Fil infos

Hérault
|
Numérique / Syndicats - Fédérations - Associations
| 3/12/2020

Le paquebot IBM va tanguer

« Environ 120 emplois sont menacés » sur le site IBM de Montpellier (450 salariés), dans le cadre d’un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) qui prévoit 1 251 suppressions de postes en France, soit une réduction de près d'un quart des effectifs, annonce à La Lettre M Yannick Édouard, délégué syndical CFE-CGC à Montpellier. Le paquebot montpelliérain a fait travailler « jusqu'à 3 300 personnes, hors prestataires, à la fin des années 80 », rappelle ce cadre de 41 ans, précisant que « lors des plans précédents, moins de 10 % des effectifs étaient concernés ».

Premiers départs au printemps

Ce PSE, qui sera dévoilé le 16 décembre avec le détail des effectifs concernés site par site, pourrait déboucher sur des licenciements s'il n'y a pas assez de volontaires pour quitter la société. « En avril, les salariés pourront se positionner selon les avantages proposés. Les premiers départs interviendront en mai-juin dans le cadre d’un PSE avec ou sans départs contraints. C'est l'inconnue pour l'instant. L'âge moyen à Montpellier est de 54 ans. C'est un avantage pour les départs en fin de carrière avec des incitations financières », observe Yannick Édouard. Comme lors des précédentes réorganisations, IBM France pourrait verser « deux primes de 7 500€ dans le cas d’une création ou reprise d’entreprise », illustre Frank Setruk, délégué syndical central CFE-CGC. Ce PSE intervient après l'activation, en avril dernier, d'un plan de départ volontaire (PDV) qui a visé une quarantaine de techniciens. En 2016, un nombre suffisant de départs non contraints avait permis d’éviter des licenciements prévus par le PSE national. Quelques dizaines de salariés avaient été concernés à Montpellier. Autre élément de contexte : en dix ans, plus de 500 personnes basées à Montpellier ont été incitées à quitter le navire « avec des gros chèques, parfois plus élevés que leur salaire », souligne Yannick Édouard.

Moins de 300 salariés en 2022

Ce PSE intervient également sur fond de scission, par le géant américain, de son activité data center historique, en perte de vitesse. La métropole de Montpellier en compte deux. « D'ici à la fin d'année, voire avant, 1 000 personnes d'IBM France dont 50 à Montpellier seront transférées vers la nouvelle entreprise qui va récupérer la vieille industrie des data centers. IBM veut se recentrer sur le cloud et les nouvelles technologies », analyse Yannick Édouard. Entre cette scission et le PSE, le site montpelliérain d'IBM devrait compter, en 2022, moins de 300 salariés. Mais avant ces grands chantiers, les salariés devront déménager, dès janvier. « Nous abandonnons un des deux bâtiments historiques. Celui que nous quittons va être détruit, Covivio (groupe immobilier français, NDLR) va bâtir des immeubles de bureaux. Le bâtiment que nous occuperons est dédié à la supply chain et abrite un data center », révèle-t-il. Il est en cours de réhabilitation, avec réfection du réseau électrique, pose de cloisons et créations de salles de réunion pour accueillir les clients. « Théoriquement, on pourrait tous travailler dans ce bâtiment, mais la direction préfère louer au mois un immeuble dans le même quartier, en face d'Orange », ajoute-t-il.

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie