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Région Occitanie
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Tourisme - Loisirs
| 6/01/2017

Le canal du Midi joue son va-tout

Le canal du Midi est-il sous la menace d'une perte de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, obtenue en 1996 ? La question anime les Assises du canal du Midi, ce 6/1 à Carcassonne. Depuis 2005, l’Unesco pose quatre nouvelles conditions pour obtenir ou conserver le précieux label : une gouvernance, un plan de gestion, une protection du site et la définition d’une zone tampon. Pour le canal du Midi, la date butoir est fixée à fin 2019, où l’État devra rendre un rapport intermédiaire. Sur invitation de la Région et de la préfecture de région, les élus locaux concernés (Haute-Garonne, Tarn, Aude, Hérault), ainsi que les acteurs installés sur l’une des 90 communes le long des 360 km du canal du Midi, sont incités à mettre en place une stratégie collective en termes touristique, culturel, économique, patrimonial, environnemental, ... L’enjeu est de taille : l’inscription au patrimoine mondial entraîne une hausse de la fréquentation touristique de 20 %. « Le classement par l’Unesco de la cité épiscopale d’Albi a multiplié par deux la fréquentation touristique », prévient Carole Delga, présidente de Région.

Financement En juin 2016, un plan de développement durable du canal du Midi, évalué à 230 M€ sur 5 ans, a été avancé par le comité de bien du canal du Midi. 50 % seront financés par l’Etat, la Région abonde à hauteur de 42 M€, le solde devra être assuré par les collectivités territoriales et le mécénat (1,8 M€ récoltés à ce jour). 40 M€ sont dédiés à l’abattage et au replantage des platanes. « Avant tout, nous devons savoir ce que nous allons mettre dans ce plan de développement », insiste Marie-Thérèse Delaunay, sous-préfète et directrice du projet. Beaucoup d’élus se cristallisent autour de la question de la gouvernance. « Ce n’est pas le canal de Paris mais bien d’Occitanie », martèle Gérard Larrat, maire de Carcassonne. De leur côté, les acteurs économiques, regroupés au sein de collectif comme le club économique Toulouse au fil de l’Ô, piaffent d’impatience : « plus que des financements, nous souhaitons la mise en place d’une entité touristique sur le Canal pour jouer le rôle de facilitateur, et nous épauler en termes de communication », estime Pierre Cardinale, responsable du club. Des projets sont prêts à être soumis au comité de bien du canal en matière de vigilance sanitaire, de soutien aux artisans fluviaux, de développement touristique...« 90 % du territoire traversé par le canal sont des terres agricoles, ajoute Katia Bonningue, chargée de mission Unesco à la Dreal. Il faudra intégrer les acteurs agricoles. » Prochains rendez-vous : ateliers thématiques du 22 au 24/2 et des commissions locales au printemps pour des actions territorialisées.

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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