Le projet de Gerblé pour favoriser l’agroécologie
Atteindre 100 % d’approvisionnements en blé issus de l’agriculture de régénération des sols d’ici à 2030 : c’est l’objectif que s’est fixé le groupe Nutrition & Santé (président : Luis Uribe, 1 750 salariés, siège social à Revel) pour sa marque emblématique de biscuits Gerblé. Ce projet, qui s’inscrit dans une démarche baptisée Objectif Terre lancée en 2019, fédère aujourd’hui un collectif de 25 agriculteurs du Cher, du Tarn, de la Loire-Allier et de la Drôme, dont la production représente 44 % des approvisionnements en blé de Gerblé. « Nous avons mis en place un programme de formation dédié pour nos agriculteurs partenaires afin de les accompagner dans leur transition agroécologique », explique à La Lettre M Sylvie Martinel, directrice RSE de Gerblé. Abandon du labour, mise en place de couverts végétaux, rotation des cultures, restauration de la flore bactérienne, etc. : plusieurs techniques sont mises en œuvre dans les exploitations pilotes pour protéger les écosystèmes souterrains en réinjectant de la vie dans les sols et en y captant du carbone.
Gerblé confie à un laboratoire extérieur une évaluation régulière des exploitations partenaires et de la fertilité de leurs sols et verse, en fonction des résultats obtenus, une prime additionnelle aux agriculteurs. « C'est un accompagnement technique et financier conséquent et sur dix ans mais en tant que marque pionnière* de l’alimentation santé, Gerblé veut contribuer à un changement de modèle agricole pour une meilleure santé de la planète et des hommes qu’elle nourrit », résume Sylvie Martinel. Pour que la totalité du blé qu’elle utilise soit issu de cette agriculture régénératrice en 2030, Gerblé va cependant devoir convaincre d’autres céréaliers de s’engager à ses côtés dans cette démarche. Au risque de voir temporairement leurs rendements diminuer ? « Au début de la transition, les rendements peuvent effectivement baisser, concède Sylvie Martinel. Et c’est bien pour minimiser ce risque qu’il est important d’apporter une formation appropriée aux agriculteurs. C’est le temps de l’apprentissage. Néanmoins, l’expérience montre que lorsque les techniques sont maîtrisées, les rendements sont égaux, voire supérieurs à ceux issus de l’agriculture « conventionnelle. Dans le même temps, les charges d’exploitation diminuent, donc le revenu de l’agriculteur in fine augmente. »
La crise comme accélérateur de tendances
Autre actualité de la marque : le lancement, en mars dernier, de biscuits bio pour le petit-déjeuner avec « a minima 30 % de sucres en moins que la moyenne des biscuits du marché et faisant la part belle aux céréales ». « La crise a été un accélérateur de tendances, estime Sylvie Martinel. Aujourd’hui encore plus qu’avant, les consommateurs recherchent des produits locaux, sains, dont ils connaissent la provenance, les conditions de fabrication, etc. Tout ceci figure déjà dans notre ADN et conforte notre engagement en faveur d’une alimentation saine et durable. »
Dans le giron du groupe pharmaceutique japonais Otsuka depuis 2009, l’entreprise Nutrition & Santé est présente sur trois segments de marché en France et à l’international (44 % de ses volumes de ventes) à travers une trentaine de marques distribuées en GMS, magasins spécialisés et bio, pharmacies et parapharmacies, restauration hors domicile et e-commerce : la nutrition bien-être (Gerblé, Céréal, Valpiform, Valpibio, Jasmine…), la nutrition active (minceur et sport : Gerlinéa, Milical, Isostar…) et la nutrition végétale (Céréal Bio, Soy, Céréalpes…). L’an dernier, son chiffre d’affaires s’est élevé à 406 M€. Elle emploie 1 750 salariés dans le monde (1 020 en France) et compte cinq filiales (France, Espagne, Benelux, Italie et Brésil) et onze sites de production, dont cinq en Occitanie (quatre à Revel et un à Auch).
* La marque Gerblé (contraction de germe de blé) a été créée en 1928 par un ingénieur agronome lyonnais qui a réussi à stabiliser le germe de blé et à l’intégrer dans des recettes de biscuits.










