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Energies
| 6/04/2010

Le projet de gazoduc revu à la hausse

Suite au débat public qui s’est déroulé en 2009, la facture du projet de gazoduc Eridan entre Saint-Martin-de-Crau (13) et Saint-Avit (Drôme), porté par GRTgaz (GDF Suez), devrait être revue à la hausse : la longueur de l’ouvrage devrait passer de 200 km à environ 220 km et son enfouissement (un mètre minimum) pourrait être plus important que prévu (les négociations portent entre 1,1 et 1,5 mètres avec les syndicats agricoles), apprend-on mardi matin à Avignon, lors d’une conférence de presse. 
Le débat public portant sur Eridan a modifié trois aspects : le tracé initial (la canalisation se rapprocherait des infrastructures existantes et traverserait sur 40 % du tracé des zones inondables), le rôle de levier pour l’économie locale (pelleteuses, transport, compléments d’équipes, bureaux d’études…) et la prise d’engagements par écrit par le futur exploitant (également GRTgaz). 
Côté calendrier GRTgaz compte solliciter les autorisations fin 2010 auprès des ministères et table sur une enquête publique à l’automne 2011. La déclaration d’utilité publique est attendue en 2012, pour des travaux (durée : 18 mois) de mi-2013 à 2014. Ce projet, chiffré à 500 M€ (200 M€ de travaux, 200 M€ pour la canalisation, 100 M€ d’études et de concertation), concerne 60 communes (60 % de communes dans la Drôme, les autres étant situées dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse) et environ 1 500 parcelles. La réalisation du projet n’entraînerait pas d’expropriation mais des indemnisations. 
La décision de réaliser Eridan « n’est pas encore prise », ajoute GRTgaz. La construction de ce gazoduc représenterait « 15 tours Eiffel en acier », selon Georges Seimandi, directeur du projet.



Un enjeu géostratégique

L’enjeu du projet Eridan est géostratégique, selon GRTgaz : « La France importe 98 % du gaz naturel qu’elle consomme. Ses quatre fournisseurs principaux sont la Norvège, les Pays-Bas, la Russie et l’Algérie. La concentration qui caractérise l’approvisionnement en gaz naturel pourrait, demain, fragiliser la situation énergétique en Europe. En effet, les approvisionnements en gaz russe pourraient atteindre jusqu’à 50 % des importations totales en 2030. L’Europe doit donc réduire sa dépendance en ouvrant de nouvelles voies d’approvisionnement encore plus diversifiées. »
« Dans son compte-rendu, la commission nationale du débat public a confirmé l’intérêt général lié à la sécurisation d’approvisionnement de la France avec de nouvelles capacités de transports de gaz, pour la zone Fos/Marseille, en fort développement pour le gaz naturel, a déclaré Daniel Bourjas, directeur interrégional (Paca, Languedoc, Rhône-Alpes, Auvergne et Savoie) de GRTgaz. Il y a déjà dans cette zone deux terminaux méthaniers en service, un projet d’extension de ces deux terminaux et un projet de construction d’un nouveau terminal méthanier, qui vont faire l’objet d’un débat public qui commence en juin. »

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