Le recrutement, enjeu n°1 de l’aéronautique et du spatial
Dans un secteur aéronautique et spatial en pleine croissance, le grand Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine) pourrait avoir besoin de « recruter 10 000 personnes par an au cours des dix années à venir », indique Bruno Darboux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley.
Bien sûr, il y a les investissements à consentir afin d’accompagner la vertigineuse montée en cadence de la production. Évidemment, il y a les sujets – stratégiques – de la décarbonation de l’aviation, de l’essor du NewSpace et du déploiement des drones.
Mais pour Bruno Darboux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley, qui rassemble 865 acteurs de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine, l’enjeu numéro un pour les années à venir est sans doute celui du recrutement. « Afin d’accompagner sa croissance, la filière du Sud-Ouest va probablement devoir créer 5 000 emplois par an dans les dix ans à venir, ce qui représenterait 10 000 recrutements annuels sur cette période », explique-t-il, précisant que l’Occitanie pourrait représenter « les deux tiers des embauches ».
Dans l’aéronautique...
Dans ce contexte, Aerospace Valley a dévoilé le 16 janvier les résultats de deux diagnostics, dédiés respectivement à l’aéronautique et au spatial. « Dans l’aéronautique, qui concentre plus de 108 000 salariés à l’échelle du grand Sud-Ouest, les effectifs pourraient enregistrer une croissance comprise entre 24 et 47 % d’ici à 2035 selon les scénarios, explique Yoann Ducuing, directeur délégué du pôle, qui a piloté les diagnostics. Ce sont des besoins très importants pour la filière, avec 30 000 emplois dédiés à l’avion bas carbone à partir de 2030. » Si certaines compétences traditionnelles de l’aéronautique devront être renforcées – thermique, aérodynamique, mécanique, usinage... –, d’autres, plus nouvelles pour le secteur, sont amenées à monter en puissance, comme la chimie, la cryogénie, la climatologie et l’éco-conception. « Il s’agit à la fois de recruter en nombre et de maintenir l’attractivité du secteur, tout en conservant les talents déjà en place et en continuant à les former », résume Yoann Ducuing.
... et le spatial
Côté secteur spatial, au sein duquel gravitent quelque 22 000 salariés, la croissance des effectifs devrait osciller « entre 21 et 80 % d’ici à 2035 ». Un écart que le directeur délégué d’Aerospace Valley explique par la confrontation entre « les projections prudentes » des industriels et « l’explosion du marché spatial » projetée par les analystes. Dans tous les cas, le boom des recrutements sera accompagné d’enjeux de formation « très forts », juge-t-il. Avec d’importants besoins à venir dans les systèmes, la gestion des données, la production et les applications et, là encore, l’émergence de nouveaux métiers pour le secteur, comme celui d’écologue, de spécialiste des constellations satellitaires ou encore d’expert en calcul quantique. Sur un marché hautement concurrentiel marqué par une pyramide des âges relativement sensible – les salariés de plus de 56 ans représentent un quart des effectifs des grands groupes spatiaux –, les questions du recrutement et de l’attractivité sont là aussi stratégiques. « Il est impératif d’augmenter la visibilité du secteur en termes de gestion des compétences ; pour l’heure, les entreprises pilotent à vue », analyse Yoann Ducuing, qui se réjouit néanmoins de la présence en Occitanie de plus de 250 formations aéronautiques et spatiales, auxquelles s’ajoutent 435 formations généralistes susceptibles d’intéresser la filière.











