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Aude
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Viticulture
| 7/10/2020

Le crémant de Limoux défend son positionnement haut de gamme

Crise de la Covid-19 oblige, le 29e concours national des crémants s’est organisé cette année dans chaque région productrice. Quarante échantillons ont ainsi été dégustés à Limoux, berceau français des vins effervescents. L’AOC crémant de Limoux compte une vingtaine d’élaborateurs (1 000 ha, près de 5 M de cols par an) dont une cave coopérative, Sieur d’Arques, qui produit 60 % de l’appellation. Les ventes sont réparties à égalité entre le marché français et l’international. « Au-delà des trois à quatre mois sévères du printemps, nous constatons que les ventes à l’export sont en augmentation tandis que le marché domestique souffre, rapporte Jean Fau, président de l’appellation. En termes de sortie, nous en sommes au même point que 2019. » Vendanges manuelles, rendement contenu, méthode traditionnelle – comme en champagne -… « la philosophie nationale des crémants est de maintenir un certain niveau de qualité pour nous distinguer des mousseux de base », poursuit-il. 15 % de l’appellation est en bio. Avec 50 000 hl par an, Limoux est la quatrième région productrice de crémant en volume derrière l'Alsace (35 Mhl), la Bourgogne (14 Mhl), et la Loire (14 Mhl).

AOC contre IGP
Tandis que le dossier qui oppose la fédération nationale des crémants aux producteurs de vin effervescent en IGP - Pays d’Oc notamment-, en est à ce jour à une interdiction de la mention de l’IGP sur les bouteilles, Jean Fau s’en explique. « Notre souci est d’éviter toute confusion entre les différents effervescents. L’IGP Pays d’Oc a beaucoup moins de contraintes que l’AOC crémant de Limoux. Son effervescent peut être produit dans près de 400 villages avec une cinquantaine de cépages, contre quatre pour les crémants de Limoux (chardonnay, chenin, mauzac, pinot noir , NDLR) ». Selon Jean Fau, il y aurait un problème de volume et d’identification du produit. « Nous nous sommes disputés entre Français alors qu’il aurait fallu se serrer les coudes contre le Prosecco et autres Cava, regrette le président de l’AOC crémant de Limoux. C’était à l’Inao de faire cette hiérarchie entre nous. »

Bulles étrangères
L’inquiétude face à la concurrence des bulles étrangères est en effet grande. « L’Italie a une segmentation bien pensée avec le Franciacorta en super premium suivi du Prosecco qui cible une clientèle différente, plus jeune, qui pourra se tourner ensuite vers le premium », explique-t-il. L’objectif des crémants est de se positionner en vin premium. « Pour cela, il faut poursuivre la R&D, avec un vieillissement plus élevé… », relève Jean Fau. Petit à petit la nouvelle génération prend la relève à la tête des domaines limouxins, des faiseurs de bulles originaire de Champagne ou de Bourgogne s’installent. « Cela apporte beaucoup d’espoir à notre territoire aussi bien en bulles qu’en vin tranquille », confie le président de l’AOC crémant de Limoux, qui prépare d'ailleurs lui aussi le passage de relais de l’action collective.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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