20/12/2022

Le studio de production 3D Mathematic veut recruter 100 salariés à Montpellier d'ici à trois ans

Comme annoncé par La lettre M, le studio de production d’effets spéciaux et d’animation 3D Mathematic va s’implanter dans le quartier de la Cité créative à compter du début d’année prochaine. De passage dans l’Hérault, son PDG, Guillaume Marien détaille, dans un entretien, un plan en trois étapes qui vise à faire de Montpellier un pôle majeur de développement de l’entreprise. Le dirigeant souhaite recruter à terme 100 salariés dans la ville héraultaise.

La Lettre M - Pourquoi vous implantez-vous à Montpellier ?

Guillaume Marien - Il existe ici un écosystème fertile, avec des écoles de pointe et des entreprises influentes dans le domaine de la création, en plus d'une forte volonté publique. Le foncier est aussi moins onéreux. Pour résumer, Montpellier est le terreau idéal pour déployer un deuxième site en France. Mathematic a 15 ans. Nous réalisons 20 M€ de chiffre d’affaires et employons désormais 200 personnes à l’échelle du groupe, dont la moitié en CDI. Soit 85 à Paris, 10 à Montréal et 5 à Los Angeles.

Dans l’idée, notre stratégie est de rabattre des projets de l’étranger vers la France. La première étape était d’atteindre une certaine taille structurelle, de 100 salariés, et être ainsi en capacité d'accepter en même temps, en termes de fabrication, un long métrage et une publicité par exemple. Ensuite, nous avons aussi passé un certain nombre de certifications liées à la sécurité, que nous allons redéployer à Montpellier. Une partie du studio et de notre futur bâtiment sera labelisée Trust Partner Network (TPN) pour pouvoir accueillir des projets internationaux de long métrage.

Concrètement, comment va s'opérer cette installation ?

GM - L’implantation va se réaliser en trois étapes. Depuis septembre, nous avons installé, de manière temporaire, quatre graphistes et un business manager au sein de locaux partagés à la Halle Tropisme. Dès le 1er février, nous allons louer pour une durée de trois ans un local en phase de réhabilitation dans le quartier de la Cité créative. Plus précisément au sein de l’annexe de l’ancien musée de l’Artillerie. Soit 450 m2 sur deux niveaux. Ce lieu a néanmoins vocation à être détruit et à être remplacé par du logement. La troisième étape sera de disposer d’un studio employant 100 personnes qui seraient installées dans un atelier au sein du projet architectural de plusieurs milliers de mètres carrés dans la Cité créative. Dès le déménagement de la Halle Tropisme acté, nous allons embaucher de façon plus intensive.

Deux départements seront créés à Montpellier. Un premier spécialisé dans la prévisualisation et la composition de l’image ; un deuxième dévolu au rigging, soit la conception des squelettes des personnages animés. Les profils senior que nous avons recrutés seront en mesure d'encadrer et former les nouvelles recrues montpelliéraines. Cela va nous permettre de démarrer une activité économique, sans disposer de l’ensemble des jalons de la chaîne de fabrication. 

C'est à dire ?

GM - A terme, plus d’un tiers de notre capacité de production doit se faire à Montpellier. C’est ce qu’on vise. En premier lieu, il est possible d’avoir à Montpellier deux équipes de douze personnes sur chaque spécialité qui travaillent à la fois pour les projets de Paris, Montréal et Los Angeles. L’idée est d’être à cinquante personnes à Montpellier d’ici deux ans, soit la limite capacitaire de l’ancien musée de l’Artillerie. Nous souhaitons aussi réaliser des partenariats avec les écoles et accueillir des résidents chez nous. On va essayer de réaliser des ateliers. Y compris avec des autres sociétés.  Nous avons des relations avec Ubisoft ou The Beast Makers avec qui on travaille depuis des années…Nous avons envie de collaborer avec ces gens. 

Cette stratégie d'implantation à Montpellier ne va-t-elle pas mobiliser une infrastructure trop lourde ?

GM - Notre stratégie est de maintenir notre Data center et notre serveur à Paris et de le déployer en fibre optique sécurisée, dite noire, à Montpellier dès février. La démarche permettra d’obtenir plus rapidement la certification sur notre nouveau site héraultais. En d’autres termes, nous n’aurons pas à certifier l’infrastructure informatique qui l’est déjà. Les salariés travailleront depuis Montpellier sur l’infrastructure technique parisienne.

À plus longue échéance, on espère déployer un Data center pour Mathematic à Montpellier, dans le cadre d’une réponse à l’appel à projets France 2030. Nous nous installons à Montpellier et nous aimerions déplacer pas mal d’infrastructures ici à longue échéance. La fibre noire va permettre de sécuriser les données qui vont circuler. Que ce soit dans le cinéma, ou dans la publicité c’est un prérequis. Pour Apple, les constructeurs automobiles. Ce sont des marchés très cadrés.

Après avoir réalisé une levée de 15 M€ en mai, envisagez-vous une autre opération ?

GM - Nous envisageons plutôt une opération de croissance externe. Nous sommes en train de nous positionner sur des sociétés à l’étranger. Pour capitaliser et attirer de nouvelles compétences. Les gens sont très bien formés par les écoles dans notre pays. Depuis toujours, mon leitmotiv est que ces talents restent en France. Il faut que les beaux projets demeurent ici.

Propos recueillis par Mickaël Deneux / deneux@lalettrem.net
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