Le président de l’AOP Pêches nectarines inquiet pour l’avenir des exploitations
Pierre Giovanelli, président de l’AOP Pêches Nectarines, a profité du Medfel, le salon international de la filière fruits et légumes en cours à Perpignan, pour présenter à la presse lles perspectives de la campagne 2010 et les actions qui vont être conduites auprès des distributeurs. En 2009, la campagne des Pêches et Nectarines a connu une crise sans précédent mettant en péril l’avenir de certaines exploitations. « La campagne 2010 sera déterminante pour la santé et la viabilité des exploitations. Si 2010 est comme 2009, plus d’un producteur sur 10 sera éliminé », a précisé le président de l’AOP qui regroupe 17 entreprises de mise en marché de La Crau, du Roussillon, de Nîmes et de Vallée du Rhône (CA : 135 M€ pour 125 000 tonnes de fruits). Celui-ci dénonce les annonces faites sur les prévisions de récolte qui ont largement influé sur les prix pratiqués en 2009.
Les prévisions impactent négativement les prix
« Les annonces sur les prévisions de récoltes doivent être modérées. En 2009, on avait annoncé une récolte excédentaire. Or, à l’arrivée, la récolte a été conséquente, mais pas au point d’expliquer cette crise et ce bas niveau de prix », a-t-il souligné, en précisant que « 80 % des volumes ont été vendus dans le cadre de promotions ». Pour la campagne 2010, l’AOP a mis en place des leviers spécifiques en marge des actions de communication qui s’appuient sur le slogan : « Dites oui à la pêche d’ici », associé à un argumentaire tourné sur la production locale, le maintien des emplois ruraux (6 000 emplois au sein de l’AOP), et la production respectueuse des ressources naturelles avec la mise en place d’une charte qui sera contrôlée par un organisme tiers. L’AOP s’est fixée aussi comme challenge de réussir le démarrage de la saison avec un basculement rapide en rayon des « pêches d’ici » face aux productions concurrentes et de maintenir les pêches et nectarines jusqu’en septembre sur les rayons de la GMS.
La production 2010 en baisse
Selon les prévisionnistes, la production européenne de pêches nectarines devrait se situer autour de 2,7 millions de tonnes, légèrement en repli par rapport à 2009 (- 4 %). Cette tendance, qui sera affinée en juin, fait suite à un hiver rigoureux qui a touché nombre de bassins de production. Ainsi, en France, il est prévu une production globale d’environ 327 000 tonnes (341 579 tonnes en 2009) dont 136 700 pour le Languedoc-Roussillon (138 571 en 2009). « En Roussillon, nous tablons sur 85 à 90 000 tonnes sur un potentiel de 100 000 tonnes », confie Eric Hostalnou de la Chambre d’agriculture des P.-O. « En 10 ans, ce bassin a perdu un tiers de la production ». La production italienne, la plus importante, atteindrait 1,43 millions de tonnes (1,47 en 2009). Elle est jugée en légère baisse par rapport à 2009, et accusera un retard de 7 à 10 jours. Du côté des voisins espagnols, la production 2010 de 667 000 tonnes « devrait être identique à 2009. Et accusera un retard de 8 à 10 jours », a déclaré Felix Rof-driguez, de la coopérative agro-alimentaire. Elisenda Casals, de Catalonia Qualitat, a fait remarquer que, depuis quelques années, « les pêches et nectarines produites en Catalogne sont exportées vers la Russie et la Pologne, devenue la 3e destination après la France et l’Allemagne. Malgré les problèmes liés à l’encaissement, nous continuons à poursuivre ces marchés ». La Catalogne, qui produit 37 % de la production nationale, approchera les 320 000 tonnes. Enfin, la Grèce avance une production de 281 400 tonnes contre 269 800 en 2009.
L’AOP lance une démarche de contractualisation avec des distributeurs volontaires
« Nous avons initié une démarche de contractualisation auprès de distributeurs volontaires sur des volumes et sur des prix partenaires, même si la pression reste forte », annonce Pierre Giovanelli. « Il faut un commerce équitable avec les producteurs locaux et maîtriser la pression sur les prix. 1 kg de pêche, ce n’est pas 2€. Il faut arrêter de déstructurer les prix, c’est invivable. Déjà, des exploitations de l’AOP ont disparu, entraînant avec elle la perte de potentiel de production et d’absorption des charges fixes ».










