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Hérault
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BTP
| 5/07/2013

Le bâtiment annonce 2 000 pertes d’emplois en 2013 dans l’Hérault

Patrick Ceccotti, président de la FFB 34 (à gauche sur la photo), a annoncé vendredi, dans le cadre de l’assemblée générale à Montpellier, la destruction de 2 000 emplois dans l’Hérault en 2013. « Les effectifs, dans le département, sont passés de 21 500 salariés en 2008 à 17 800 en juin 2013 », soit 3 700 emplois perdus en cinq ans, a-t-il indiqué. Le rythme des défaillances s’accélère : « En un an, nous observons 272 défaillances d’entreprises (redressements et liquidations), concernant 1 300 salariés au total. 85 % des procédures se terminent par une liquidation. L’étiage habituel est plutôt autour de 225 défaillances. » D’après Patrick Ceccotti, « les entreprises anciennes, connues de nos services depuis 10 ans ou plus, sont désormais touchées ». On pense notamment aux liquidations récentes de Multitec (second œuvre technique, Pérols, 250 licenciements) ou de JMS (gros œuvre, Mèze, 38 salariés).

Ceccotti : « Nous demandons à être contrôlés ! »

« Il faut un choc de mesures, a déclaré Jacques Chanut (à droite sur la photo), vice-président de la FFB. Nos entreprises ont gagné de l’argent pendant plusieurs années, jusqu’à la crise. Aujourd’hui, leurs trésoreries sont à plat et le moral n’est pas bon. La situation est réversible rapidement. Ce n’est pas foutu, mais il faut de toute urgence des mesures : mise en place d’une TVA à 10 % pour les logements intermédiaires pour permettre la construction de 30 000 à 40 000 logements par an supplémentaires, TVA à 5 % (et non 10 % à partir du 1er janvier 2014, au lieu de 7 % aujourd’hui) pour les travaux de rénovation énergétique des logements, moratoire sur les normes environnementales et techniques. »
Patrick Ceccotti a pointé les enjeux pour les prochains mois : « relance des investissements privés (le dispositif Duflot faisant renaître l’espoir, NDLR) et publics, pause dans l’empilement de règlementations parfois contradictoires, mieux-disant au détriment du moins-disant, lutte contre le travail illégal et une concurrence étrangère low-cost » jouant aux limites du droit européen.
« Il en va de la responsabilité des maîtres d’ouvrage publics et privés, a insisté Jacques Chanut. Il faut responsabiliser l’ensemble de la chaîne de production. Quand il y a des offres à - 30 %, - 40 % du prix normal, les maîtres d’ouvrage ne peuvent pas faire comme s’ils ne savaient pas. Il n’est pas question, pour nous, de défendre un protectionnisme idiot, corporatiste. Nous n’avons pas un discours de pleureuse (sic), mais de vérité et de bon sens. Nous voulons juste être sur un pied d’égalité, nous demandons que les règles soient les mêmes pour tout le monde. L’Hérault a été le pionnier (dès janvier 2010, NDLR) des démarches au niveau national, en termes de lobbying et de dénonciation de pratiques illégales. »
« Ca peut sembler contradictoire : nous demandons à être davantage contrôlés !, a souri Patrick Ceccotti. Car si cette concurrence déloyale devenait un modèle économique, le chômage continuerait à augmenter, on ne formerait plus et il n’y aurait plus de politique d’apprentissage. »

Photo : HV

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