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Hérault
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BTP
| 11/01/2011

Le bâtiment recule de 7 % et perd 2 000 emplois en 2010

Après une année 2010 en berne (- 7 % d’activité dans l’Hérault par rapport à 2009, 2 000 emplois détruits sur 19 500 salariés, + 26 % du nombre de demandeurs d’emplois), Patrick Ceccotti, président de la Fédération du Bâtiment de l’Hérault, s’est montré plus confiant pour 2011, mardi 11 janvier, lors d’une conférence de presse à Montpellier. « Les chiffres de la construction remontent (11 867 logements autorisés entre novembre 2009 et novembre 2010, + 33 %), la forte croissance démographique génère des besoins en logements, les ambitions en matière de logement social, le marché du Grenelle (rénovation énergétique du parc ancien, NDLR), tant attendu, pointe enfin son nez et le projet Campus, porteur de tant d’espoirs, devrait aussi aboutir. Bref, ça devrait aller mieux en 2011, mais pas avant le 2e semestre. Il y a peu de grands projets. Je suis très inquiet pour les six prochains mois. »

En lutte contre les réseaux « low-cost »

Patrick Ceccotti s’est à nouveau inquiété des prix bas pratiqués par les entreprises (- 15 %, voire plus) et a fustigé la montée en puissance dans le département de réseaux de main-d’œuvre « low-cost, principalement dans le gros-œuvre », qui constituent selon lui une concurrence déloyale pour le tissu de PME traditionnelles du secteur.
S’appuyant sur le droit européen, ces réseaux emploieraient de la main-d’œuvre européenne low-cost, originaire d’Europe de l’Est. « Leurs prestations tournent autour de 16-17 euros/heure, alors qu’une entreprise citoyenne implantée localement, qui forme, investit et insère, paie une main-d’œuvre à 26 euros. Il y a un risque de destructurer toute une profession. Il faut que ce phénomène, qui agit comme un mauvais virus, stoppe sa progression. »
D’après Patrick Ceccotti, cette main-d’oeuvre « se renouvelle tous les trois mois, vit carrément dans les sous-sols des chantiers ou de mauvaises cabanes, ou s’entasse dans des logements étudiants. »
La FFB de l’Hérault entame un fastidieux travail d’accumulation de preuves suffisamment accablantes (travail six jours par semaine, non-respect des règles de sécurité et d’hygiène, charges payées dans le pays d’origine…) pour faire intervenir les services de l’Etat (préfecture, Urssaf, Direccte, police).

Appel aux maîtres d’ouvrage publics
Patrick Ceccotti revendique une forme de protectionnisme : « C’est vrai que je suis moi-même issu d’une famille italienne, qui est venu s’installer en France de façon pérenne. Ces organisations n’ont pas la même logique. Elle font des one shot, viennent gagner de l’argent même si elles sont moins chères que nous. »
Ce mardi soir lors de sa présentation des vœux à la Maison du Bâtiment à Montpellier, Patrick Ceccotti appellera à nouveau les maîtres d’ouvrage publics à adopter une attitude « socioresponsable », c’est-à-dire à ne pas systématiquement privilégier le moins-disant au détriment du mieux-disant. « On demande du discernement. J’en appelle au bon sens, à s’interroger sur la capacité à faire. Comment confier la construction de 40 logements sociaux à une entreprise qui compte deux salariés. Certes, le recours à l’intérim est légal, mais en gardant certaines proportions. Les responsables des collectivités d’ici sont sourds à notre discours. Sauf en milieu rural, où les élus sont plus sensibles à la protection du maçon local, qui emploie de la main-d’œuvre locale, qui fait vivre l’épicerie… »
La FFB ne croit pas en un changement de la législation. « Mais c’est s’attaquer à un pan des règles européennes… Et il faudrait que ce phénomène soit nationalement aussi important qu’il l’est dans l’Hérault, or, ce n’est pas le cas. »
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