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Pyrénées-Orientales
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Viticulture
| 1/10/2014

Le monde viticole interpelle la préfète des P.-O.

Josiane Chevalier, la préfète des P.-O. a rencontré le 30 septembre le monde viticole, à l’initiative de la chambre d’agriculture et du syndicat des vignerons, en présence de Pascal Bresson, directeur des finances publiques. Selon la chambre d’agriculture, la viticulture a perdu, depuis 1988, 50 % de superficie (24 200 ha en production en 2014) et le nombre des exploitations a été divisé par trois (2 100 coopérateurs, 380 caves particulières). Alors que la récolte des vendanges 2014 devrait être supérieure à 2013, soit 850 000 hl attendus, les acteurs du monde viticole ont fait part de leurs attentes à la représentante de l’Etat face aux enjeux à relever : hausse des rendement (35 hl/ha en moyenne), adéquation du potentiel viticole terroir/production, les coûts de production, valorisation et notoriété mais aussi les chantiers techniques : relocalisation du vignoble IGP, irrigation, restructuration foncière, taille rase, limitation des intrants phytosanitaires,…
INAO : une antenne à la DDTM à partir du 14 octobre
Jean-Paul Ramio, président de la confédération nationale des vins doux naturels a fait part de son inquiétude sur l’INAO (institut national des appellations d’origine). « Alors que Narbonne a obtenu un centre INAO, à Perpignan, on nous parle d’une antenne, alors que le besoin des compétences est présent notamment pour les VDN. Nous souhaiterions que cette antenne ne soit pas transférée au sein de la DDTM, mais à la Maison des Vignerons. » Jacques Paloc, le directeur de l’antenne de l’INAO Perpignan a reçu une lettre de mission lui indiquant que l’INAO Perpignan ira dans les locaux de la DDTM à compter du 14 octobre, tandis qu’il est affecté à Narbonne et pourrait être présent à Perpignan ponctuellement. « L’essentiel, c’est que le service de l’INAO soit physiquement à Perpignan, la proximité est la même », répond Josiane Chevalier.
Etats Généraux ou Assises de la Viticulture
Denis Pigouche, le président du syndicat des vignerons, dénonce les contraintes que subissent les vignerons et convie la préfète à présider les futurs Etats Généraux ou Assises de la viticultures qui devraient se tenir avant la fin de l’année. « On remet en cause le contrat vendanges, la MSA où les viticulteurs cotisent se met à la diabolisation du vin, c’est scandaleux », s’indigne le vigneron, pour qui la viticulture connaît des problèmes structurels et conjoncturels. Le président du CIVR, Fabrice Rieu, annonce de son côté des actions en faveur de l’export et une opération en février ou mars pour reconquérir Paris, « pour valoriser notre région viticole. Les vins du Roussillon sont encore trop souvent absent des cartes notamment en Brasserie.» Une approche intéressante, d’autant que selon Laurent Girbau, président des Vignerons de Passa, « le marché des vins secs est à l’équilibre, il n’y a pas de stock. Depuis 4 ans, les prix montent et on espère une hausse de 10 % favorable à la rémunération des vignerons. »
Installation des jeunes
Denis Pigouche s’inquiète des friches viticoles qui pourraient pourtant « favoriser l’installation des jeunes. Mais avec 12 000 € d’aides contre 18 000 € pour le maraîchage ou 27 000 € pour l’élevage, les jeunes ont du mal en viticulture, s’insurge-t-il. On pourrait proposer un cadre d’auto-entreprise avec un complément de revenu pour reconquérir les jeunes. » La question du foncier viticole et de la relocalisation de parcelles sont prégnantes aussi pour la fédération des vignerons coopérateurs (26 caves, 17 000 ha, CA : 200 M€, 400 salariés), présidée par Fabienne Bonet (présidente des vignerons Catalans). « C’est un paradoxe, nous sommes sur un marché valorisant et nous manquons de produits. La coopération s’adapte par l’acquisition de foncier pour garantir le sourcing et conforter nos exploitants. La Coopération est aussi un bon outil pour porter le foncier et assurer l’installation des jeunes à condition d’avoir un soutien des services publics », souligne la présidente. Pour la préfète, le chantier sur le foncier viticole est primordial.
Irrigation
Claude Jourda, de la Safer appelle l’appui de l’EPFR et se dit convaincu que l’irrigation peut favoriser l’installation des jeunes et pérenniser les exploitations en améliorant les rendements à 45/50 hl par ha contre 35 hl en moyenne. « L’irrigation nécessite la mobilisation de la ressource mais la législation et les services administratifs sont très contraignants. Nous manquons d’écoute d’autant qu’une large part de l’eau du territoire fini par se jeter à la mer », souligne-t-il. Divers projets sont à l’étude à Case de Pène, Calce ou encore dans les Aspres (300 ha). De son côté, la fédération des vignerons indépendants, présidée par Guy Jaubert, a alerté la préfète sur les aides OCM. « Alors que des dossiers locaux d’investissements n’ont pas de réponses de FranceAgrimer, il y a une enveloppe de 100 M€ qui risque de ne pas être consommée et donc perdue. » Il annonce la création d’une plateforme internet de vente directe qui vise le marché européen. « Pour l’heure nous sommes bloqués par la fiscalité alors que c’est une opportunité de marché pour les caves particulières », souligne-t-il.
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