Le président de la Covial (73 licenciements) regrette : « Nous aurions dû prendre ces mesures trois ans plus tôt »
Bertrand Féraut, arboriculteur et président de la Covial, assure que la coopérative de fruits et légumes de Manduel « continuera d’exister », malgré les difficultés actuelles de la SCA, qui s’apprête à licencier 73 salariés sur 88. « Nous allons garder notre structure de commercialisation, Edenys, qui réalise déjà 40 % d’achats extérieurs et va les développer. Nous allons également conserver Uni-Vert, notre filiale dédiée aux produits bio, leader de la salade bio en Europe, qui connaît une croissance de 20 à 25% par an ». Le bio représentait 4,5 % du CA de la SCA (17 M€) en 2006. « Dans deux à trois ans, il atteindra la moitié ». La coopérative de Manduel est en crise ouverte depuis plusieurs mois. Les producteurs de pommes, majoritaires au CA, et en conflit avec les producteurs de bio, souhaitent quitter la structure. « Les prix pratiqués par la Covial, trop bas, ne permettaient plus à certains producteurs de s’en sortir », explique Jean Perrin, producteur de pommes à Beaucaire. Il met en cause des investissements trop lourds, « réalisés après des fusions avec d’autres coopératives, qui n’ont pas tenu leurs promesses ». Les derniers dirigeants, « malgré toutes leurs qualités, étaient dépassés par la taille de la structure ».
Un outil « surdimensionné »
Bertrand Féraut, qui a accédé à la présidence il y a quelques mois seulement, estime, lui aussi, que la coopérative est aujourd’hui « surdimensionnée, avec une capacité de 34 000 tonnes, alors que nous avons traité seulement 9 000 t de pommes en 2006. Les décisions actuelles auraient dû intervenir plus tôt. Nous savions depuis trois ans que nous allions dans le mur. À l’époque, la Covial a tenté d’apporter du tonnage en achetant des vergers, mais cela n’a pas marché ».Après le départ de la majorité des producteurs de pommes, la Covial gardera une centaine d’adhérents (200 trois ans plus tôt) et va se recentrer sur les abricots, les cerises et les raisins. Les licenciements devraient intervenir avant la fin de l’année.H. F.










