Le Groupe Nicollin renonce à l'acquisition de Sepur
Depuis le décès de son père, Louis Nicollin, le 29 juin 2017, Olivier Nicollin, 48 ans le 10 avril et jeune papa d'une petite fille de cinq mois, se retrouve à la tête du Groupe Nicollin (Saint-Fons, dans le Rhône, et Montpellier), spécialisée dans la collecte des ordures ménagères, le nettoyage urbain et industriel, le tri sélectif et la valorisation des déchets, employant 5 000 salariés pour un CA d’environ 310 M€, soit le numéro 3 français du secteur, derrière Veolia et Suez. Un PDG puissant, mais discret, que La Lettre M a rencontré le 13 février à Montpellier. Principale annonce : le Groupe Nicollin vient de renoncer au rachat de son concurrent francilien Sepur (200 M€ de CA). « Trop cher. Et le montage financier élaboré par notre cabinet-conseil était trop risqué », analyse-t-il. Il reste ouvert à des opérations de croissance externe « plus raisonnables ». Et, bien sûr, scrute les marchés à venir : propreté urbaine du centre de Bordeaux, déchèteries à Toulouse ou, dans l’Hérault, la collecte des ordures ménagères et le nettoiement de la Ville de Sète, et l’incinérateur de Lunel-Viel. « 20 % de notre CA se renouvelle chaque année », confie-t-il. Récemment décroché, le marché de la collecte des ordures ménagères de Paris Terres d’Envol, en Seine-Saint-Denis.
Côté innovation, Olivier Nicollin mise sur les énergies propres (GNV, puis hydrogène « dans cinq ou six ans ») pour les camions de plus de 19 tonnes, et l’intégration systématique de GPS dernière génération. « Il faut optimiser les compte-rendu des tournées que l’on transmet aux collectivités, en créant un système central d’information », observe-t-il. Des collectivités qui pèsent 70 % de l’activité. Une diversification est amorcée dans l’eau et l’assainissement, ainsi que dans la sécurité, avec la filiale N Sécurité. « On payait des fortunes à des sociétés de gardiennage les soirs de match au stade de la Mosson, autant se lancer nous-mêmes ! Certes, c’est un nouveau métier, mais l’essentiel réside dans la gestion humaine, comme dans notre cœur d’activité. » N Sécurité vient d’ailleurs de décrocher des marchés significatifs : port de Sète, ou le Fise (festival international des sports extrêmes), du 9 au 13 mai à Montpellier, où 500.000 spectateurs sont attendus. « Olivier Nicollin est une personnalité atypique dans le business. Il n’arpente pas les soirées mondaines, mais gère une entreprise monumentale, sans se prendre au sérieux », confie Cédric Gonzalez, un ami, par ailleurs promoteur immobilier (NG). D’après lui, il ne faut pas résumer Olivier Nicollin au statut de ‘fils de’. « Il a amorcé une diversification, veut développer l’innovation et l’approche marketing. Il gère le groupe avec sang-froid et sagesse, sans emballement. »
« En avril, je fête mes 25 ans dans l’entreprise. Depuis 2008, j’étais directeur général adjoint aux côtés de mon père. Pas grand-chose n’a changé dans le travail », explique Olivier Nicollin. Avant de rectifier : « Le plus compliqué à gérer, c’est les décisions les plus importantes du groupe : est-ce qu’on va sur tel ou tel contrat ? Est-ce qu’on change de parc de camions ? Comment aborde-t-on les négociations salariales annuelles ? Des discussions banales, parfois pénibles. Moins sexy que de se demander si on va prendre, ou pas, le défenseur central du club argentin de River Plate (allusion au football, le club de Montpellier, autre activité de la famille Nicollin, étant géré par son frère Laurent, NDLR) !, ironise-t-il. Ces discussions, je les avais toujours avec mon père, avant de trancher. Aujourd’hui, cet ultime échange me manque. Je suis seul à prendre la dernière décision. » Même si le dirigeant peut compter sur une garde rapprochée fidèle : Guillaume Héritier (directeur général), Robert Michon (secrétaire général), Gilbert Varlot (DG adjoint), Jean-Pierre Duch (PDG de la filiale Sud Service) et également son frère Laurent, certes accaparé par la gestion du club de football, « mais qui libère à présent plus de temps pour le Groupe Nicollin ».










